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jeudi 22 mars 2018

Silent hill tome 1 : Rédemption

Auteurs : Tom Waltz (Scénario) et Steph Stamb (Art)
Editeur : Mana Books
Parution : 2 novembre 2017
Pages : 100

Résumé :

Lorsque Jack Stanton, un tueur à gages surnommé le Chiot , s'enfuit avec Jill, la femme de son patron, il s'attend évidemment à devenir une cible. Il ne doute pas que les hommes de main de Finn Conway vont se lancer à sa poursuite, et il sait bien que Jill et lui ne seront pas en sécurité très longtemps. Mais rien n'aurait pu le préparer à Silent Hill. En partant à la recherche de Jill, kidnappée à proximité de ce lieu maudit, Jack se retrouve confronté aux monstres qui peuplent la ville : corps déformés, cadavres animés, loups sanguinaires... Pour survivre, il va devoir affronter une multitude de démons ¿ à commencer par les siens. Et c'est sans compter l'ombre menaçante de Finn Conway qui se jette, revolver au poing, aux trousses des deux amants... Piégé entre les fantômes du passé et sa quête d'un futur rédempteur, Jack va devoir, avec l'aide de la jeune Sara, trouver en lui le courage de tenter de sauver Jill. Et pour finir, peut-être, lui-même.

Mon avis :

Silent Hill est une saga de jeux-video que j'aime beaucoup, en particulier les trois premiers opus sortis sur Playstaion et Playstation 2. J'avais d'ailleurs adoré le premier film (que je suis allé voir cinq fois au cinéma !) et beaucoup moins le second (qui, pour moi, ne comprend pas ce qui fait le sel de la série mais je digresse). Silent Hill, c'est une ville mystique, où toute personne qui y pénètre doit tôt ou tard affronter ses démons, prenant des formes horrifiques, souvent grotesques mais surtout mortelles. Le scénario des jeux est fascinant, surtout celui du deuxième jeu, et si vous aimez les jeux de style survival horror, je vous invite à découvrir cette fantastique saga.

C'est donc avec une grande curiosité que j'ai découvert le premier tome de ce nouveau comic-book. Au point de vue de l'histoire, je n'ai pas grand chose à en redire : elle est assez tordue et digne des jeux. J'ai été entrainé dans cette nouvelle page de la ville maudite et je n'ai pas boudé mon plaisir. 

J'ai eu un peu plus de mal avec les planches. Visuellement, il y a de bonnes idées, comme l'utilisation de certaines textures pour rendre ce coté sale et organique, une idée que nous pouvions retrouver dans Silent Hill 2. Non, ce qui me gêne, c'est que j'ai parfois l'impression d'avoir devant moi des décors 3D venant des jeux, avec un angle de vue différent et des personnages rajoutés par-dessus, avec des textures. J'ai reconnu quelques décors venant de Silent Hill 3, comme l'hôpital. Je regrette également qu'il n'y ait pas de prise de risque au niveau du bestiaire : la majorité des créatures que rencontrent notre héros viennent aussi du troisième jeu, avec un petit Pyramid Head (l'exécuteur à tête de pyramide) du deuxième jeu, alors que les jeux nous offraient de nouveaux monstres, ou en tout cas de nouveaux designs pour les monstres récurrents comme les infirmières... J'espère que les tomes suivants iront un peu plus loin à ce niveau, car Silent Hill ne demande qu'à développer la richesse de son univers !

Bon, je rouspète, mais l'aventure était quand même agréable à suivre. Peut-être un peu rapide, avec une ou deux ficelles un brin trop faciles. Mais j'ai pu retrouver l'espace d'un moment cette ambiance si particulière, ce coté tordu et malsain que j'aime dans les jeux et je pense que je prendrai la suite.

dimanche 11 février 2018

Souvenirs d'Emanon

Auteurs : Shinji Kajio (Scénario) et Kenji Tsuruta (Dessins)
Editeur : Ki-Oon (Latitudes)
Parution : 25 janvier 2018
Pages : 180

Résumé :

1967, dans le sud du Japon. Loin des événements qui agitent le monde, un étudiant prend le chemin du retour après un voyage d’errance. Une longue nuit en ferry s’annonce. Alors qu’il cherche à oublier une énième déception amoureuse en se plongeant dans ses romans de SF, une intrigante jeune femme s’installe à ses côtés.
Fumant cigarette sur cigarette, elle a pour unique bagage un sac à dos marqué des initiales “E. N.” Son nom ? Emanon, ou “no name” lu à l’envers… Elle aussi voyage seule et sans but apparent. D’abord peu bavarde, les yeux dans le vague, elle se rapproche du jeune homme, car il lui rappelle un ancien amour… datant de plusieurs siècles !
Au fil de la conversation, elle lui dévoile son secret : sous ses airs d’étudiante, elle cache une âme vieille de trois milliards d’années ! Ses souvenirs remontent au plus profond des âges, avant même l’apparition de l’humanité. Son récit dépasse toutes les histoires de SF. Cette nuit en compagnie d’Emanon va bouleverser à jamais la vision du monde du jeune voyageur…

Mon avis :
J'ai découvert le travail de Kenji Tsuruta il y a une quinzaine d'années lorsqu'un ami m'avait prêté le manga Forget me not que j'avais beaucoup apprécié et j'ai été ravi de voir que d'autres de ses oeuvres commencent à être publiées dans nos contrées.

Souvenirs d'Emanon est une adaptation en manga de nouvelles de l'auteur Shinji Kajio. Cela se ressent un peu par la vitesse du récit mais ça ne gêne aucunement le plaisir de la lecture. Je dois dire que l'histoire est très plaisante à suivre et éveille en nous bien des questions : comment réagiriez-vous si une jeune fille vous avouait qu'elle possède des souvenirs qui remontent à des milliards d'années, à l'époque de l'apparition de la vie sur Terre ? Une histoire assez abracadabrantesque s'il en est... vérité ou fiction ?

Je ne peux pas ignorer la qualité impressionnante des dessins. Tsuruta a un trait tellement fin et un encrage tellement beau, chaque case est un plaisir pour les yeux. Certains plans, comme des vues du bateau sur lequel se déroule l'histoire, sont à tomber ! Mention spéciale au design d'Emanon, qui transpire le coté désinvolte des années 60 avec cette inspiration baba-cool. L'ambiance de cette époque est assez bien reproduite d'ailleurs.

Ce one-shot est une belle réussite, un voyage au coeur de l'histoire, troublante, d'une jeune fille sur fond de science-fiction. Tsuruta prouve une fois de plus que c'est un grand artiste et je serais curieux de lire les nouvelles de Shinji Kajio, s'il existe une version française.

jeudi 19 octobre 2017

Throwback Thursday : Sanglant


Bienvenue, les pandas. Je vous retrouve pour une nouvelle session du Throwback Thursday, le challenge de Bettierose qui, sur un thème donné, nous permet de présenter des lectures passées, chroniquées ou non. Le thème de ce jour porte sur...


Quoi de plus indiqué pour cette période d'Halloween ?

Attention, vu le thème, je vais parler d'une oeuvre déconseillée aux moins de 15 ans, avec des images qui ne sont pas pour les yeux sensibles !


Une fois encore, je vais aborder une série dont je n'ai pas encore parlé sur le blog. Nommée "Kurosagi, livraison de cadavres" dans notre bonne vieille langue française, cette série de manga ne manque pas d'hémoglobine et de corps mutilés. Je vous laisse vous faire un premier avis avec le résumé :

Sasaki, Karatsu, Numata, Yata et Makino sont tous étudiants en 4è année dans une université bouddhiste. Ils font également partie d'une amicale un peu spéciale qui aide la police locale à ramasser des cadavres en forêt... A cette occasion, Karatsu, le dernier venu, découvre avec étonnement les compétences particulières de ses compagnons : Numata est médium et repère les cadavres grâce à son pendule, Yata communique avec les extra terrestre par l'intermédiaire de sa marionnette , Makino n'a pas son pareil pour embaumer un corps et le rendre présentable et Sasaki adore photographier les morts avant de les exposer sur internet... Pas en reste Karatsu va avouer à ses camarades qu'il possède lui aussi un don, il peu communiquer avec les esprits des défunts...

Ce que je peux dire, c'est qu'il s'agit d'un manga atypique, qui ose allier l'humour (parfois noir) avec des histoires plus sombres et sérieuses. Écrites par ÔTSUKA Eiji, celles-ci s'apparentent le plus souvent à des enquêtes visant à retrouver un assassin suite à la découverte d'un corps, ou à exaucer le dernier souhait du cadavre retrouvé, souhait exprimé à travers le pouvoir de Karatsu, qui lui permet de parler aux morts en posant la main dessus. Bon, le plus souvent, ce sont des histoires impliquant des crimes, tantôt classiques tantôt assez... originaux. Sans oublier une petite dose de surnaturel...

L'un des points forts de la série, ce sont les dessins de YAMAZAKI Hôsui, qui sont fins et détaillés, mais également assez expressifs sans toutefois tomber dans l'absurde. L'artiste parvient également à rendre un aspect macabre et malsain quand il le faut, essentiellement sur les illustrations représentant des cadavres et des mutilations... j'avoue que certains m'ont fait tourner la tête, et jamais je n'oublierai une certaine histoire avec un parasite qui prend possession des corps humains.

Mais une autre force de ce manga, ce sont ses personnages. Notre petite bande est diversifiée et complémentaire et aucun personnage n'est superflu, pas même la marionnette extra-terrestre (toute une histoire !) portée par Yata. Bien souvent sans le sou, ils se débrouillent toujours pour survivre, à l'aide de petits jobs, jusqu'à ce qu'une nouvelle affaire leur tombe dessus et leur rapporte, parfois, un petit quelque chose. 

Les tomes peuvent se lire indépendamment les uns des autres sans que ça ne pose de problème pour comprendre le scénario. Il y a quand même un petit fil rouge, essentiellement sur les relations entre les personnages mais aussi sur l'entité qui suit Karatsu et qui l'aide souvent lors des enquêtes. Aussi, je sais que la plupart des lecteurs jette le petit bandeau de papier qui entoure un ouvrage, mais pour cette série, je suggère de les garder, car ils changent à chaque volume, mettant en scène nos personnages dans des situations souvent cocasses.

Vingt tomes sont parus à ce jour, et la série reste toujours aussi intriguante. Je reprocherais un léger manque d'innovation sur les tomes les plus récents, mais c'est un problème qui survient toujours au moins une fois sur les longues séries. Il n'empêche que si vous aimez les enquêtes, les ambiances un peu "thriller", le surnaturel et les personnages originaux, ce manga est fait pour vous.




jeudi 5 octobre 2017

Throwback Thursday 52 : C'est la guerre


Bienvenue, les pandas. Je vous retrouve pour une nouvelle session du Throwback Thursday, le challenge de Bettierose qui, sur un thème donné, nous permet de présenter des lectures passées, chroniquées ou non. Le thème de ce jour porte sur...


La guerre, ou plus généralement un conflit, un combat... un thème très vaste. J'ai pas mal réfléchi à une lecture moins conventionnelle que d'habitude, je voulais éviter de tomber dans ces livres très connus comme Hunger Games... et puis, je me suis dit que j'avais assez peu parlé d'un manga qui entre bien dans la catégorie du conflit.

Assassination Classroom est un manga de Yûsei Matsui de type shonen (pour les garçons) et qui a commencé à être publié au Japon en 2012. Voici le résumé :

Un jour, des membres du gouvernement ont débarqué dans la classe des élèves en échec du célèbre collège Kunugigaoka. Ils sont arrivés escortés d’une créature tentaculaire prétentieuse. Elle a des raisons de l’être, car elle vient juste de réduire en poussière 70 % de la Lune. Comme son œuvre suivante est l’anéantissement de la Terre, elle est venue annoncer son projet à l’humanité. La réaction de celle-ci a été des plus saines : tenter d’éliminer la créature avant qu’elle n’accomplisse son projet…

Seul bémol, elle se déplace à une vitesse hypersonique. Aucune armée d’élite ni aucun sniper chevronné ne sont parvenus à atteindre une cible aussi rapide. À court de solutions, les gouvernements de la planète ont décidé de confier la lourde tâche de l’élimination de cette menace à la classe de 3e E.

En effet, pour une raison encore mystérieuse, la créature a désiré devenir le professeur de cette classe en particulier. Les élèves d’abord déconcertés vont accepter de jouer le jeu à l’annonce des 100 milliards de yens de récompense. La classe de 3e E reste composée malgré tout de tueurs improvisés. Depuis, les élèves doivent comploter quotidiennement pour trouver un moyen d’éliminer leur curieux professeur titulaire avant la fin de l’année scolaire. Cette étrange créature à l’apparence de poulpe est devenue leur cible à abattre !

Il faut alors faire preuve d’ingéniosité pour tuer un prof qui se déplace à Mach 20 et qui se régénère en quelques secondes. Le pire, c’est qu’il est plutôt bon prof ! Il sait conserver l’ordre au sein de son cours : “Les tentatives d’assassinat ne doivent pas perturber les cours”. Mais attention, les élèves de la 3e E ne sont pas les seuls ! Un agent du ministère de la Défense surentraîné comme prof de sport et des tueurs à gages faisant office de professeurs remplaçants sont là pour les coacher et tenter eux-mêmes d’assassiner Korosensei.

Une année scolaire mouvementée est à prévoir au sein de cette classe qui tue !  

Comme vous l'aurez constaté, le conflit est bel et bien au centre de l'histoire, et je dois dire qu'on en prend plein les mirettes. Si vous avez soif d'action, ne cherchez pas plus loin, ce manga est fait pour vous.

Toutefois, et c'est ce que j'apprécie dans cette série, l'auteur ne se contente pas que de combats et autres plans visant à tuer cet créature, il nous montre également la vie d'une troupe d'étudiants rejetés au sein même de leur école à cause de leurs échecs scolaires, mis au rebut (littéralement : ils sont scolarisés dans une cahutte en retrait du prestigieux établissement scolaire) et abandonnés à leur sort, moqués par les élèves de plus hauts niveaux. Leur rencontre avec Koro Sensei va changer leur vie au plus haut point, car contre toute attente, il les prendra sous son aile (ou ses tentacules) et se fera un devoir de les aider à progresser dans leurs études.

D'ailleurs, contrairement à ce qu'on pourrait croire, Koro Sensei est un personnage vraiment intéressant. Hormis ses pouvoirs hallucinants, il déborde de générosité et est assez comique, notamment par son coté timide ou légèrement pervers, ou encore sa couleur de peau qui change selon son humeur. Il a aussi ses péchés mignons et n'hésitera pas à parcourir la moitié du globe pour aller se chercher un croissant à Paris, et il lui arrive même de se retrouver sans le sou en fin de mois, une situation assez peu courante avec les extra-terrestres. Mais il faut garder en tête que c'est une créature dangereuse, et les passages où il entre dans une colère noire suffisent à se le rappeler...

Les élèves de la classe possèdent tous leur propre personnalité et se verront dotés au moins une fois de passages les mettant en avant. Certains sont plus récurrents que d'autres, comme Nagisa, qui est un peu le personnage principal (après Kuro), doté d'une apparence androgyne et d'une intelligence fine, ce qui se révélera fort utile au fil des tomes. Découvrir tous ces personnages est l'un des plaisirs de cette série, donc je choisis de ne pas trop en divulguer ici, j'espère que vous ne m'en voudrez pas.

Au niveau des dessins, c'est assez bon, les personnages sont expressifs, ils adoptent même parfois des attitudes assez cartoonesques. Bon, je pinaille, mais il y a parfois des poses et attitudes qui semblent raides ou simplement bizarres, mais en général le tout se tient bien. Quant aux décors et à l'encrage, rien à redire, c'est impeccable.

J'apprends en écrivant cette chronique que la série s'achève au tome 21, les éditions Kana ne devraient pas tarder à sortir le tome 19. Une série pas trop longue et qui, sous un aspect basique et bourrin, cache une histoire plus profonde qu'il n'y parait, avec un personnage central vraiment atypique et inattendu.




jeudi 28 septembre 2017

Throwback Thursday #51 : Artiste en scène !


Bienvenue, chers panda, pour ce nouvel épisode du Throwback Thursday, le rendez-vous hebdomadaire lancé par la charmante BettieRose et qui nous permet de revenir sur des lectures passées, sur un thème donné.


Que voilà un thème qui me parle. Artiste moi-même mais aussi grand lecteur d'oeuvres illustrées, j'ai eu beaucoup d'idées pour ce thème, mais il y a une œuvre que j'ai envie de présenter :

Auteurs : Hirosuke Kizaki (dessins), Karibou Marley (scénario)
Editeur : Soleil Manga
Parution : 25 janvier 2006
Pages : 250


Ce manga parle de Nemu, une jeune fille de 13 ans qui possède un don incroyable pour le dessin. Celle-ci n'ose pas montrer ses créations en personne à la mangaka du coin, Reiko Itoh et les lui laisse dans sa boite aux lettres en n'indiquant que son nom...
C'est alors qu'elle fera la rencontre avec un autre mangaka à qui, cette fois, elle montrera ses planches en personne avec l'aide de ses camarades de classe, ce qui pourrait changer à tout jamais sa vie...

Les dessins de la vie est un manga calme et contemplatif, doté de dialogues courts, parfois même de cases muettes et qui laisse son récit avancer doucement mais sûrement. Cette douceur dans le rythme, que l'on retrouve d'ailleurs dans le caractère de Nemu, nous permet aussi de voir les personnages évoluer et grandir, mentalement et artistiquement. 

Au niveau des dessins, c'est du bonbon pour les yeux. Magnifiques, fins, précis et stylés, je suis admiratif devant ces planches, ces cases. Les expressions, l'encrage, tout me plait, me fascine et me donne envie de m'arrêter et d'observer. Les personnages sont représentés en animaux anthropomorphes, le plus souvent des chats, et ça passe tout seul. 


Véritable petite perle, Les dessins de la vie fait partie de ces livres qui resteront toujours dans ma bibliothèque. Il est d'autant plus tragique qu'il ne connaitra jamais de fin. D'abord parce que l'artiste Hirosuke Kizaki a mis en suspend ses trois séries, persuadé de ne pas pouvoir aller au-delà d'un tome par série. Mais surtout parce que l'artiste est décédé d'une crise cardiaque à 35 ans, en l'an 2000.

mercredi 30 août 2017

Mulo, tome 1 : Crachin Breton

Auteurs : Pog (scénario), Cédrick Le Bihan (dessins et couleurs)
Editeur : Dargaud
Parution : 18 août 2017
Pages : 96

Résumé :


Qui es-tu, Mulo ?
Un bâtard, fruit de l'union d'un âne et d'une jument, ayant l'habitude d'ignorer les regards chargés de mépris. Quand on grandit dans un orphelinat, on apprend à encaisser les coups et les railleries.
Qui es-tu, Mulo ?
Ignorant tout de ses origines, il n'a jamais pu répondre à cette question. Une lettre anonyme arrive pourtant un beau matin et prétend qu'il trouvera des éléments de réponse dans le casier d'une ancienne conserverie située sur une île.
Qui es-tu, Mulo ?
Le héros têtu et tenace de ce polar animalier. Une vraie tête de mul
   

Mon avis :

On ne peut pas dire que cette couverture n'attire pas l'oeil : déjà par ses couleurs mais aussi par ce regard intense de Mulo, ensuite parce que ce héros a l'air assez atypique. Il n'en fallait pas plus pour éveiller ma curiosité.


Mulo est né de l'union d'un âne et d'une jument. Ses origines lui valent de nombreuses railleries à l'orphelinat où il grandit mais il apprend à encaisser et s'endurcit. C'est alors qu'un jour, il reçoit un mystérieux courrier lui indiquant qu'il pourrait en apprendre plus sur ses origines en se rendant en Bretagne, dans une conserverie abandonnée. Mais une présence, au sommet d'un phare, semble attendre impatiemment sa venue.

Cet album se divise un peu comme un roman, avec des chapitres courts dont la fin donne toujours envie de tourner la page et de lire la suite. L'histoire écrite par Pog est passionnante et les révélations sur le passé de Mulo ne manqueront pas de toucher le lecteur. Ne vous attendez pas à une histoire toute gentillette juste parce que c'est un univers animalier, que nenni : c'est un polar, avec son lot de passages difficiles, d'armes à feu et de sang. Un scénario fort intéressant, mais je m'attendais à un peu plus de suspens, d'enquête. On suit une ligne droite, il y a peu d'hésitation.

Au niveau des dessins, j'ai adoré la patte de l'artiste, les personnages sont plutôt expressifs, les couleurs sont très bien choisies (mention spéciale à l'utilisation du rouge pour les moments de fureur de Mulo) et les décors sont fouillés et recherchés ! On ressent l'authenticité de la documentation et la Bretagne ressort plus fascinante que jamais. De plus, sachez qu'il y a un joli carnet graphique rempli de croquis et de recherches à la fin de l'album, un petit plus que j'apprécie toujours de retrouver.

Mulo est le premier tome d'une série intéressante et pleine de promesses. Je suis curieux de voir où mèneront les pas de notre héros dans sa prochaine aventure, car je serai au rendez-vous pour une suite.

lundi 21 août 2017

Les beaux étés


J'avais envie de vous présenter cette bande-dessinée depuis un bon moment. Scénarisée par Zidrou (L'élève Ducobu, L'adoption...) et dessinée par Jordi Lafebre (La mondaine) qui travaille aussi sur les couleurs avec Mado Peña, la série se centre sur la famille Faldérault qui décide de partir en vacances dans leur 4L pour un mois. Voici d'ailleurs le résumé du premier album :

Août 1973. Zidrou et Lafebre nous font une place dans la 4L rouge Esterel de la famille Faldérault : entre les parents et les 4 enfants, nous voici en route vers le Midi pour de "beaux étés" ! Chaque année, les mêmes rituels : Pierre, le père, rend ses planches de B.D. en retard, les chansons de vacances, l'étape pique-nique... Un mois pour oublier le quotidien, le couple qui bat de l'aile, Tante Lili malade. Des souvenirs à engranger qui font que la vie est plus belle, des moments précieux pour se rappeler l'essentiel. Cap au sud !

Un mois pour oublier les tracas du quotidien : les difficultés du couple, une tante malade, les difficultés du métier de dessinateur de bande-dessinées... Exit la Belgique, cap vers le sud de la France pour se ressourcer en famille.

J'ai été enchanté par cette série, déjà avec l'aspect graphique : les dessins sont superbes, expressif autant dans les expressions de visage que dans le mouvement des personnages. Les couleurs ne sont pas en reste avec des palettes variées et adaptées aux moments de la journée, et qui ajoutent un cachet à l'ensemble et participent aussi au coté rétro de l'ambiance.

Rétro, parce que nous sommes en 1973 et ça se ressent. Les références sont nombreuses, comme une chanson de Sardou, les motifs de tapisserie ou encore le look de nos personnages. Et l'histoire est vraiment prenante. On a vraiment l'impression de voyager au sein de cette famille, de visiter le sud de la France avec eux, dans leur chère voiture, on vit avec eux, on rit et on pleure avec eux. Chacun des personnages a sa particularité et son histoire, et on tient à en savoir toujours plus.
Chaque tome se déroule à une époque différente. Le deuxième se situe en 1969 et le troisième en 1962. Le prochain à sortir se déroulera quant à lui en 1980.

Cette bédé parle de la vie d'une famille simple, il n'y a pas de grande bagarres ni de complot, ni de grand ennemi. Nous les suivons dans leur petite aventure estivale et ça fait du bien. Les beaux étés est rapidement devenu une série que je prends plaisir à retrouver chaque été et que je relirai avec joie. Un petit rayon de soleil bienvenu, quelle que soit la saison.

vendredi 28 juillet 2017

Springald

Auteur : Kazuhiro Fujita
Editeur : Ki-Oon Seinen
Parution : Septembre 2016
Pages : 248

Résumé :

Au cœur de Scotland Yard, le Black Museum conserve secrètement les pièces à conviction des enquêtes liées aux pires criminels du pays, dont le mystérieux Jack Talons-à-Ressort…

Londres, 1837. Un monstre aux jambes immenses, à la bouche en feu et aux griffes acérées apparaît la nuit pour déchirer les vêtements d’innocentes jeunes filles avant de s’enfuir en sautant de toit en toit, ne laissant derrière lui que l’écho d’un rire aigu aux accents de folie… Son surnom : Jack Talons-à-Ressort !

Le criminel disparaît de lui-même au bout de six mois… avant de refaire la une des journaux trois ans plus tard. Mais cette fois, pour meurtre ! Ce qui avait des allures de farce a pris un tour macabre : les victimes, toutes des femmes, sont retrouvées éventrées... L’inspecteur James Rockenfield, connu pour ses méthodes d’investigation brutales, s’est juré de mettre la main sur l’insaisissable Jack. Hélas, l’enquête se corse lorsque les indices le mènent aux portes du manoir d’un des nobles les plus fortunés du pays…

Kazuhiro Fujita revisite avec brio le mythe de Jack Talons-à-Ressort, une des légendes urbaines les plus populaires de l’Angleterre du XIXe siècle ! Entre faits réels, dark fantasy et steampunk, laissez-vous entraîner dans l’univers sombre du premier récit de la collection “Black Museum” !

Mon avis :

Kazuhiro Fujita fait partie de ces mangakas que j'adore. Je vous ai déjà parlé plus d'une fois de son extraordinaire série Moonlight Act (foncez dessus !!!) d'ailleurs. A présent, l'éditeur Ki-Oon sort une autre série de l'auteur, The Black museum.

Springald est un one-shot qui revient sur une légende oubliée du XIXe siècle, celle du Spring-heeled Jack, autrement dit Jack Talons-à-ressort. Doté d'une ambiance sombre, ce manga pour adulte se révèle passionnant et haletant ! L'enquête visant à découvrir qui se cache derrière le masque de Jack déborde de rebondissements en tous genre. Surtout lorsque les actions de Jack Talons-à-ressort, qui pouvaient être assimilées à de simples farces, deviennent plus violentes, apportant son lot de cadavres. Est-ce le même Jack qu'il y a trois ans ?...

La mise en scène est très dynamique mais surtout, les dessins de Fujita sont toujours aussi bons, expressifs et complètement dingues et les scènes d'action sont à couper le souffle. J'ai retrouvé toutes les qualités que j'avais appréciées dans Moonlight Act dans ce manga, pour mon plus grand plaisir. C'est simple, je l'ai lu d'un trait tellement j'étais accroché dedans. Ce mec est un génie, un artiste qui possède un talent immense en dessin, mais aussi en composition et en cadrage. Son travail m'inspire énormément.

Sachez aussi qu'il y aura une autre histoire dans la série The black museum, qui s'appellera Ghost and the lady, en deux tomes, dont le premier est paru chez le même éditeur le 27 avril dernier, et que je lirai assez vite. Une histoire qui reviendra sur la légende urbaine de l'homme en gris, célèbre fantôme du théâtre londonien de Drury Lane ayant sévi durant plus de cent ans...


mercredi 28 juin 2017

Qualia under the snow

Auteur : Kii Kanna
Editeur : Taifu comics (yaoi)
Parution : 26 janvier 2017
Pages : 224

Résumé :

Akio Kobayashi est passionné par les plantes et préfère leur compagnie à celle des personnes. Umi Ôhashi, un étudiant gay, enchaîne les aventures sans lendemain. Tous deux dans la même université, ils habitent également dans le même foyer étudiant. Inévitablement, ils finissent par passer beaucoup de temps ensemble. Ces moments vont leur permettre d’apprendre à mieux se connaître et se comprendre. Ainsi, au fur et à mesure que le temps passe, leur relation évolue. Découvrez un récit de tranche de vie empreint de douceur et d’innocence. Une immersion dans le quotidien d’une jeunesse qui malgré ses doutes et ses incertitudes ne demande qu’à accepter ses sentiments et vivre pleinement sa vie !

Mon avis :

Le week-end dernier, je me suis fait une session de lecture de mangas, car j'en ai pas mal dans ma pile à lire et j'avais envie de l'alléger.

Dans cette pile se trouvait ce one-shot, un manga de type yaoi (en gros un manga parlant de relations sentimentales et/ou sexuelles entre deux personnages masculins). L'histoire nous présente donc Akio, un étudiant solitaire, qui préfère s'occuper de ses plantes que les sorties. Il rencontrera alors Umi, un autre étudiant qui ne veut pas s'attacher en amour et préfère les histoires d'un soir avec d'autres hommes. Vivant dans le même foyer étudiant, ils vont passer de plus en plus de temps ensemble.

Ce manga se classe bel et bien dans la branche des yaoi, mais il s'agit surtout d'une histoire douce, une tranche de vie, l'histoire d'une belle rencontre entre deux personnalités opposées qui ont été blessées dans la vie. Par exemple, le père d'Akio était de ceux qu'on nomme les pères absents, qui disparaissait en journée pour ne revenir que la nuit, quand ça le chantait, jusqu'à s'évaporer un jour en laissant sa famille derrière lui. Cet événement a laissé son empreinte, Akio garde en lui une rancoeur envers son géniteur, tout en fumant la même marque de cigarettes que lui. Un sentiment qui va parfois avoir un impact sur sa relation avec Umi, car le jeune homme ne comprend pas comment son nouvel ami peut vivre d'histoires sans lendemain.

Le scénario repose aussi sur des valeurs comme l'acceptation de soi et les douleurs engendrées par l'incompréhension. Il y a aussi une touche de feel good tout à fait adapté et bienvenu dans ce genre d'oeuvres. Un autre détail qui peut avoir son importance auprès de certains lecteurs/lectrices : il n'y a aucune scène de sexe (au plus, on voit sur deux cases deux personnages dénudés, rien de pornographique). Le manga se centre essentiellement sur les émotions et la relation entre les personnages et comme vous le savez si vous me lisez depuis un moment, c'est un aspect que j'apprécie beaucoup dans une lecture !

Enfin, j'ai beaucoup aimé les dessins, à la fois simples mais détaillés comme il le faut, aux expressions réussies et à l'encrage fin et précis. Je suis curieux de voir d'autres mangas de cet auteur.

Qualia under the snow est un one-shot tendre et attendrissant qui vous fera passer un bon moment de lecture. Je le recommande chaudement !

jeudi 16 mars 2017

Throwback Thursday Livresque #23 : Un livre jamais chroniqué


Bienvenue les pandas, je vous retrouve de nouveau pour le rendez-vous du jeudi initié par BettieRose, le fameux Throwback Thursday Livresque, qui permet de ressortir certains livres et d'en faire découvrir.

Le thème de cette semaine portera sur un livre jamais chroniqué sur le blog.


Bon dans mon cas, c'est assez facile car mon blog est tout jeune (enfin, on approche des deux ans mine de rien) et comme je lis depuis... que je sais lire, j'ai avalé ma dose de bouquins.

J'ai choisi une bande-dessinée (tiens donc) pour cette semaine. Une oeuvre qui m'a chamboulé lors de sa découverte, lorsque j'étais encore un jeune étudiant en art. Une oeuvre qui a d'ailleurs remporté le prix Pulitzer en 1992.

Maus, de Art Spiegelman

 
 Disponible aux éditions Flammarion, en deux tomes ou en une intégrale.

Résumé :

Maus raconte la vie de Vladek Spiegelman, rescapé juif des camps nazis, et de son fils, auteur de bandes dessinées, qui cherche un terrain de réconciliation avec son père, sa terrifiante histoire et l'Histoire. Des portes d'Auschwitz aux trottoirs de New York se déroule en deux temps (les années 30 et les années 70) le récit d'une double survie : celle du père, mais aussi celle du fils, qui se débat pour survivre au survivant. Ici, les Nazis sont des chats et les Juifs des souris.

Comme vous le voyez, ce n'est pas une bande-dessinée très drôle. Art Spiegelman y livre un entretien qu'il a eu avec son père dans les années 70, ce dernier ayant vécu l'arrivée du Nazisme et l'enfer des camps. Les juifs sont représentés en souris et les Nazis en chats pour mieux différencier les "rôles" et cela ajoute, selon moi, une force narrative. Car il ne faut pas se fier à l'aspect innocent du style de dessin : l'auteur nous raconte tout, aussi bien les beaux moments que les actes cruels et barbares, perpétrés durant cette période bien horrible de l'humanité.


Mais Maus raconte en même temps la relation difficile entre Art et son père Vladek, nous contant presque deux histoires mais qui sont liées par un même thème et un même but. Ces deux histoires se complètent et ne manquent pas de nous toucher et de nous émouvoir. Car Maus ne laisse pas indifférent. Je l'ai lu deux fois et j'en suis ressorti à chaque fois bouleversé, et pourtant à chaque lecture je comprenais de nouvelles choses, grâce notamment à ses niveaux de lecture.

Maus fait partie de ces classiques de la bande-dessinée qu'il est conseillé de lire au moins une fois dans sa vie. Un véritable témoignage graphique sur l'une des pires périodes de l'histoire humaine, mais également un récit passionnant sur la vie d'un Juif à l'époque. Et je me rends compte que je ne l'ai pas relu depuis dix ans, il faudrait que je m'y replonge.

vendredi 10 mars 2017

Culottées, tome 2

Autrice : Pénélope Bagieu
Editeur : Gallimard
Parution : 26 janvier 2017
Pages : 168

Résumé :

Suite et fin de ce diptyque qui propose le portrait de quinze femmes d'origines et d'époques diverses, qui bravèrent les normes sociales de leur temps : Sonita, la rappeuse afghane, Nellie, journaliste d'investigation au XIXe siècle, Cheryl, athlète marathonienne, etc.

Mon avis :

Le second tome de Culottées est sorti en janvier dernier et je ne pouvais vraiment pas passer à coté. J'avais bien aimé le premier (Critique ici) et j'avais très envie de m'y plonger le week-end dernier entre deux parties du dernier Zelda !

Encore une fois, Gallimard nous offre un travail d'impression remarquable, la couverture reprend le schéma de la précédente, avec ce vernis sélectif qui fait ressortir les portraits dessinés. La couverture est orange cette fois, se révélant complémentaire au bleu du premier livre.

Les histoires racontées ici sont toujours aussi prenantes. Certaines sont bouleversantes, voire révoltantes à certains moments (je pense en particulier à celle de Phulan Devi dont la vie a été un véritable enfer) mais Pénélope les retranscrit de façon juste et n'hésite pas à glisser une petite touche d'humour pour alléger la gravité du moment.

Au niveau du dessin, c'est comme pour le premier tome : les illustrations se trouvant entre les histoires sont belles et magnifiques, le dessin des planches reste léger et joli mais parfois trop dépouillé, avec à quelques occasions un effet de "vite fait", qui heureusement ne gâche en rien la qualité globale du bouquin.

Ce diptyque est une œuvre précieuse, qui met en avant des femmes extraordinaires, aux destins tantôt fantastiques, tantôt dramatiques, mais qui nous fait ouvrir les yeux sur des événements dont on n'entend, malheureusement, que trop peu parler. Une lecture indispensable.

jeudi 23 février 2017

Throwback Thursday #20 : Relecture ou si je devais relire un livre


Bienvenue mes chers pandas, nous nous retrouvons aujourd'hui pour un nouvel épisode du Throwback Thursday livresque lancé par BettieRose. Comme toujours, il faut parler d'un livre en rapport avec le thème proposé. Et cette semaine, ce sera "Relecture".






Je relis peu souvent mes livres, car même si l'envie est là, j'en ai plein d'autres qui attendent dans ma pile à lire. Je peux quand même en citer quelques-uns, comme la saga des Harry Potter, tous les One Piece (et on approche des 80 tomes !) ou encore Gardiens des cités perdues.

Mais en y réfléchissant bien, il y a bien une œuvre que je relirais avec plaisir, c'est la série de comic strips Calvin & Hobbes de Bill Watterson. Vous connaissez certainement, mais pour faire un topo rapide : nous suivons les péripéties d'un garçon nommé Calvin, qui déborde d'imagination (surtout quand il s'agit de ne pas faire ses devoirs) et qui possède un tigre en peluche nommé Hobbes, qui prend vie lorsque le gamin est tout seul. Hobbes n'est pas un tigre sauvage comme on pourrait le croire, mais plutôt philosophe et adepte du sandwich au thon. Ils forment un duo fantastique et humoristique, qui peuvent tourner des situations banales du quotidien en franche rigolade, avec parfois une goutte d'humour noir. Ces strips sont autant accessibles aux enfants qu'aux adultes qui, eux, y verront parfois un sens différent. L'écriture de Bill Watterson est en ça exceptionnelle au vu des différentes lectures possibles de certains gags.

Je garde de précieux souvenirs avec cette série. C'est celle que je lisais lorsque j'ai décidé de me lancer dans mes études artistiques en 2001, et qui m'a motivé dans la création. Mais c'est aussi cette bande-dessinée que je lisais suite à une opération aux pieds, elle m'a aidé à surmonter la douleur post-opératoire. Et puis, il y a cette impression de cocooning qui ressort de cette œuvre, que je ne saurais vraiment expliquer.


Si vous ne la connaissez pas, je vous suggère vivement de vous plonger dans cet univers fabuleux où l'imaginaire brille et où, au final on se paie une bonne tranche de rire.