mardi 3 juillet 2018

Dix-sept ans

Autrice : Ava Dellaira
Editeur : Michel Lafon
Parution : 3 mai 2018
Pages : 396
      
Résumé :
      
Nous poursuivons tous quelque chose…

Dans les années 1990, pour Marilyn, 17 ans, c’est la liberté. Enfermée dans les rêves de célébrité de sa mère qui l’entraîne d’auditions en castings, elle ne revit que lorsqu’elle retrouve le beau et insaisissable James. Mais les regards que certains portent sur la couleur de peau de James ne risquent-ils pas de détruire leur amour naissant ?

De nos jours, pour Angie, 17 ans, c’est la vérité. Alors que le monde semble s’être arrêté de tourner pour sa mère, Marilyn, la jeune métisse est prête à tout pour retrouver James, ce père qu’on lui a toujours caché. Embarquée par son ex-petit ami Sam, Angie fuit sa ville de province et plonge dans les rues bruyantes et colorées de Los Angeles, à la recherche d’un passé trop longtemps maintenu dans l’ombre.

Une mère, une fille, deux façons d’aimer

        
Mon avis :
    
Je remercie les éditions Michel Lafon et Livraddict pour ce partenariat !

Dix-sept ans fait partie de ces romans dont la couverture évoque de beaux moments, une ambiance (ici, estivale, chaleureuse) et plein de promesses. Je n'ai pas hésité une seconde avant de le demander lors de la dernière session de partenariats sur Livraddict !

Ce livre nous conte deux aventures. Il y a d'abord celle de Marylin, une jeune fille de dix-sept ans, en plein dans les années 90. Forcée de vivre chez son oncle avec sa mère, cette dernière lui fait passer audition sur audition pour la lancer sur le devant de la scène telle la prochaine Marylin Monroe, des rêves de grandeur plein les yeux. La jeune fille rêve cependant de poursuivre ses études et tombe sous le charme de son voisin, James.
Ensuite, à notre époque, nous suivons Angie, dix-sept ans, qui vit avec sa mère Marylin. Angie désire retrouver les traces de son père, dont elle ne connait que trop peu de choses, et décide de fuir en compagnie de son ex-petit-ami Sam à sa recherche, à Los Angeles.

L'autrice nous emmène donc à deux époques différentes pour suivre deux destins, deux recherches d'identité distinctes, deux petits bouts de femmes qui vont découvrir un nouveau monde. Dix-sept ans, c'est un âge important, c'est souvent l'âge du premier amour, des espoirs mais aussi des déceptions. On s'interroge, on veut comprendre la vie et les changements que l'on ressent, on veut se fixer un but, se découvrir soi-même. C'est une phase que la plupart d'entre nous a connue, a traversé, ce qui aide à comprendre nos protagonistes et à avoir envie de les suivre. J'avoue avoir eu une petite préférence pour l'histoire de Marylin, plus touchante.

J'ai adoré l'ambiance également. Les descriptions d'Ava nous aident à nous immerger dans cette Amérique loin des clichés du cinéma. Ce n'est pas tout propret, mais les défauts présentés rendent le décor vivant, plein de cachet et de personnalité. Je ne suis jamais allé sur ce continent, et pourtant j'ai réussi à visualiser chaque décor, chaque appartement, chaque rue visitée. J'ai imaginé ces endroits pleins de vie et de mouvement. 

Un voyage sous le soleil américain réussi, avec un petit coté road-trip fort plaisant, Dix-sept ans nous offre le récit de deux destins, celui d'une adolescente et celui de sa mère au même âge, avec leurs ressemblances et leurs différences. Une belle lecture d'été qui vous dépaysera !

mardi 26 juin 2018

The surface breaks

Autrice : Louise O'Neill
Editeur : Scholastic
Parution : 3 mai 2018
Pages : 309
      
Résumé :
      
Deep beneath the sea, off the cold Irish coast, Gaia is a young mermaid who dreams of freedom from her controlling father. On her first swim to the surface, she is drawn towards a human boy. She longs to join his carefree world, but how much will she have to sacrifice? What will it take for the little mermaid to find her voice? Hans Christian Andersen's original fairy tale is reimagined through a searing feminist lens, with the stunning, scalpel-sharp writing and world building that has won Louise her legions of devoted fans. A book with the darkest of undercurrents, full of rage and rallying cries: storytelling at its most spellbinding.
        
Mon avis :
    
La petite sirène est une histoire qui m'a marqué quand j'étais enfant. A l'époque, le film de Disney sortait au cinéma et mes parents m'avaient trouvé une VHS d'une autre version. C'était un animé japonais avec une fin tragique (j'ai appris ensuite que c'était une fin proche de celle du conte) et, comme j'étais habitué aux happy ends, j'en étais ressorti assez surpris. Plus tard, Ariel est venue me réconcilier avec cette histoire de sirènes. Puis, tout récemment, j'ai vu passer ce livre, qu'on m'a vendu comme une réécriture du conte en version féministe. Pourquoi pas ?

Dans les profondeurs de l'océan, le royaume des sirènes est dirigé par un roi autoritaire, qui impose son avis et ses idées à tout un chacun, usant de la force si nécessaire. Ses sept filles ne sont pas épargnées et ne vivent que pour qu'il ait une "vitrine" de belles sirènes à présenter au peuple. Elles sont condamnées à rester cantonnées dans un certain canon de beauté, quitte à se sous-alimenter, pour ensuite être mariées (souvent contre leur gré) à d'influents hommes-sirènes, souvent bien plus âgées qu'elles. De plus, l'accès aux terres de ce royaume n'est réservé qu'au gens remplissant ces canons de beauté. Les autres (difformes, gros, handicapés, etc) sont simplement renvoyés dans les terres plus lointaines, plus sombres, tels des indésirables, près des terres de la Sorcière des Mers, qui abrite également les Rusalkas, des êtres qui font chavirer les navires pour se repaître des humains mâles.

Parmi les filles du Roi des Mers se trouve Muirgen, qui préfère le nom que lui a donné sa défunte mère, Gaia. Son quinzième anniversaire approche, lui donnant le droit d'aller voir ce qu'il se passe à la surface. Comme dans le conte, elle sauve un jeune homme d'un naufrage et en tombe éperdument amoureuse. Poussée par l'une de ses soeurs, Gaia quitte ce royaume où on l'a promise contre son gré à un militaire salace et va en quête d'un moyen de rejoindre son bien-aimé et peut-être même découvrir la vérité sur sa mère, disparue lorsqu'elle n'était qu'une enfant...

Bon, disons-le tout de suite : je ressors déçu de cette lecture. On a survendu le coté féministe. Gaia passe son temps à se morfondre et à subir, sa seule action notable est d'aller chercher l'aide de la sorcière pour acquérir des jambes humaines, qui la feront souffrir mille douleurs. On dirait qu'elle ne vit que pour trouver l'amour. C'est un peu justifié par l'éducation qu'elle a reçue (où le Roi a toujours raison, et où les femmes ne servent que de faire-valoir aux hommes) mais même une fois à la surface, elle n'évolue pas, elle reste dans ce mode de pensée archaïque. Elle est passive et agit comme un toutou envers le bellâtre de service, qui se révèle être un parfait goujat. D'ailleurs, est-ce moi ou bien tous les hommes de ce roman sont des monstres irrécupérables ? Bon, il y a peut-être un mec dans le tas qui est moins mauvais, mais il est tellement secondaire qu'on l'oublie... Même le Roi reste infect jusqu'à la dernière page, il n'y a aucune évolution, aucun conflit. Je ne pense pas que dépeindre un monde de façon aussi tranchée ("les hommes sont mauvais, les femmes ne font que subir") soit très féministe...

Quant à l'histoire, ne vous attendez pas à beaucoup de surprises, surtout si vous connaissez le conte original. Le fil rouge est le même, l'habillage est un peu différent. C'est dommage, car par exemple les Chroniques Lunaires ont été plus loin dans la réécriture. Ici, c'est essentiellement le conte, transposé dans une époque relativement moderne, avec une société au mode de pensée archaïque en plus. Je me suis clairement ennuyé car je m'attendais à sortir des sentiers battus.

Et c'est dommage, car l'autrice avait des idées et ça se sent. Le royaumes du peuple des mers n'est pas assez développé, il y avait matière à raconter quelque chose, quitte à sortir du canevas du conte original. Je m'y suis plus intéressé qu'au monde de la surface, assez insipide en comparaison.

En bref, une vraie déception. Ne lisez pas ce livre en vous attendant à quelque chose de féministe, ce n'est absolument pas le cas. Il sera idéal si vous ne connaissez pas le conte, ou si vous voulez juste lire une version moderne de celui-ci. Pour les autres, vous risquez de vous ennuyer.

vendredi 22 juin 2018

Il est grand temps de rallumer les étoiles

Autrice : Virginie Grimaldi
Editeur : Fayard
Parution : 2 mai 2018
Pages : 396
      
Résumé :
      
Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée. À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour. Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire. Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.
        
Mon avis :
    
J'ai toujours entendu beaucoup de bien sur les livres de Virginie Grimaldi, et celui-ci ne fait pas exception. Son résumé m'a beaucoup intrigué, j'aime bien les histoires de personnes qui lâchent tout et partent en road-trip pour se retrouver, respirer un grand coup. Quelquefois, je me plais à m'imaginer faire de même, découvrir de nouveaux horizons, prendre le temps de vivre l'espace d'un voyage. Mais j'aime bien aussi le vivre au travers d'une fiction.

La force de ce récit tient à ses personnages.

Nous avons d'abord Anna, mère de Chloé et de Lily, qui travaille énormément pour subvenir aux besoins de sa famille, mais qui est surendettée et au bout du rouleau. Elle a peur de voir grandir ses filles et tient à vivre le plus de moments possibles avec ses enfants, elle qui n'a pas eu l'occasion de connaitre sa mère très longtemps, emportée par la mort. Séparée du père de ses filles pour une raison que l'on découvre petit à petit dans le roman, elle tente de faire face aux huissiers, jusqu'au jour où son patron lui annonce qu'il veut se séparer d'elle. A bout, elle décide d'emmener ses filles en Scandinavie en camping-car...

Vient ensuite Chloé, âgée de 17 ans et en pleine crise d'adolescence. Elle désire trouver un garçon qui va l'aimer, lui donner de l'affection, quitte à leur offrir ce qu'ils demandent, comme des photos (trop) intimes. Elle ne comprend pas qu'on puisse aimer sans donner et fait tout pour se faire remarquer par Kevin, le petit boulanger qui ne semble pas indifférent à son charme. La jeune fille est également prête à sacrifier ses rêves (notamment d'aller en Australie) pour aider sa famille... Elle s'exprime sur un blog, de façon anonyme, et c'est en partie à travers ses posts que nous découvrirons son point de vue.

Et puis nous avons la petite Lily, âgée de 12 ans, qui choisit de s'exprimer en remplissant un journal intime. Malgré son jeune âge, elle n'a pas non plus une vie facile, harcelée à l'école par quelques autres élèves qui ne comprennent pas sa différence. Ses mots sont remplis de l'innocence d'une petite fille de son âge, mélangeant souvent les expressions et portant sur le monde un regard pur mais parfois cynique.

Le voyage de nos héroïnes est tout aussi intéressant, les paysages décrits m'ont fait rêver plus d'une fois, et leurs rencontres se révèlent magnifiques et touchantes. Elles feront un bout de chemin avec d'autres âmes fêlées, parfois brisées par la vie, qui cherchent également à se ressourcer au fil des kilomètres.

J'ai été fortement touché par le lien qui lie nos trois personnages principaux. Car malgré les disputes, les désaccords et les accidents sur la route de la vie, elles savent se relever, chacune à sa façon, se remettre en question et rester soudées, telle une vraie famille. Elles évoluent et grandissent devant nos yeux, nous font vivre leur aventure à travers leur point de vue, nous font rire et pleurer, parfois les deux à la fois, et elles font fondre notre cœur.

Véritable roman feel good, Il est grand temps de rallumer les étoiles est une merveilleuse aventure humaine, un road-trip dépaysant rempli d'émotions, difficile à lâcher. C'est un magnifique coup de cœur qui a réussi à faire briller les étoiles de ma vie.


mardi 19 juin 2018

Click & love

Auteur : Cyril Massarotto
Editeur : Editions XO
Parution : 3 mai 2018
Pages : 352
      
Résumé :
      
Un click, un love. Une seule chance de trouver l’amour… Julie est une jeune Parisienne de 30 ans. Elle ne croit plus en l’amour et doit faire des ménages pour gagner sa vie. Paul, lui, a 40 ans. il est chirurgien, vit à Londres et ne se console pas de la mort de sa femme. Leurs trajectoires n’auraient jamais dû se croiser… Et pourtant, une application très particulière, Click & Love, va progressivement les rapprocher. Et jouer avec leurs nerfs. Alors que, message après message, leur désir de se rencontrer devient brûlant, Click & Love censure toutes les informations qui leur permettraient de se donner rendez-vous. Une torture. Et cette question : que cherche la main invisible qui se cache derrière l’écran ? Julie et Paul, des deux côtés de la Manche, vont tout tenter pour piéger la machine. Mais alors qu’enfin ils réussissent à se voir « en vrai », quelque chose d’inexplicable se produit, qui bouleversera leur vie… Avec humour et délicatesse, Cyril Massarotto explore nos cœurs et nos tourments à l’heure des textos, des applis et des sites de rencontre.
        
Mon avis :
    
L'année dernière, j'ai eu l'occasion de découvrir la plume de Cyril Massarotto avec son roman "Quelqu'un a qui parler" que j'avais beaucoup aimé, et c'est tout naturellement que je me suis penché sur son nouvel ouvrage.

Nous sommes ici en présence d'une histoire d'amour entre Julie, Parisienne trentenaire et femme de ménage, et Paul, quarantenaire et chirurgien vivant à Londres. Celui-ci ne parvient pas à oublier sa défunte femme et se refuse de tomber de nouveau amoureux. Un jour, nos deux protagonistes vont se voir offrir l'opportunité de tester en avant-première une nouvelle application de rencontres, Click & Love, un programme poussé qui promet de trouver l'âme soeur de ses utilisateurs. D'abord réticents, nos deux célibataires vont l'utiliser et apprendre à se connaitre. Mais lorsqu'ils se rencontrent enfin en vrai...

Hé bien je ne vous dirai pas ce qu'il se passe ! Mais croyez-moi, je me suis posé mille questions ! Je dois dire que l'auteur a fait fort, je n'ai rien vu venir, j'ai été surpris, agréablement et j'ai dévoré la seconde moitié avec cette furieuse envie de connaitre le fin mot de l'histoire. Cyril a réussi à me tenir en haleine (et a troubler mon sommeil !) avec son histoire et je lui tire mon chapeau. Ne vous attendez pas à une romance classique comme on en a vu partout ailleurs. 

Julie et Paul ont aussi participé à mon immersion dans ce roman. Je les ai trouvés très attachants et humains. Julie, pour son coté terre à terre, sa bonne humeur et ses doutes. Paul, que le passé ne cesse de hanter, qui se révèle tout au long de cette aventure et qui ne peut que charmer. Leur rencontre virtuelle est entrainante et pleine de rebondissement, d'autant qu'elle est, au début, assez limitée par le règlement de l'application. Chacun se dévoile petit à petit, c'est un plaisir d'assister à la naissance de cette idylle.

Drôle, touchant et frais, Click & Love part sur un scénario assez classique pour ensuite surprendre ses lecteurs et les emporter dans un tourbillon de questions. Une fois terminé, on ne peut qu'applaudir l'auteur, qui a réussi à nous déconcerter pendant une bonne partie de son livre. Bravo.

jeudi 14 juin 2018

Mémé dans les orties

Autrice : Aurélie Valognes
Editeur : Le livre de poche
Parution : 9 mars 2016
Pages : 252
      
Résumé :
      
Ferdinand Brun est atypique.
Le genre de vieux monsieur qui boude la vie et s’ennuie à (ne pas) mourir.
Tel un parasite, il occupe ses journées en planifiant les pires coups possibles qui pourraient nuire et agacer son voisinage.
Il suffit d’un nœud qui se relâche et laisse partir son seul compagnon de vie, Daisy sa chienne, pour que tout s’écroule.
Quand Juliette, une fillette de dix ans, et Béatrice, la plus geek des grands-mères, forcent littéralement sa porte pour entrer dans sa vie, Ferdinand va être contraint de se métamorphoser et de sortir de sa chrysalide, découvrant qu’il n’est jamais trop tard pour commencer à vivre…
        
Mon avis :

Ces derniers temps, j'avais envie d'un livre feel good, vous savez, ces livres qui vous font du bien en les lisant, je voulais une histoire positive avec une touche d'humour. C'est alors que je me suis rappelé que j'avais ce livre-ci dans ma bibliothèque depuis un bon moment. Allais-je y trouver ce que je cherchais ?

Ferdinand Brun est un vieillard grincheux, grognon et parfois, disons-le carrément, méchant. Vivant seul avec sa chienne Daisy depuis que sa femme est partie avec le facteur, il mène la vie dure à son entourage, à commencer par les autres habitants de son immeuble. D'ailleurs, la concierge, appuyée par la fille de Ferdinand, va faire planer la menace de la maison de retraite au-dessus de sa tête, s'il ne se reprend pas un peu ! C'est alors que, par un malencontreux accident, Daisy est tuée, faisant s'écrouler le petit monde de Ferdinand. Peu après, il fera la connaissance de Juliette, petite fille espiègle qui réussira, de force, à entrer dans la ville du ronchon vieillard, et qui sait, à l'aider ne fut-ce qu'un petit peu ?...

Oui, j'ai trouvé ce que je cherchais. J'ai passé un bon moment de lecture, je me suis amusé, j'ai ri quelques fois. Ferdinand est désagréable au possible, mais apparaît de plus en plus sympathique au fil du récit. Cette sympathie naissante est aidée par la plume d'Aurélie, que je qualifierai d'impertinente, avec parfois un humour noir très bien dosé. Certaines tournures de phrases m'ont beaucoup fait sourire et ont largement contribué à ce plaisir durant la lecture. Les situations vécues par Ferdinand et sa clique sont rocambolesques au possible, parfois tordues, parfois tirées par les cheveux, mais on se prend facilement au jeu et on tourne les pages avec joie. De plus, il se lit assez vite, quoi de mieux pour une petite pause de fraîcheur ? En tout cas, je lirai les autres livres d'Aurélie Valognes avec plaisir.

Mémé dans les orties est une lecture simple, qui nous fait passer un agréable moment de lecture. A lire si vous voulez souffler un peu entre deux lectures plus conséquentes.

vendredi 8 juin 2018

A la lumière du petit matin

Autrice : Agnès Martin-Lugand
Editeur : Michel Lafon
Parution : 31 mars 2018
Pages : 331
      
Résumé :
      
À l'approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l'âme qu'elle refuse d'affronter. Jusqu'au jour où le destin la fait trébucher... Mais ce coup du sort n'est-il pas l'occasion de raviver la flamme intérieure qu'elle avait laissée s'éteindre ?



Mon avis :

Depuis que j'ai découvert ses livres, j'attends chaque roman d'Agnès Martin-Lugand avec une grande impatience, et le laps de temps entre deux sorties me semble tellement long. Oh, je pourrais faire durer et retarder ma lecture, mais c'est sans compter sur mon impatience...

Hortense est professeur de danse à Paris. Bientôt quarantenaire, elle est heureuse de son train de vie, ou semble-t-elle le croire. Ses parents sont décédés depuis quatre ans, elle a donc hérité de leur grande maison provençale, la Bastide, où elle se rend de temps en temps. Dans son quotidien, elle se dépense sans compter pour les cours de danse et ses élèves, et elle entretient une liaison amoureuse avec Aymeric, un homme marié. Une liaison assez contraignante, qui l'empêche de s'épanouir. Juste deux soirs par semaine, impossible de l'appeler ni de passer la moindre nuit dans ses bras... C'est suite à une vilaine entorse que notre héroïne va se réfugier dans la maison parentale et y entreprendre quelques travaux et en faire une maison d'hôtes. Sa liaison amoureuse pourrait en pâtir, mais n'est-il pas temps que la vie d'Hortense évolue ?

Le personnage d'Hortense n'a pas manqué de me toucher. Sa situation, son mal-être grandissant et son envie d'évoluer ont fait mouche, je me suis attaché à elle. Mais c'est lorsqu'elle est retournée à la Bastide pour en faire une maison d'hôte que le personnage s'est révélé, s'est ouvert, s'est épanoui. J'avais envie d'être à ses cotés, de l'encourager, de l'aider, de l'écouter. Et j'étais heureux de la voir bien entourée par ses amis parisiens d'abord, Bertille et Sandro, mais aussi ses amis de la campagne, Cathie et Mathieu, aussi adorables l'un que l'autre. Une vraie petite famille dont il se dégageait une véritable chaleur humaine, qui manque bien souvent dans ce monde. Et puis est arrivé l'énigmatique Elias, et je ne peux pas en dire de trop car c'est un personnage qu'il faut découvrir sans trop en savoir d'avance. Mais sachez qu'il n'est pas en reste et se révèle extrêmement touchant lui aussi. Il aura su me tenir en haleine jusqu'à la dernière ligne...

J'ai tellement envie de complimenter la plume de l'autrice, mais je crains de me répéter, voire de ne pas trouver les mots justes. Agnès sait choisir ses mots et le rythme de ses histoires est quasiment parfait. Elle parvient toujours à me captiver, m'entrainer dans les aventures de ses personnages et à me faire ressentir mille sentiments au cours de ma lecture. 

Agnès a ce don si particulier pour nous conter de magnifiques histoires de femmes, des destins parfois brisés mais dans lesquels brille toujours une petite lumière d'espoir. Et celle lumière devient de plus en plus forte au fil des pages, jusqu'à nous éclairer, lectrices et lecteurs, et nous éblouir, pour que nous ressortions le sourire aux lèvres et le coeur plein de douceur. A la lumière du petit matin est une lecture magnifique que je ne peux que recommander !


mercredi 6 juin 2018

Les héritiers, tome 4 : Le prince déchu

Autrice : Erin Watt & Elle Kennedy
Editeur : Hugo & Cie (New Romance)
Parution : 5 avril 2018
Pages : 432
 
Résumé :
 
Easton Royal a tout pour lui : la beauté physique, l'argent, l'intelligence. Son but dans la vie, c'est de s'amuser autant que possible. Il ne pense jamais aux conséquences de ses actes.

Mais quand Hartley Wright fait son apparition, elle bouscule la vie tranquille d'Easton. Malgré le fait qu'elle soit très attirée par Easton, elle est celle qui lui dira non. Easton ne la comprend pas et, forcément, il n'en est que plus attiré.

Hartley veut qu'il grandisse et, en attendant elle ne veut pas de lui.

Elle a probablement raison. Rivalité. Règles. Regrets. Pour la première fois dans la vie d'Easton, être un Royal ne suffit pas. Il est sur le point d'apprendre que plus on part de haut, plus dur est la chute.

 

Mon avis :

Attention, ne lisez cette chronique que si vous avez lu les trois premeirs tomes de la saga "Les Héritiers" car il y aura des spoilers !

Après un tome 3 un peu décevant, j'étais curieux de lire la suite qui se centre cette fois sur Easton, l'un des fils Royal, la pile électrique de la fratrie. Habitué à vivre à cent à l'heure, Easton ne compte plus les bêtises, et après avoir été surpris en plein acte sexuel avec une de ses enseignantes par la nouvelle élève, Hartley Wright, il se donne pour mission de la séduire pour qu'elle ne cafte pas. Mais, grande première pour lui, Hartley n'est pas une fille facile et elle refuse ses avances, ne voulant même pas le fréquenter à cause de sa propension à s'attirer des ennuis. Plus borné que jamais, Easton décide de lui coller aux basques et s'il ne peut l'avoir dans son lit, il pourrait au moins s'en faire une amie, d'autant que la jeune fille n'aime pas beaucoup évoquer son passé...

Je ne vais pas le cacher, je suis déçu par ce tome. En fait, je m'étais fait une image d'Easton qui ne correspond pas du tout à ce qui m'a été présenté ici. J'ai trouvé Easton tellement immature, égoïste et imbu de lui-même (et très agaçant avec ses "Je suis Easton Royal"... mec, on sait qui tu es !), complètement irresponsable et ne pensant qu'avec son entre-jambes et le fric de son père, j'avais envie de le baffer et d'arrêter ma lecture. On aurait dit une caricature du personnage, ses traits principaux poussés au maximum. Je comprends que les autrices ont voulu montrer une sorte de progression chez lui... mais je trouve que ça ne marche pas car j'avais l'impression de voir un Easton différent, qui aurait régressé depuis le tome précédent.

Les autres personnages sont assez survolés. Reed est absent, Ella ne fait que passer dans certaines scènes, le reste fait de la figuration. L'histoire est longue et un poil répétitive : Easton progresse avec Hartley, Easton gaffe, Hartley se détache de lui, il se fait pardonner/il revient, et bis repetita. Et suis-je le seul qui aurait préféré qu'il n'y ait pas de romance entre lui et Hartley ? Fallait-il vraiment qu'il sorte avec elle ? Ne pouvait-elle pas juste être sa nouvelle amie, un soutien pour lui, pour l'aider à reprendre sa vie en main sans passer par la case romance ? 

J'ai vraiment hésité à continuer la série. Vu qu'il ne reste qu'un tome, et qu'en plus ce tome 4 se termine sur un vilain cliffhanger, je pense que je prendrai le tome 5, pour avoir le fin mot de la saga Royal. Mais j'attendais vraiment plus de cette série. Les deux premiers tomes partaient vraiment bien, le troisième se tenait, mais ici, ça ne l'a pas fait avec moi.