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mardi 26 juin 2018

The surface breaks

Autrice : Louise O'Neill
Editeur : Scholastic
Parution : 3 mai 2018
Pages : 309
      
Résumé :
      
Deep beneath the sea, off the cold Irish coast, Gaia is a young mermaid who dreams of freedom from her controlling father. On her first swim to the surface, she is drawn towards a human boy. She longs to join his carefree world, but how much will she have to sacrifice? What will it take for the little mermaid to find her voice? Hans Christian Andersen's original fairy tale is reimagined through a searing feminist lens, with the stunning, scalpel-sharp writing and world building that has won Louise her legions of devoted fans. A book with the darkest of undercurrents, full of rage and rallying cries: storytelling at its most spellbinding.
        
Mon avis :
    
La petite sirène est une histoire qui m'a marqué quand j'étais enfant. A l'époque, le film de Disney sortait au cinéma et mes parents m'avaient trouvé une VHS d'une autre version. C'était un animé japonais avec une fin tragique (j'ai appris ensuite que c'était une fin proche de celle du conte) et, comme j'étais habitué aux happy ends, j'en étais ressorti assez surpris. Plus tard, Ariel est venue me réconcilier avec cette histoire de sirènes. Puis, tout récemment, j'ai vu passer ce livre, qu'on m'a vendu comme une réécriture du conte en version féministe. Pourquoi pas ?

Dans les profondeurs de l'océan, le royaume des sirènes est dirigé par un roi autoritaire, qui impose son avis et ses idées à tout un chacun, usant de la force si nécessaire. Ses sept filles ne sont pas épargnées et ne vivent que pour qu'il ait une "vitrine" de belles sirènes à présenter au peuple. Elles sont condamnées à rester cantonnées dans un certain canon de beauté, quitte à se sous-alimenter, pour ensuite être mariées (souvent contre leur gré) à d'influents hommes-sirènes, souvent bien plus âgées qu'elles. De plus, l'accès aux terres de ce royaume n'est réservé qu'au gens remplissant ces canons de beauté. Les autres (difformes, gros, handicapés, etc) sont simplement renvoyés dans les terres plus lointaines, plus sombres, tels des indésirables, près des terres de la Sorcière des Mers, qui abrite également les Rusalkas, des êtres qui font chavirer les navires pour se repaître des humains mâles.

Parmi les filles du Roi des Mers se trouve Muirgen, qui préfère le nom que lui a donné sa défunte mère, Gaia. Son quinzième anniversaire approche, lui donnant le droit d'aller voir ce qu'il se passe à la surface. Comme dans le conte, elle sauve un jeune homme d'un naufrage et en tombe éperdument amoureuse. Poussée par l'une de ses soeurs, Gaia quitte ce royaume où on l'a promise contre son gré à un militaire salace et va en quête d'un moyen de rejoindre son bien-aimé et peut-être même découvrir la vérité sur sa mère, disparue lorsqu'elle n'était qu'une enfant...

Bon, disons-le tout de suite : je ressors déçu de cette lecture. On a survendu le coté féministe. Gaia passe son temps à se morfondre et à subir, sa seule action notable est d'aller chercher l'aide de la sorcière pour acquérir des jambes humaines, qui la feront souffrir mille douleurs. On dirait qu'elle ne vit que pour trouver l'amour. C'est un peu justifié par l'éducation qu'elle a reçue (où le Roi a toujours raison, et où les femmes ne servent que de faire-valoir aux hommes) mais même une fois à la surface, elle n'évolue pas, elle reste dans ce mode de pensée archaïque. Elle est passive et agit comme un toutou envers le bellâtre de service, qui se révèle être un parfait goujat. D'ailleurs, est-ce moi ou bien tous les hommes de ce roman sont des monstres irrécupérables ? Bon, il y a peut-être un mec dans le tas qui est moins mauvais, mais il est tellement secondaire qu'on l'oublie... Même le Roi reste infect jusqu'à la dernière page, il n'y a aucune évolution, aucun conflit. Je ne pense pas que dépeindre un monde de façon aussi tranchée ("les hommes sont mauvais, les femmes ne font que subir") soit très féministe...

Quant à l'histoire, ne vous attendez pas à beaucoup de surprises, surtout si vous connaissez le conte original. Le fil rouge est le même, l'habillage est un peu différent. C'est dommage, car par exemple les Chroniques Lunaires ont été plus loin dans la réécriture. Ici, c'est essentiellement le conte, transposé dans une époque relativement moderne, avec une société au mode de pensée archaïque en plus. Je me suis clairement ennuyé car je m'attendais à sortir des sentiers battus.

Et c'est dommage, car l'autrice avait des idées et ça se sent. Le royaumes du peuple des mers n'est pas assez développé, il y avait matière à raconter quelque chose, quitte à sortir du canevas du conte original. Je m'y suis plus intéressé qu'au monde de la surface, assez insipide en comparaison.

En bref, une vraie déception. Ne lisez pas ce livre en vous attendant à quelque chose de féministe, ce n'est absolument pas le cas. Il sera idéal si vous ne connaissez pas le conte, ou si vous voulez juste lire une version moderne de celui-ci. Pour les autres, vous risquez de vous ennuyer.

lundi 29 août 2016

The Raven cycle, tome 1 : The raven boys

Auteur : Maggie Stiefvater
Editeur : Scholastic
Parution : 2012
Pages : 416

Résumé :

 Depuis l’enfance, Blue entend dire qu’elle tuera l’homme de sa vie… d’un simple baiser. Elle a donc résolu de ne jamais tomber amoureuse, ainsi le problème est réglé, la prophétie annulée. Pourtant, quand elle se voit entraînée dans le groupe des Corbeaux, elle se met à douter. Car, à la tête de cette bande de riches étudiants, se trouve Gansey. Or récemment l’esprit de Gansey est apparu à Blue. Depuis, elle ne cesse de se remémorer la prophétie : « Il n’y a que deux raisons pour lesquelles un esprit peut apparaître à un non-voyant à la veille de la Saint-Marc, Blue. Tu dois être soit l’amour de sa vie, soit la cause de sa mort. »

Mon avis :

C'est en visitant quelques booktubers anglophones que j'ai découvert cette saga. il y a quelques mois est en effet sorti le dernier tome de la série et j'avoue que la couverture a beaucoup attiré mon regard. Et donc, quelques semaines plus tard, et après un passage éclair sur ebay, j'ai reçu les quatre tomes en anglais. Pourquoi les avoir pris en version originale ? Hé bien d'abord parce que selon les informations que j'ai pu récolter, Hachette a arrêté de les traduire après le tome 2, il serait donc ballot de prendre cette VF, d'autant que les couvertures anglaises sont autrement plus belles que ce que nous avons eu. (je n'ai jamais été fan des couvertures "fond noir et rectangle photo avec un mannequin")

J'ai sorti le premier opus de ma PAL à l'occasion du week-end à 1000, me permettant donc de vous faire part de mes impressions ici. (challenge que je n'ai pas complété, mais tant pis ^^)

Nous découvrons Blue, une jeune fille sans histoire, si ce n'est qu'elle vit avec sa mère et ses amies dans une maison où elles pratiquent l'ésotérisme. Cependant, Blue n'a pas de don spécial autre que le fait de renforcer les énergies lors des séances ésotériques. Et depuis son plus jeune âge, elle vit avec le poids d'une prophétie qui dit que si elle embrasse l'homme de sa vie, elle le tuera de ce baiser ! Bien décidée à ne s'amouracher d'aucun homme, Blue va cependant voir l'esprit d'un jeune adulte, Gansey, lors de la veille de la Saint-Marc. Et ce fait signifie qu'elle sera soit l'amour de sa vie, soit la cause de sa mort. Ajoutons à cela l'arrivée de Neeve, une voyante renommée, qui va chambouler notre héroïne quand elle lui promet de retrouver la trace de son père, qu'elle n'a jamais connu.

A coté de ça, nous suivons aussi un trio d'étudiants de la prestigieuse école pour enfants riches Aglionsby, les Raven Boys : Adam, celui qui doit se débrouiller pour payer sa scolarité faute de moyens ; Ronan l'impétueux, dont la place à Aglionsby est en jeu du fait de ses mauvaises notes ; et enfin Gansey, enfant de riche mais qui n'a aucune notion de la valeur de l'argent, tout en étant d'une générosité confondante, générosité que refuse d'ailleurs son ami Adam, la prenant pour de la pitié à son égard.
Gansey est passionné par la légende parlant du roi Glendower qui serait endormi quelque part sur Terre. Pour le retrouver, le garçon récolte le plus d'informations sur les énergies et les alignements de sites, et par la force des choses, il ira avec ses amis consulter la mère de Blue et ses amies pour une séance. C'est là que leur destin ainsi que celui de Blue va changer.

Nous avons ici une histoire de catégorie young adult plutôt originale. La mythologie entourant ce fameux roi et ses chevaliers endormis se révèle passionnante, on la suit à travers les découvertes de Gansey, et ces découvertes vont le mener lui et les autres dans des lieux assez mystérieux, pour le grand bonheur des lecteurs ! Maggie Stiefvater démontre ses connaissances dans les arts ésotériques au travers des voyantes, ce qui permet d'amplifier encore ce coté mystique qui ressort de la lecture. La plume de l'auteure est d'ailleurs assez fluide, même si elle s'attarde parfois sur des détails qui ne sont pas toujours utiles. Mais ce n'est guère grave car elle installe une ambiance comme je l'ai dit assez mystique et mystérieuse, et certains passages sont même envoûtants !

J'ai lu ça et là que le livre est "lent" et qu'il "ment sur la romance", et je ne suis pas du tout d'accord. Certes, l'histoire peut paraître lente lors du premier tiers, car il se passe peu de choses, il y a peu d'action, mais en même temps, Maggie prend le temps de nous faire connaître les personnages, leurs moeurs, leurs habitudes et ça paie bien vers la fin. L'histoire, une fois bien installée, prend son envol dès la rencontre entre les Raven Boys et Blue et devient très vite un page-turner. Et concernant la romance, il y en a, quelques bribes, mais pas trop. Le scénario passe en priorité et on sent de toute façon que cette romance aura son importance dès le deuxième tome. Je dirai même que ce fut bénéfique à ce premier opus, lui permettant de mieux se focaliser sur l'intrigue et ses nombreux rebondissements.

Je me suis régalé avec cette histoire et je ne manquerai pas de lire la suite assez vite. La fin en cliffhanger a marché, et je suis content d'avoir pris la série d'un coup pour ne pas devoir attendre les autres tomes. Il est regrettable que la version française se soit arrêtée (mais en même temps, ces couvertures ne se distinguaient pas du reste) car je suis certain qu'on passe à coté d'une fantastique saga, sauf si on les trouve en anglais. Je vais lui attribuer un coup de coeur, non pas pour l'histoire (pour laquelle c'est "presque" un coup de coeur) mais pour l'univers, la mythologie portant sur Glendower, qui me fascine.