jeudi 8 mars 2018

Let's talk about love

Autrice : Claire Kann
Editeur : Swoon Reads
Parution : 23 janvier 2018
Pages : 277

Résumé :

Alice avait planifié tout son été. Des buffets à volonté pendant un marathon de ses séries télévisées préférées (meilleurs amis totalement inclus) avec la plus petite touche d'adulte - travailler à la bibliothèque pour payer son loyer. La seule chose qui manque dans ce plan parfait ? Sa petite amie (qui ne lui manque pas. Pas du tout). Après leur rupture, Alice a renoncé aux rendez-vous amoureux - non merci, ne passez pas par la case départ, plantez-lui une fourche, fini.

Mais alors Alice ressent une attraction instantanée pour son nouveau collègue Takumi (ce qui est un problème car Alice est 100% certaine d'être asexuelle). Et sa relation avec ses meilleurs amis ? En train de s'effondrer.

Alors que son été parfait devient infernal et que Takumi devient son allié fantastique et inattendu, Alice doit décider - garder son secret ou lui parler de ses sentiments ?

Mon avis :
 
J'ai beaucoup vu ce livre apparaitre sur les réseaux sociaux et je dois dire que j'étais très intrigué par ce résumé.

Alice est donc une femme noire queer. Elle s'identifie comme asexuelle, un thème que je n'ai encore pas vu dans d'autres livres Young Adult, et devra se découvrir tout au long de cette histoire. Elle est donc confrontée à son identité sexuelle, qu'elle préfère révéler au moins de monde possible pour éviter les éternelles questions et les réflexions déplaisantes. Jusqu'ici, elle n'en a parlé qu'à ses deux amis, un couple chez qui elle vit depuis quelques temps déjà et qui va bientôt se marier. Jusque là, tout allait bien, même si Alice a rompu avec sa petite amie, qui ne pouvait plus supporter d'être privée de sexe. Notre héroïne travaille dans une bibliothèque et c'est là-bas que tout va changer : un nouveau collègue arrive, aux traits asiatiques et répondant au nom de Takumi. La routine d'Alice va changer petit à petit, elle passera plus de temps avec ce nouveau personnage, mais sa relation avec son couple d'amis va en pâtir... sans parler de sa famille, qui lui met la pression pour qu'elle intègre un cursus de Droit.

J'ai beaucoup aimé cette lecture. C'était frais, feel good, j'ai souri et ri à plusieurs occasions. Alice est un personnage fort intéressant, elle est fonceuse et sait ce qu'elle veut. Son asexualité est très bien expliquée et l'autrice évite les gros clichés que l'on a l'habitude de voir. Elle aborde également la question de la différence entre l'orientation sexuelle et l'orientation romantique, un point qui a tout à fait sa place dans ce genre d'histoire. La romance est mignonne et très bien construite, elle va crescendo, et on s'attache à ces deux personnages.

L'écriture de Claire Kann est simple et fluide, et je le répète mais elle aborde le sujet de l'asexualité de façon réfléchie et juste. Ce premier roman est une réussite et je ne manquerai pas de lire son prochain ouvrage car elle m'a convaincu sur son talent !

J'ignore s'il sortira en français, mais n'hésitez pas à le lire en anglais, le niveau est assez facile.

Let's talk about love est une merveilleuse histoire d'amour, un peu particulière car elle met en avant une héroïne de couleur et queer, et ça fait du bien de sortir un peu des carcans habituels qu'on voit partout. Un excellent premier roman pour Claire Kann, qui je l'espère a une belle carrière devant elle.

mardi 6 mars 2018

Les héritiers, tome 2 : Le prince brisé

Autrice : Erin Watt et Elle Kennedy
Editeur : Hugo & Cie (New romance)
Parution : 1er février 2018
Pages : 433

Résumé :

Reed Royal a tout. Il est beau, riche et possède une position sociale enviée de tous. Dans son école où ne sont admises que les familles de l’élite locale, les filles lui courent après et les garçons rêvent d’être comme lui.

Et, pourtant, personne ne l’intéresse en dehors de sa famille. Mais ça, c’était avant l’arrivée d’Ella. Ce qui avait mal commencé à l’arrivée de la jeune protégée de son père se transforme en quelque chose de radicalement différent. Un besoin de l’avoir près de lui, de la protéger.

Or, à cause d’une erreur idiote, Ella va s’éloigner. Le chaos s’installe chez les Royal, et le monde de Reed s’effondre. Ella ne veut plus avoir affaire avec lui. Elle pense qu’ils ne font que s’autodétruire. Et si elle avait raison ? Secrets, trahisons, ennemis. Des situations jusque-là inconnues pour Reed. S’il veut récupérer sa princesse, Reed va devoir lui prouver qu’il est un type bien.
Et s’il avait raison ?

Argent, excès, tromperies, faux-semblants. Tout un univers qu’Ella découvre avec stupeur. Si elle veut survivre dans le royaume des Royal, il va falloir qu’elle apprenne à édicter ses propres règles royales.

Mon avis :
 
Attention, ne lisez cette chronique que si vous avez lu La princesse de papier !

Cette suite de la saga des Héritiers n'aura pas trainé très longtemps sur ma table de nuit. Il faut dire que le premier tome était assez addictif et l'envie de retrouver Ella et la famille Royal était forte.

Petit changement dans cet opus, c'est l'alternance de points de vue : Ella et Reed se partagent la narration et apportent chacun des éléments intéressants. Comme dans le premier tome, Ella est un personnage fort, têtu et doté d'un caractère de fer. Mais avoir le point de vue de Reed m'a fait apprécier bien davantage ce personnage. J'ai découvert de nouvelles facettes du bougre et il m'a paru bien plus fouillé et intriguant, je l'ai même trouvé sympathique ! Et puis il y a le personnage d'Easton, qui prend un peu plus d'importance, je ne serais pas surpris qu'on s'attarde un peu plus sur son histoire dans un prochain tome. Je l'espère en tout cas, car il y a quelque chose à creuser...

L'histoire reprend là où nous l'avions laissée, avec la fugue d'Ella et ses conséquences sur la famille Royal. Et quelle famille ! Malgré la douleur, malgré les ressentis, cette fratrie ne cesse de me surprendre et de me toucher tant ils peuvent faire preuve que l'union fait la force. Les complots et la manipulation sont toujours aussi présents, parfois encore plus dangereux qu'avant, et j'avoue que je n'ai pas vu les pages défiler lors de ma lecture, tellement j'étais pris dedans. Les autrices parviennent à nous entrainer dans une histoire pleine de rebondissements et de surprises, mais aussi de sentiments puissants et magnifiques. Et cette fin !!

Cette suite des Héritiers est à la hauteur du premier volet, je dirais même qu'elle le surpasse. En tout cas, cette série part vraiment bien et promet encore des heures de bonne lecture. Je suis impatient de me mettre à la lecture du troisième tome.


mardi 27 février 2018

Les Belles, tome 1

Autrice : Dhonielle Clayton
Editeur : Robert Laffont, Collection R
Parution : 22 février 2018
Pages : 465

Résumé :

Dans le monde opulent d'Orléans, les gens naissent gris, ils naissent condamnés, et seules les Belles peuvent, grâce à leur talent, les transformer et les rendre beaux. En tant que Belle, Camélia Beauregard est presque une déesse dans cet univers où triomphe le culte des apparences.
Or Camélia ne veut pas se contenter d'être une Belle. Elle rêve de devenir la favorite choisie par la reine d'Orléans pour s'occuper de la famille royale et d'être reconnue comme la plus douée du pays. Mais une fois Camélia et ses soeurs Belles arrivées à la cour, il s'avère que la position de favorite tient davantage du cauchemar. Derrière les ors du palais, les noirs secrets pullulent...

Mon avis :
 
La couverture de ce roman avait piqué ma curiosité lors de sa révélation, car elle me rappelait un peu celles de la saga La sélection, dont j'ai adoré les trois premiers tomes (et qu'il faut impérativement que je continue), sans parler de son omniprésence sur les réseaux sociaux et sur Booktube. Et ce synopsis m'a décidé à tenter l'aventure.

Le monde que nous fait découvrir Dhonielle Clayton est fascinant. Les gens naissent gris et d'aspect triste. Seule une caste de femmes, nommées les Belles, peut les aider. Ces dernières sont en effet dotées d'un mystérieux pouvoir qui leur permet de façonner les gens à leur convenance. Vous voulez changer votre nez ? Vous désirez faire fondre ce vilain bourrelet ? La couleur de vos yeux ne vous plait plus ? Les Belles sont capables de vous donner l'aspect de votre choix. Camélia Beauregard est l'une de ces modeleuses de beauté et n'a qu'un seul but : devenir la favorite choisie par la reine d'Orléans. Mais qu'est-ce qui se cache derrière toute cette beauté ?

Et c'est là que ce livre brille : la beauté ne cache-t-elle pas, derrière ses paillettes, des souffrances cachées, dissimulées ? Quel est véritablement le prix à payer pour obtenir cette jolie façade ? Peut-on véritablement remodeler le monde selon ses envies, même si l'on dispose d'un pouvoir comme nul autre ? Jusqu'où les gens sont-ils prêts à aller pour ressembler à leur idéal ? Camélia va devoir faire face à un monde où l'apparence prime, un monde qu'elle a idéalisé toute sa vie, mais la chute sera douloureuse. 

Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal au début. La première centaine de pages ne m'emportait pas vraiment, malgré la plume agréable de l'autrice. Puis il y a eu un déclic, un événement, qui a fait que j'ai bien plus apprécié cette histoire et j'ai dévoré le reste. Même si j'avais pressenti ce qu'il allait se passer vers la fin, j'ai quand même apprécié cette aventure, j'ai voulu suivre le destin de Camélia jusqu'à la dernière page sans en perdre une goutte. J'ai aussi apprécié le fait que les relations amoureuses sont toutes acceptées, qu'il s'agisse de couples hétéros ou homos, personne n'y voit de mal.

Les Belles marque le début d'une saga extraordinaire, sous le signe de la beauté et des complots, avec une héroïne forte et déterminée. Je vous invite à vous rendre sur le site officiel (en anglais) pour en apprendre davantage sur ce monde fantastique, et j'attends de pied ferme la suite !

mardi 20 février 2018

Balthazar Fox : L'héritier de l'entredeux mondes

Auteur : Pascal Brissy
Editeur : Auzou
Parution : 25 janvier 2018
Pages : 203

Résumé :

Balthazar Fox est né avec une queue de renard. Il doit cacher son secret pour mener sa vie de collégien. Un jour, il est propulsé dans un univers parallèle où il rencontre trois compagnons d'aventure : un ours, un chacal et une renarde. Le jeune garçon comprend qu'il est appelé à jouer un rôle essentiel afin de préserver l'équilibre entre les deux mondes.

Mon avis :
Je l'avoue, j'ai craqué pour ce livre en voyant cette jolie couverture, réalisée par Jérémie Fleury. Les personnages ressortent bien et sont variés, et l'illustration générale m'a vendu une histoire pleine d'aventures.

Et vu que je parle d'aventure, nous sommes en effet dans une jolie épopée. Balthazar se voit transporté dans un monde fantastique, rempli d'animaux anthropomorphes avec un aspect fantasy prononcé. Le scénario est simple à suivre et va directement au but. L'on pourrait regretter un petit manque de profondeur dans certains aspects de l'histoire, comme le principe des entredeux, mais je me dis que ça peut être développé dans une éventuelle suite, car il y a matière à explorer.

Le style d'écriture de Pascal Brissy est assez agréable, je n'ai eu aucun problème dans ma lecture et l'utilisation de certains mots et expressions moins courants est un plus, car ça encouragera les plus jeunes à développer leur vocabulaire. Je suis curieux de lire d'autres de ses ouvrages.

Balthazar Fox est un roman jeunesse fort agréable, doté d'un monde intéressant et de personnages hauts en couleurs. J'ignore s'il s'agit d'un one-shot ou d'un premier tome, mais s'il y a une suite, je me laisserai à nouveau transporter dedans aux cotés de l'entredeux !

dimanche 18 février 2018

The mortal instruments, tome 4 : La cité des anges déchus

Autrice : Cassandra Clare
Editeur : Pocket Jeunesse
Parution : 2013
Pages : 507

Résumé :
 
Clary est de retour à New York et la vie est belle : elle s'entraîne pour devenir une chasseuse d'ombres et elle peut enfin appeler Jace son petit ami.
Mais tout a un prix. Quand Jace commence à s'éloigner d'elle sans explication, elle se rend compte qu'elle a peut-être déclenché des évènements qui pourraient bien la conduire à la perte de tout ce qu'elle aime... Même Jace.

Mon avis :

J'ai attendu un bon moment avant de lire ce quatrième tome des aventures de Clary, en fait je me rends compte que j'ai lu le tome précédent il y a un an... Non pas que mon intérêt pour la série ait disparu, loin de là, mais je voulais y revenir "frais", après avoir lu les trois premiers opus en moins d'un an.

Et je pense avoir bien fait. Ce fut un véritable plaisir de retrouver tous ces personnages et ce monde extraordinaire de vampires, de loups-garous et autres fées. Je l'ai déjà dit auparavant, mais j'admire la façon qu'a Cassandra Clare de construire et développer cet univers. A chaque tome, nous en apprenons un peu plus sur ce monde et les règles qui le régissent et c'est un régal.

La cité des anges déchus va mettre en avant Simon, le meilleur ami de Clary. Personnage parfois effacé précédemment, j'ai apprécié le fait qu'il prenne de l'importance et soit développé. Devenu vampire, et pouvant se déplacer en pleine journée de surcroit, le jeune homme va attirer bien des convoitises et rencontrera de nouvelles difficultés. Jace quant à lui m'a un peu énervé par moment, à se lamenter ou à s'éloigner de Clary. Cette dernière passe au second plan dans cette aventure, et ce n'est pas un mal. C'est l'héroïne certes, mais il est bon de parfois laisser d'autres personnages sur le devant de la scène. Mais rassurez-vous, elle reste utile et ne fait pas de figuration.
 
Concernant l'intrigue, j'ai vu de ci de là des gens dire que c'était trop lent et donc moins bon. Oui c'est plus lent, l'autrice prend le temps d'installer sa nouvelle intrigue et les nouveaux personnages. Et j'ai beaucoup aimé cette approche ! Et cette lenteur n'empêche pas les retournements de situation et les surprises, que du contraire ! Attendez-vous à être surpris, jusqu'à la dernière ligne...
 
Oh, et Magnus Bane reste vraiment mon personnage préféré. Et sa relation avec Alec est adorable. Voilà qui est dit !
 
Ce quatrième opus de The Mortal Instruments est une nouvelle réussite, un presque coup de coeur qui a su confirmer mon amour pour la série. Et je suis ravi car je sais que j'ai encore quelques tomes de réserve avant d'en voir le bout. J'espère seulement que Pocket Jeunesse va aussi éditer en format papier The Magnus Bane Chronicles et Tales of the Shadowhunter Academy, qui manquent cruellement à leur catalogue.

lundi 12 février 2018

Moi, Simon, 16 ans, homo sapiens

Autrice : Becky Albertalli
Editeur : Le livre de poche
Parution : 12 avril 2017
Pages : 315

Résumé :

Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement :
1/ Ils fréquentent le même lycée.
2/ Blue est irrésistible.
3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.)

Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Marin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…

Mon avis :
J'ai beaucoup entendu parler de ce livre, même en dehors de la blogosphère, et à l'approche du film, je me suis enfin décidé à découvrir ce qui fait de Moi, Simon un livre aussi incontournable.

L'histoire nous plonge dans le quotidien de Simon, secrètement gay, qui vit une vie d'adolescent ordinaire. Il entretient une correspondance électronique avec Blue, un garçon dont il sait peu de choses mais qui commence petit à petit à le rendre accro. Mais suite à une maladresse, Simon devra se soumettre au chantage de Martin, qui est amoureux d'Abby, une amie proche de notre héros, sans quoi son homosexualité sera dévoilée à l'ensemble des élèves du bahut...

Becky Albertalli aborde le sujet de l'homosexualité de façon très simple et juste, elle ne tombe pas dans certains clichés faciles et nous présente une situation très actuelle : le coming out et ses conséquences. Nous le savons, les gens ne réagissent pas toujours de la même manière et il arrive malheureusement que ces réactions soient négatives, voire néfastes pour la personne concernée. Du haut de ses seize ans, Simon va se découvrir et affronter ses craintes. Un chemin qui sera parfois difficile, mais Simon est un personnage positif, déterminé et plein d'humour, et surtout il est entouré d'une belle bande d'amis.

Bien que l'intrigue soit assez prévisible, elle reste accrocheuse, surtout concernant l'identité de Blue, dont on apprend des choses au compte-goutte. Comme Simon, nous essayons de découvrir son identité avec les maigres indices dont nous disposons et je dois dire que j'ai beaucoup aimé leurs échanges d'e-mails. 

Moi, Simon est un roman à mettre entre toutes les mains, notamment d'adolescents, auquel il parlera au travers de son protagoniste et de sa quête de soi. Il nous offre un beau message de tolérance et de respect, tout en nous faisant sourire avec son aventure toute tendre et ses personnages hauts en couleurs.

dimanche 11 février 2018

Souvenirs d'Emanon

Auteurs : Shinji Kajio (Scénario) et Kenji Tsuruta (Dessins)
Editeur : Ki-Oon (Latitudes)
Parution : 25 janvier 2018
Pages : 180

Résumé :

1967, dans le sud du Japon. Loin des événements qui agitent le monde, un étudiant prend le chemin du retour après un voyage d’errance. Une longue nuit en ferry s’annonce. Alors qu’il cherche à oublier une énième déception amoureuse en se plongeant dans ses romans de SF, une intrigante jeune femme s’installe à ses côtés.
Fumant cigarette sur cigarette, elle a pour unique bagage un sac à dos marqué des initiales “E. N.” Son nom ? Emanon, ou “no name” lu à l’envers… Elle aussi voyage seule et sans but apparent. D’abord peu bavarde, les yeux dans le vague, elle se rapproche du jeune homme, car il lui rappelle un ancien amour… datant de plusieurs siècles !
Au fil de la conversation, elle lui dévoile son secret : sous ses airs d’étudiante, elle cache une âme vieille de trois milliards d’années ! Ses souvenirs remontent au plus profond des âges, avant même l’apparition de l’humanité. Son récit dépasse toutes les histoires de SF. Cette nuit en compagnie d’Emanon va bouleverser à jamais la vision du monde du jeune voyageur…

Mon avis :
J'ai découvert le travail de Kenji Tsuruta il y a une quinzaine d'années lorsqu'un ami m'avait prêté le manga Forget me not que j'avais beaucoup apprécié et j'ai été ravi de voir que d'autres de ses oeuvres commencent à être publiées dans nos contrées.

Souvenirs d'Emanon est une adaptation en manga de nouvelles de l'auteur Shinji Kajio. Cela se ressent un peu par la vitesse du récit mais ça ne gêne aucunement le plaisir de la lecture. Je dois dire que l'histoire est très plaisante à suivre et éveille en nous bien des questions : comment réagiriez-vous si une jeune fille vous avouait qu'elle possède des souvenirs qui remontent à des milliards d'années, à l'époque de l'apparition de la vie sur Terre ? Une histoire assez abracadabrantesque s'il en est... vérité ou fiction ?

Je ne peux pas ignorer la qualité impressionnante des dessins. Tsuruta a un trait tellement fin et un encrage tellement beau, chaque case est un plaisir pour les yeux. Certains plans, comme des vues du bateau sur lequel se déroule l'histoire, sont à tomber ! Mention spéciale au design d'Emanon, qui transpire le coté désinvolte des années 60 avec cette inspiration baba-cool. L'ambiance de cette époque est assez bien reproduite d'ailleurs.

Ce one-shot est une belle réussite, un voyage au coeur de l'histoire, troublante, d'une jeune fille sur fond de science-fiction. Tsuruta prouve une fois de plus que c'est un grand artiste et je serais curieux de lire les nouvelles de Shinji Kajio, s'il existe une version française.