dimanche 5 août 2018

Tout en nuances, tome 1 : Hyacinthe

Autrice : Erika Boyer
Editeur : Auto édité
Parution : 8 avril 2018
Pages : 271
      
Résumé :
      
Hyacinthe ne supporte pas de voir son reflet dans le miroir. Il vit loin de tout, isolé, reclus ; il se cache du regard des autres et consacre son existence à son art. Il n’entretient même plus l’espoir d’être un jour aimé.

Pourtant, quand Elea entre dans sa vie, il ne peut s’empêcher d’aspirer au bonheur. Ses regards sont des caresses, ses gestes des mots doux et l’artiste en vient à croire qu’il pourrait avoir un avenir différent de celui qu’il s’était toujours imaginé.

Peut-il être homme et non plus abomination à travers les yeux de cette femme ? Mieux, peut-il l’être à travers ses propres yeux ?

- Inspirés des plus grandes divinités gréco-romaines, les personnages de la saga Tout en nuances vous emmèneront dans un univers où la diversité est le maître-mot. -

        
Mon avis :
    
Salut, les pandas. Je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler du quatrième roman d'Erika Boyer. Si vous ne le savez pas, Erika est une autrice que j'apprécie beaucoup, autant par rapport à son travail mais aussi à la personne elle-même, et c'est avec une certaine impatience que j'attendais son prochain ouvrage.

Hyacinthe est un homme aux nombreuses cicatrices, dont une qui le défigure, l'affectant fortement, l'amenant à se considérer comme un monstre et à fuir le moindre miroir. De ce fait, il s'est isolé pour mieux pratiquer son art, son métier, créateur de bijoux renommé, et n'accepte que la visite d'une paire d'amis. Il rend également visite à ses mères adoptives, un couple tout aussi charmant que complémentaire. La seule présence constante en sa demeure est celle de son chien, Légende, un teckel bâtard doté d'une prothèse et qui a, lui aussi, un passé chargé (et qui m'a presque fait pleurer, le bougre !). Cette vie convient à cet acharné de travail, qui peine un peu à compléter ses commandes. Son amie Alexa lui envoie donc Eléa pour le seconder, malgré ses réticences. Cette jeune femme saura-t-elle passer outre les apparences et rendre à cet homme le goût de la vie ?

Erika démontre dans ce roman son talent à parler des gens blessés par la vie, ces gens loin d'être parfaits, abimés, fragilisés avec une justesse incroyable. J'ai été fortement touché par Hyacinthe et son histoire, mais aussi son rejet de sa propre image et son envie de s'isoler de tout le monde. Eléa m'a beaucoup plu également, je l'ai trouvée positive et pleine de vie, elle symbolise si bien le vent, qui vient apporter un peu de fraicheur dans le monde enflammé de Hyacinthe.

Vous vous en doutez, la relation qui va naître ne se limitera pas qu'au travail et commence alors une fort jolie romance. Mais résistera-t-elle aux barrières érigées par Hyacinthe ? Eléa parviendra-t-elle à illuminer sa vie ? 

Cette histoire aborde quelques thèmes, notamment au travers de ses personnages secondaires, mais l'un de ces thèmes m'a intéressé et je trouve qu'on ne le voit pas assez en littérature contemporaine : l'amour qui passe au-delà de la beauté physique. On voit souvent des romances entre des personnages tout beaux tout propres, des idéaux parfois irréels, qui n'ont que des défauts sommaires, et même si ça permet de faire rêver, au bout d'un moment ça devient répétitif. Ce roman offre enfin ce petit soupçon d'originalité que j'aime trouver dans un livre et qui le sublime, à mes yeux. Ajoutez à ça la plume exceptionnelle d'Erika et vous avez là une excellente lecture.

Hyacinthe est le premier tome d'une série, qui reviendra sur d'autres personnages qui sont apparus dans ce livre. J'avoue que j'aimerais en savoir plus sur les mères adoptives de Hyacinthe. En tout cas, je suivrai la série avec plaisir et j'ai déjà hâte d'avoir entre les mains le prochain ouvrage d'Erika. 

jeudi 2 août 2018

Ma vie, mon ex et autres calamités

Autrice : Marie Vareille
Editeur : France Loisirs (Piment)
Parution : 2015
Pages : 286
      
Résumé :
      
Juliette a un amoureux, un job, un appartement et trente-et-une paires de chaussures. Mais toutes les bonnes choses ont une fin : du jour au lendemain elle se retrouve célibataire, chômeuse et sans logement ! Elle déprime pendant des jours devant Gossip Girl en engloutissant des kilos de Chococookies. Jusqu’à ce qu’une série de quiproquos rocambolesques la contraigne à affronter sa plus grande terreur, l’avion, et à s’envoler pour les Maldives à la poursuite de son ex et de sa mystérieuse nouvelle copine. Évidemment, là non plus, les choses ne tournent pas comme elle l’avait imaginé. Elle rencontre notamment un jeune homme, certes très beau, mais aussi très désagréable… Une comédie romantique pétillante et drôle avec une délicieuse french touch !
        
Mon avis :
     

Ayant déjà lu une bonne partie des ouvrages de Marie Vareille, je me suis jeté les yeux fermés sur ce livre, avec l'envie de lire une histoire dépaysante, légère et amusante. Spoiler : j'y ai trouvé mon compte, et plus encore !

L'histoire nous fait découvrir Juliette, qui jusqu'ici n'avait pas de gros problème dans sa vie : un petit copain, Nicolas, qui travaille sur sa thèse en philosophie depuis un certain temps et avec qui elle partage un appartement ; ses amies Caroline et l'excentrique Chiara ; et son job, assez banal et qui lui plait moyennement mais qui paie les factures... jusqu'au jour où, suite à une gaffe, elle se fait renvoyer sans ménagement, causant ainsi la perte de son appartement, sans compter son célibat, Nicolas ayant quitté le navire alors qu'il coulait. Heureusement que Chiara décide de la prendre sous son aile. Un quiproquo plus tard et voilà Juliette, obligée d'embarquer pour les Maldives alors qu'elle a une peur énorme des avions...

L'intrigue reste quelque peu prévisible, la recette a déjà été vue, mais ce sont ses ingrédients qui donnent tout leur goût à ce livre. Les personnages sont hauts en couleurs, surtout Juliette qui m'a bien fait rire, malgré ses (nombreux) déboires. J'ai aussi apprécié son amie Chiara, je l'imaginais bien avec la voix d'Edna Mode ! Et puis, il y a Mark, un personnage qui arrive un peu plus tard dans l'aventure, et qui m'aura fait tourner en rond sur son rôle, jusqu'à ce que les pièces du puzzle s'assemblent et que je ne puisse plus dire qu'un "ooooooh".

J'aime vraiment les écrits de Marie Vareille, ils sont frais et rendent le sourire, ils sont légers sans toutefois tomber dans le gnan-gnan, on arrive toujours à s'y retrouver et elle nous emporte dans les aventures rocambolesques de ses personnages avec beaucoup d'aisance. Je suis impatient d'en lire d'autres !

Ma vie, mon ex et autres calamités est pétillant et frais, il nous fait voyager dans un endroit qui laisse rêveur et l'histoire détend et fait rire. Que demander de plus ? Idéal par cette saison chaude !

N'hésitez pas à faire un tour sur sa chaine Youtube également :


mardi 3 juillet 2018

Dix-sept ans

Autrice : Ava Dellaira
Editeur : Michel Lafon
Parution : 3 mai 2018
Pages : 396
      
Résumé :
      
Nous poursuivons tous quelque chose…

Dans les années 1990, pour Marilyn, 17 ans, c’est la liberté. Enfermée dans les rêves de célébrité de sa mère qui l’entraîne d’auditions en castings, elle ne revit que lorsqu’elle retrouve le beau et insaisissable James. Mais les regards que certains portent sur la couleur de peau de James ne risquent-ils pas de détruire leur amour naissant ?

De nos jours, pour Angie, 17 ans, c’est la vérité. Alors que le monde semble s’être arrêté de tourner pour sa mère, Marilyn, la jeune métisse est prête à tout pour retrouver James, ce père qu’on lui a toujours caché. Embarquée par son ex-petit ami Sam, Angie fuit sa ville de province et plonge dans les rues bruyantes et colorées de Los Angeles, à la recherche d’un passé trop longtemps maintenu dans l’ombre.

Une mère, une fille, deux façons d’aimer

        
Mon avis :
    
Je remercie les éditions Michel Lafon et Livraddict pour ce partenariat !

Dix-sept ans fait partie de ces romans dont la couverture évoque de beaux moments, une ambiance (ici, estivale, chaleureuse) et plein de promesses. Je n'ai pas hésité une seconde avant de le demander lors de la dernière session de partenariats sur Livraddict !

Ce livre nous conte deux aventures. Il y a d'abord celle de Marylin, une jeune fille de dix-sept ans, en plein dans les années 90. Forcée de vivre chez son oncle avec sa mère, cette dernière lui fait passer audition sur audition pour la lancer sur le devant de la scène telle la prochaine Marylin Monroe, des rêves de grandeur plein les yeux. La jeune fille rêve cependant de poursuivre ses études et tombe sous le charme de son voisin, James.
Ensuite, à notre époque, nous suivons Angie, dix-sept ans, qui vit avec sa mère Marylin. Angie désire retrouver les traces de son père, dont elle ne connait que trop peu de choses, et décide de fuir en compagnie de son ex-petit-ami Sam à sa recherche, à Los Angeles.

L'autrice nous emmène donc à deux époques différentes pour suivre deux destins, deux recherches d'identité distinctes, deux petits bouts de femmes qui vont découvrir un nouveau monde. Dix-sept ans, c'est un âge important, c'est souvent l'âge du premier amour, des espoirs mais aussi des déceptions. On s'interroge, on veut comprendre la vie et les changements que l'on ressent, on veut se fixer un but, se découvrir soi-même. C'est une phase que la plupart d'entre nous a connue, a traversé, ce qui aide à comprendre nos protagonistes et à avoir envie de les suivre. J'avoue avoir eu une petite préférence pour l'histoire de Marylin, plus touchante.

J'ai adoré l'ambiance également. Les descriptions d'Ava nous aident à nous immerger dans cette Amérique loin des clichés du cinéma. Ce n'est pas tout propret, mais les défauts présentés rendent le décor vivant, plein de cachet et de personnalité. Je ne suis jamais allé sur ce continent, et pourtant j'ai réussi à visualiser chaque décor, chaque appartement, chaque rue visitée. J'ai imaginé ces endroits pleins de vie et de mouvement. 

Un voyage sous le soleil américain réussi, avec un petit coté road-trip fort plaisant, Dix-sept ans nous offre le récit de deux destins, celui d'une adolescente et celui de sa mère au même âge, avec leurs ressemblances et leurs différences. Une belle lecture d'été qui vous dépaysera !

mardi 26 juin 2018

The surface breaks

Autrice : Louise O'Neill
Editeur : Scholastic
Parution : 3 mai 2018
Pages : 309
      
Résumé :
      
Deep beneath the sea, off the cold Irish coast, Gaia is a young mermaid who dreams of freedom from her controlling father. On her first swim to the surface, she is drawn towards a human boy. She longs to join his carefree world, but how much will she have to sacrifice? What will it take for the little mermaid to find her voice? Hans Christian Andersen's original fairy tale is reimagined through a searing feminist lens, with the stunning, scalpel-sharp writing and world building that has won Louise her legions of devoted fans. A book with the darkest of undercurrents, full of rage and rallying cries: storytelling at its most spellbinding.
        
Mon avis :
    
La petite sirène est une histoire qui m'a marqué quand j'étais enfant. A l'époque, le film de Disney sortait au cinéma et mes parents m'avaient trouvé une VHS d'une autre version. C'était un animé japonais avec une fin tragique (j'ai appris ensuite que c'était une fin proche de celle du conte) et, comme j'étais habitué aux happy ends, j'en étais ressorti assez surpris. Plus tard, Ariel est venue me réconcilier avec cette histoire de sirènes. Puis, tout récemment, j'ai vu passer ce livre, qu'on m'a vendu comme une réécriture du conte en version féministe. Pourquoi pas ?

Dans les profondeurs de l'océan, le royaume des sirènes est dirigé par un roi autoritaire, qui impose son avis et ses idées à tout un chacun, usant de la force si nécessaire. Ses sept filles ne sont pas épargnées et ne vivent que pour qu'il ait une "vitrine" de belles sirènes à présenter au peuple. Elles sont condamnées à rester cantonnées dans un certain canon de beauté, quitte à se sous-alimenter, pour ensuite être mariées (souvent contre leur gré) à d'influents hommes-sirènes, souvent bien plus âgées qu'elles. De plus, l'accès aux terres de ce royaume n'est réservé qu'au gens remplissant ces canons de beauté. Les autres (difformes, gros, handicapés, etc) sont simplement renvoyés dans les terres plus lointaines, plus sombres, tels des indésirables, près des terres de la Sorcière des Mers, qui abrite également les Rusalkas, des êtres qui font chavirer les navires pour se repaître des humains mâles.

Parmi les filles du Roi des Mers se trouve Muirgen, qui préfère le nom que lui a donné sa défunte mère, Gaia. Son quinzième anniversaire approche, lui donnant le droit d'aller voir ce qu'il se passe à la surface. Comme dans le conte, elle sauve un jeune homme d'un naufrage et en tombe éperdument amoureuse. Poussée par l'une de ses soeurs, Gaia quitte ce royaume où on l'a promise contre son gré à un militaire salace et va en quête d'un moyen de rejoindre son bien-aimé et peut-être même découvrir la vérité sur sa mère, disparue lorsqu'elle n'était qu'une enfant...

Bon, disons-le tout de suite : je ressors déçu de cette lecture. On a survendu le coté féministe. Gaia passe son temps à se morfondre et à subir, sa seule action notable est d'aller chercher l'aide de la sorcière pour acquérir des jambes humaines, qui la feront souffrir mille douleurs. On dirait qu'elle ne vit que pour trouver l'amour. C'est un peu justifié par l'éducation qu'elle a reçue (où le Roi a toujours raison, et où les femmes ne servent que de faire-valoir aux hommes) mais même une fois à la surface, elle n'évolue pas, elle reste dans ce mode de pensée archaïque. Elle est passive et agit comme un toutou envers le bellâtre de service, qui se révèle être un parfait goujat. D'ailleurs, est-ce moi ou bien tous les hommes de ce roman sont des monstres irrécupérables ? Bon, il y a peut-être un mec dans le tas qui est moins mauvais, mais il est tellement secondaire qu'on l'oublie... Même le Roi reste infect jusqu'à la dernière page, il n'y a aucune évolution, aucun conflit. Je ne pense pas que dépeindre un monde de façon aussi tranchée ("les hommes sont mauvais, les femmes ne font que subir") soit très féministe...

Quant à l'histoire, ne vous attendez pas à beaucoup de surprises, surtout si vous connaissez le conte original. Le fil rouge est le même, l'habillage est un peu différent. C'est dommage, car par exemple les Chroniques Lunaires ont été plus loin dans la réécriture. Ici, c'est essentiellement le conte, transposé dans une époque relativement moderne, avec une société au mode de pensée archaïque en plus. Je me suis clairement ennuyé car je m'attendais à sortir des sentiers battus.

Et c'est dommage, car l'autrice avait des idées et ça se sent. Le royaumes du peuple des mers n'est pas assez développé, il y avait matière à raconter quelque chose, quitte à sortir du canevas du conte original. Je m'y suis plus intéressé qu'au monde de la surface, assez insipide en comparaison.

En bref, une vraie déception. Ne lisez pas ce livre en vous attendant à quelque chose de féministe, ce n'est absolument pas le cas. Il sera idéal si vous ne connaissez pas le conte, ou si vous voulez juste lire une version moderne de celui-ci. Pour les autres, vous risquez de vous ennuyer.

vendredi 22 juin 2018

Il est grand temps de rallumer les étoiles

Autrice : Virginie Grimaldi
Editeur : Fayard
Parution : 2 mai 2018
Pages : 396
      
Résumé :
      
Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée. À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour. Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire. Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.
        
Mon avis :
    
J'ai toujours entendu beaucoup de bien sur les livres de Virginie Grimaldi, et celui-ci ne fait pas exception. Son résumé m'a beaucoup intrigué, j'aime bien les histoires de personnes qui lâchent tout et partent en road-trip pour se retrouver, respirer un grand coup. Quelquefois, je me plais à m'imaginer faire de même, découvrir de nouveaux horizons, prendre le temps de vivre l'espace d'un voyage. Mais j'aime bien aussi le vivre au travers d'une fiction.

La force de ce récit tient à ses personnages.

Nous avons d'abord Anna, mère de Chloé et de Lily, qui travaille énormément pour subvenir aux besoins de sa famille, mais qui est surendettée et au bout du rouleau. Elle a peur de voir grandir ses filles et tient à vivre le plus de moments possibles avec ses enfants, elle qui n'a pas eu l'occasion de connaitre sa mère très longtemps, emportée par la mort. Séparée du père de ses filles pour une raison que l'on découvre petit à petit dans le roman, elle tente de faire face aux huissiers, jusqu'au jour où son patron lui annonce qu'il veut se séparer d'elle. A bout, elle décide d'emmener ses filles en Scandinavie en camping-car...

Vient ensuite Chloé, âgée de 17 ans et en pleine crise d'adolescence. Elle désire trouver un garçon qui va l'aimer, lui donner de l'affection, quitte à leur offrir ce qu'ils demandent, comme des photos (trop) intimes. Elle ne comprend pas qu'on puisse aimer sans donner et fait tout pour se faire remarquer par Kevin, le petit boulanger qui ne semble pas indifférent à son charme. La jeune fille est également prête à sacrifier ses rêves (notamment d'aller en Australie) pour aider sa famille... Elle s'exprime sur un blog, de façon anonyme, et c'est en partie à travers ses posts que nous découvrirons son point de vue.

Et puis nous avons la petite Lily, âgée de 12 ans, qui choisit de s'exprimer en remplissant un journal intime. Malgré son jeune âge, elle n'a pas non plus une vie facile, harcelée à l'école par quelques autres élèves qui ne comprennent pas sa différence. Ses mots sont remplis de l'innocence d'une petite fille de son âge, mélangeant souvent les expressions et portant sur le monde un regard pur mais parfois cynique.

Le voyage de nos héroïnes est tout aussi intéressant, les paysages décrits m'ont fait rêver plus d'une fois, et leurs rencontres se révèlent magnifiques et touchantes. Elles feront un bout de chemin avec d'autres âmes fêlées, parfois brisées par la vie, qui cherchent également à se ressourcer au fil des kilomètres.

J'ai été fortement touché par le lien qui lie nos trois personnages principaux. Car malgré les disputes, les désaccords et les accidents sur la route de la vie, elles savent se relever, chacune à sa façon, se remettre en question et rester soudées, telle une vraie famille. Elles évoluent et grandissent devant nos yeux, nous font vivre leur aventure à travers leur point de vue, nous font rire et pleurer, parfois les deux à la fois, et elles font fondre notre cœur.

Véritable roman feel good, Il est grand temps de rallumer les étoiles est une merveilleuse aventure humaine, un road-trip dépaysant rempli d'émotions, difficile à lâcher. C'est un magnifique coup de cœur qui a réussi à faire briller les étoiles de ma vie.


mardi 19 juin 2018

Click & love

Auteur : Cyril Massarotto
Editeur : Editions XO
Parution : 3 mai 2018
Pages : 352
      
Résumé :
      
Un click, un love. Une seule chance de trouver l’amour… Julie est une jeune Parisienne de 30 ans. Elle ne croit plus en l’amour et doit faire des ménages pour gagner sa vie. Paul, lui, a 40 ans. il est chirurgien, vit à Londres et ne se console pas de la mort de sa femme. Leurs trajectoires n’auraient jamais dû se croiser… Et pourtant, une application très particulière, Click & Love, va progressivement les rapprocher. Et jouer avec leurs nerfs. Alors que, message après message, leur désir de se rencontrer devient brûlant, Click & Love censure toutes les informations qui leur permettraient de se donner rendez-vous. Une torture. Et cette question : que cherche la main invisible qui se cache derrière l’écran ? Julie et Paul, des deux côtés de la Manche, vont tout tenter pour piéger la machine. Mais alors qu’enfin ils réussissent à se voir « en vrai », quelque chose d’inexplicable se produit, qui bouleversera leur vie… Avec humour et délicatesse, Cyril Massarotto explore nos cœurs et nos tourments à l’heure des textos, des applis et des sites de rencontre.
        
Mon avis :
    
L'année dernière, j'ai eu l'occasion de découvrir la plume de Cyril Massarotto avec son roman "Quelqu'un a qui parler" que j'avais beaucoup aimé, et c'est tout naturellement que je me suis penché sur son nouvel ouvrage.

Nous sommes ici en présence d'une histoire d'amour entre Julie, Parisienne trentenaire et femme de ménage, et Paul, quarantenaire et chirurgien vivant à Londres. Celui-ci ne parvient pas à oublier sa défunte femme et se refuse de tomber de nouveau amoureux. Un jour, nos deux protagonistes vont se voir offrir l'opportunité de tester en avant-première une nouvelle application de rencontres, Click & Love, un programme poussé qui promet de trouver l'âme soeur de ses utilisateurs. D'abord réticents, nos deux célibataires vont l'utiliser et apprendre à se connaitre. Mais lorsqu'ils se rencontrent enfin en vrai...

Hé bien je ne vous dirai pas ce qu'il se passe ! Mais croyez-moi, je me suis posé mille questions ! Je dois dire que l'auteur a fait fort, je n'ai rien vu venir, j'ai été surpris, agréablement et j'ai dévoré la seconde moitié avec cette furieuse envie de connaitre le fin mot de l'histoire. Cyril a réussi à me tenir en haleine (et a troubler mon sommeil !) avec son histoire et je lui tire mon chapeau. Ne vous attendez pas à une romance classique comme on en a vu partout ailleurs. 

Julie et Paul ont aussi participé à mon immersion dans ce roman. Je les ai trouvés très attachants et humains. Julie, pour son coté terre à terre, sa bonne humeur et ses doutes. Paul, que le passé ne cesse de hanter, qui se révèle tout au long de cette aventure et qui ne peut que charmer. Leur rencontre virtuelle est entrainante et pleine de rebondissement, d'autant qu'elle est, au début, assez limitée par le règlement de l'application. Chacun se dévoile petit à petit, c'est un plaisir d'assister à la naissance de cette idylle.

Drôle, touchant et frais, Click & Love part sur un scénario assez classique pour ensuite surprendre ses lecteurs et les emporter dans un tourbillon de questions. Une fois terminé, on ne peut qu'applaudir l'auteur, qui a réussi à nous déconcerter pendant une bonne partie de son livre. Bravo.

jeudi 14 juin 2018

Mémé dans les orties

Autrice : Aurélie Valognes
Editeur : Le livre de poche
Parution : 9 mars 2016
Pages : 252
      
Résumé :
      
Ferdinand Brun est atypique.
Le genre de vieux monsieur qui boude la vie et s’ennuie à (ne pas) mourir.
Tel un parasite, il occupe ses journées en planifiant les pires coups possibles qui pourraient nuire et agacer son voisinage.
Il suffit d’un nœud qui se relâche et laisse partir son seul compagnon de vie, Daisy sa chienne, pour que tout s’écroule.
Quand Juliette, une fillette de dix ans, et Béatrice, la plus geek des grands-mères, forcent littéralement sa porte pour entrer dans sa vie, Ferdinand va être contraint de se métamorphoser et de sortir de sa chrysalide, découvrant qu’il n’est jamais trop tard pour commencer à vivre…
        
Mon avis :

Ces derniers temps, j'avais envie d'un livre feel good, vous savez, ces livres qui vous font du bien en les lisant, je voulais une histoire positive avec une touche d'humour. C'est alors que je me suis rappelé que j'avais ce livre-ci dans ma bibliothèque depuis un bon moment. Allais-je y trouver ce que je cherchais ?

Ferdinand Brun est un vieillard grincheux, grognon et parfois, disons-le carrément, méchant. Vivant seul avec sa chienne Daisy depuis que sa femme est partie avec le facteur, il mène la vie dure à son entourage, à commencer par les autres habitants de son immeuble. D'ailleurs, la concierge, appuyée par la fille de Ferdinand, va faire planer la menace de la maison de retraite au-dessus de sa tête, s'il ne se reprend pas un peu ! C'est alors que, par un malencontreux accident, Daisy est tuée, faisant s'écrouler le petit monde de Ferdinand. Peu après, il fera la connaissance de Juliette, petite fille espiègle qui réussira, de force, à entrer dans la ville du ronchon vieillard, et qui sait, à l'aider ne fut-ce qu'un petit peu ?...

Oui, j'ai trouvé ce que je cherchais. J'ai passé un bon moment de lecture, je me suis amusé, j'ai ri quelques fois. Ferdinand est désagréable au possible, mais apparaît de plus en plus sympathique au fil du récit. Cette sympathie naissante est aidée par la plume d'Aurélie, que je qualifierai d'impertinente, avec parfois un humour noir très bien dosé. Certaines tournures de phrases m'ont beaucoup fait sourire et ont largement contribué à ce plaisir durant la lecture. Les situations vécues par Ferdinand et sa clique sont rocambolesques au possible, parfois tordues, parfois tirées par les cheveux, mais on se prend facilement au jeu et on tourne les pages avec joie. De plus, il se lit assez vite, quoi de mieux pour une petite pause de fraîcheur ? En tout cas, je lirai les autres livres d'Aurélie Valognes avec plaisir.

Mémé dans les orties est une lecture simple, qui nous fait passer un agréable moment de lecture. A lire si vous voulez souffler un peu entre deux lectures plus conséquentes.