vendredi 19 octobre 2018

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie

Autrice : Virginie Grimaldi
Editeur : Le livre de poche
Parution : 2 mai 2018
Pages : 416
      
Résumé :
      
Pauline, quittée par son mari Ben, se retrouve obligée de vivre chez ses parents avec son fils de quatre ans. D'abord abattue, elle décide de ranimer ce qui avait fait tenir sa relation avec Ben jusque là. En lui envoyant, chaque jour, le souvenir d'une histoire liée à leur rencontre, elle tente de rappeler à Ben, qui l'a peut-être oublié, qu'ils se sont aimés.       
  
Mon avis :
    
Il y a des romans incroyables, qui font un effet fou et qui restent en tête un bon moment une fois terminé. Ces romans nous font passer par un millier d'émotions, du rire aux larmes en quelques phrases, mais dont on sort avec un sourire énorme, cette satisfaction du lecteur qui a lu quelque chose de magnifique. Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie fait partie de ces magnifiques ouvrages. Et j'ai bien peur de ne pas avoir les bons mots pour lui rendre justice.

C'est l'histoire de Pauline, quittée par son mari Ben et qui va vivre chez ses parents avec son fils Jules, âgé de quatre ans. La situation est difficile et Pauline sombre de plus en plus. Grâce, notamment, à l'aide d'un psychologue, elle va commencer à se relever, et va envoyer des courriers à Ben, relatant de beaux souvenirs de leur histoire, dans l'espoir de réveiller en lui la flamme de l'amour. Les circonstances vont aussi amener cette femme, cette mère, à partir en vacances avec sa famille. Loin d'être de tout repos, ces jours de repos vont lui permettre de réfléchir et faire face à des vérités, parfois tranchantes mais nécessaires.

Dit comme ça, l'histoire va vous paraître téléphonée, vue partout, et c'est vrai que j'y ai pensé. Mais Virginie parvient à secouer les clichés typiques et à surprendre ses lecteurs. J'ai plusieurs pensé que le scénario allait partir dans une direction, puis l'autrice en décide autrement et emmène ses personnages sur un autre chemin. Et moi, j'applaudis. 

Je ne suis pas mère, mais je peux dire que Virginie rend justice à toutes les mères du monde dans ce livre. Parce qu'avant d'être mère, elles sont des femmes et ont été des filles, et que chacune a son histoire qui l'a amenée là où elle est et influe sur sa manière de jouer son rôle. Mais elle nous parle aussi de ces gens blessés, brisés, qui peuvent vouloir tout contrôler afin de ne plus souffrir, mais il est bien aussi de savoir lâcher la pression. Souffler. profiter de la vie comme elle vient.

Sans jamais tomber dans la surenchère ou le pathos, Virginie nous emmène dans ce tourbillon d'émotions en toute simplicité, au travers de l'histoire de Pauline, ainsi qu'avec ses lettres à Ben, puis plus tard des lettres que Ben enverra à Pauline. Et c'est là que l'histoire se dévoile encore, se révèle et que nous comprenons encore mieux ce qu'a vécu ce couple et ce qui a conduit à ces fissures qui sont apparues avec le temps.

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie est une ode aux femmes et aux mères, ainsi qu'à la vie, racontée de façon magistrale par une autrice exceptionnelle. C'est un énorme coup de cœur.


jeudi 18 octobre 2018

Le chant de l'océan

Autrice : Erika Boyer
Editeur : Auto édition
Parution : 21 octobre 2018
Pages : 258
      
Résumé :
      
La relation de Stecy et Lucas souffre de leur passé respectif et si leurs sentiments les poussent irrémédiablement l’un vers l’autre, leurs vieux démons continuent de ronger le lien fragile qui les unit.

Sur le papier, leur couple n’a aucun avenir, mais en réalité, leur amour est une évidence et ils sont prêts à tout pour être ensemble.

Face à cet océan qu’ils chérissent tant, celui-là même qui rythme leur vie, ils feront tout leur possible pour être heureux ensemble. Mais cela sera-t-il suffisant ? Pourront-ils vaincre leurs ennemis en sachant que ces derniers se cachent à l’intérieur d’eux-mêmes ?
        
  
Mon avis :
    
Il y a peu, Erika Boyer a créé un comité de lecture, La constellation de la plume, dont j'ai la chance de faire partie, afin de partager en avant-première ses écrits (entre autre choses). J'ai donc pu lire en avance son dernier roman qui est un spin-off de "Le langage des fleurs" dont je vous ai parlé en janvier dernier.
Dans cette histoire, nous revenons à Lacanau (qui ne cesse de me faire rêver) en compagnie des personnages rencontrés dans le précédent ouvrage. Cette fois, Erika s'attarde sur la vie de Stecy et de Lucas, épris l'un de l'autre mais freinés par leur passé douloureux. Je sais, mon résumé est assez court, mais il serait malheureux de spoiler l'intrigue, et éventuellement le premier livre si vous ne l'avez pas encore lu (mais qu'attendez-vous ?).



Ce n'est plus un secret, depuis que j'ai découvert sa plume, je ne cesse d'être charmé par le talent d'Erika et ça se confirme de nouveau ici. En quelques pages, elle parvient à nous happer dans son univers et nous présente des personnages hautement humains, fissurés et blessés, mais qui trouvent le chemin vers cette petite étincelle qui fait briller l'espoir, voire simplement la vie. Les thèmes abordés sont intéressants et importants, comme la dépression. Un sujet qu'Erika ne traite pas avec légèreté ni condescendance, l'autrice a bien compris les dangers de cette maladie, qu'il ne faut pas sous-estimer et qui se mettra entre Stecy et Lucas et leurs tentatives d'entente. Un autre point que j'ai apprécié, c'est le traitement de l'antagoniste (que je vais éviter de spoiler), qui n'est pas dépeint comme unidimensionnel, juste méchant pour être méchant, mais tout aussi humain, avec ses propres cicatrices, et finalement pas aussi mauvais qu'on serait amené à le croire. Que ça fait du bien de voir ça ! J'ai vu un peu trop souvent ce schéma de l'antagoniste qui agit contre les héros "parce que et tais-toi !", qui est assez lassant.

Le chant de l'océan est une nouvelle réussite. Erika m'a de nouveau fait vibrer dans une romance magnifique et tellement humaine, dans un cadre enchanteur et une histoire prenante ! Moi, je dis juste "vivement son prochain roman !!".

vendredi 28 septembre 2018

Terre de Brume, tome 1 : Le Sanctuaire des dieux

Autrice :Cindy Van Wilder
Editeur : Rageot
Parution : 12 septembre 2018
Pages : 288
      
Résumé :
      
Depuis le Bouleversement, cataclysme qui a recouvert son monde d'une brume toxique en ne laissant que de rares survivants, Héra vit à Taho dans le Sanctuaire de Prêtres de l'eau, où elle apprend à maîtriser la magie pour devenir guerrière. 
Au cours d'une mission, elle rencontre Intissar, une Sœur de Feu capable de communiquer avec les esprits. Intissar a bravé sa propre communauté pour venir avertir les habitants de Taho d'un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de Brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, s'est levée... et frappe le Sanctuaire. Et elle frappera encore. Héra et Intissar s'allient afin d'empêcher leur monde de sombrer dans l'oubli.     
    
Mon avis :
    
L'arrivée d'un nouveau roman de Cindy Van Wilder me met toujours en joie, car depuis que j'ai découvert ses œuvres, je suis accro. Lorsqu'elle a commencé à parler de ce nouveau roman sur les réseaux sociaux, elle a réussi à piquer ma curiosité bien comme il le fallait. De la fantasy, des héroïnes, des pouvoirs liés aux éléments... l'attente fut longue.

Ce nouvel univers que nous propose Cindy est très intriguant : suite à un grand Bouleversement, le monde a changé. Recouvert d'une brume dangereuse, il s'est révélé de plus en plus inhospitalier pour ses habitants, qui ont été forcés de s'éloigner des terres anciennes. L'eau est devenue rare, le vent n'existe plus. Aussi, les gens sont capables de manipuler certains éléments. Nous débutons l'intrigue chez les Prêtres de l'eau parmi lesquels vit Hera, une jeune fille redoutable qui s’entraîne pour devenir guerrière. Elle rencontrera Intissar, une Soeur de Feu qui vient les avertir d'un danger conséquent qui approche. Cette menace va les frapper et entraînera nos deux héroïnes dans un périple palpitant.

Quel univers fascinant ! Si vous avez connu l'excellent dessin-animé Avatar : le dernier Maître de l'air, vous ne serez pas dépaysés. J'ai adoré découvrir les peuples du feu et de l'eau ainsi que leur mode de vie qui sont distincts les uns des autres. J'adorerais explorer davantage ces peuples d'ailleurs. Ce monde semble tellement riche, tellement fascinant, tellement mystérieux. Je ne doute pas un instant que Cindy va encore réussir à surprendre son lectorat et en dévoiler encore plus dans le prochain tome.

Une autre force de ce livre se trouve dans les personnages, notamment Hera et Intissar qui sont fantastiques. Déjà, ce sont des personnages de couleur, un point qui reste encore trop peu fréquent en littérature de nos jours. Qu'est-ce que ça fait du bien de voir de la diversité. Et puis, chacune est intéressante a sa manière, mais surtout elles s'éloignent des clichés du genre. En effet, on associe souvent aux personnages liés au feu un tempérament nerveux et impatient, et un caractère plus posé aux personnages liés à l'eau. Pour résumer, disons qu'ici c'est l'inverse, ce qui apporte un peu de fraîcheur. Bien entendu, elles sont plus que ça, mais je vous laisse la surprise de les découvrir par vous-même. Perso, j'ai eu plus d'affinité avec Intissar, que je me suis amusé à dessiner.

Par contre, je me permets ceci : Cindy, ce cliffhanger !! Tu es cruelle, là. C'est bien joué, mais... aaaaargh !

Entre amitié, univers extraordinaire et dangers, Cindy nous emporte à nouveau dans une histoire merveilleuse, dont il me tarde déjà d'avoir la suite. Le prochain tome devrait être le dernier, mais j'espère que ce ne sera pas la dernière fois que nous verrons le monde de Mirar.





mardi 4 septembre 2018

Un chat des rues nommé Bob

Auteur : James Bowen
Editeur : Pocket Editions
Parution : 28 mai 2014
Pages : 245
      
Résumé :
      
James Bowen est un ancien drogué. Élevé en Australie par une mère aimante mais dépassée, James s'était réfugié dans la drogue et va de rémission en rechute, souvent accompagné par son amie Belle. Quand l'un s'en sort, l'autre replonge. Mais il s'accroche une dernière fois à la vie et décide sur un coup de tête de s'installer en Angleterre pour réaliser son ultime rêve : jouer dans un groupe. Hélas, de groupe il ne rencontre que ceux des SDF : James fait la manche dans la rue.
Un jour, sur le palier de son minuscule studio en banlieue de Londres, il tombe sur un chat qui s'est battu, gravement blessé. James décide de le faire soigner et laisse une fortune au vétérinaire mais une seule chose compte : Bob semble tiré d affaire. À Covent Garden, James emmène son nouveau compagnon félin, qui devient bientôt une attraction partout où il chante. Mais leur duo ne pourra pas continuer : James est arrêté par la police. On lui reproche d avoir agressé verbalement un contrôleur dans le métro. Le seul point de repère de James lorsqu'il sort de prison, c'est son chat. James tente de se reconnecter socialement, il reprend contact avec sa mère en Australie. Vendeur de journaux à la criée devant les sorties de métro, il remporte un succès fou, surtout parmi les filles, qui s arrêtent pour caresser Bob et acheter un journal. Et c'est la célébrité qui attend ce beau matou, filmé par tous les touristes qui traversent Piccadilly, star de You tube. 
Plus que tout, c'est le récit d'une véritable amitié que James nous livre ici.
        
Mon avis :
    
Mieux vaut tard que jamais, comme dirait l'autre. En effet, j'ai acheté ce livre il y a maintenant trois ans, et c'est en choisissant une pile de livre "poche" à lire que je suis retombé dessus. 

Nous suivons donc le quotidien de James Bowen, qui vit à Londres dans un petit appartement. James n'a pas eu parcours facile : ancien drogué, il n'a pas pris, comme il le dit, les meilleures décisions de sa vie et se retrouve fauché, à faire la manche dans la rue, équipé de sa guitare et d'un solide répertoire de chansons. C'est sur son palier qu'il fera la rencontre qui va changer sa vie : un chat roux, blessé, qui ne semble pas le craindre. Une fois le félin tiré d'affaire, et encore moins riche qu'avant, James décide d'emmener son nouvel ami avec lui dans la rue lors de ses sorties pour gagner de quoi subsister. A sa grande surprise, le chat, qu'il a nommé Bob, rencontre un certain succès qui amène un peu plus de "clients" que d'habitude. Mais qui dit succès, dit jalousie, et notre duo en fera les frais...

Ce roman, qui tient plutôt du témoignage, m'a beaucoup touché. L'histoire de James, qui se dévoile tout au long du récit, ne laisse pas indifférent et nous offre un nouveau regard sur la situation des gens en situation précaire. Il nous fait entrer dans son monde, rempli d'embûches et de dangers, mais aussi, quelque part, d'espoir. Il ne faut pas oublier que bien souvent, c'est tout ce qu'il reste à ces gens qui, parfois, touchent le fond, mais qu'on peut toujours trouver une voie qui permet de remonter la pente et voir la lumière au bout du tunnel. Et il faut reconnaître que James a beaucoup de force de caractère, il aurait pu se laisser aller mais il décide de se battre pour lui mais aussi pour son compagnon à quatre pattes.

Et puis, il y a Bob. Ce chat ne parle (évidemment) pas, mais à travers les descriptions qu'en donne James, il en ressort plein de personnalité. Je suis un "monsieur chat", j'en ai deux à la maison (dont un roux) et fatalement, cette histoire m'a beaucoup parlé. Qu'il s'agisse des moments d'inquiétude quand ce petit être n'est pas bien ou lorsqu'il nous fait rire par son caractère bien à lui, Bob ne peut que plaire. La complicité qui se contruit entre James et lui est magnifique.

J'ignorais cependant tout de l'existence de ce duo. C'est parce qu'il est mentionné dans le livre qu'ils ont été filmés et que les vidéos sont sur Youtube que j'ai enfin pu mettre un visage sur le personnage de James. Je vous invite d'ailleurs à aller voir ces vidéos.


Bob a su marquer bien des esprits et je suis ravi d'avoir fait sa connaissance au travers de cette belle histoire. Une complicité touchante entre un homme qui revient de loin et un chat mystérieux doté d'une grande intelligence. 

dimanche 12 août 2018

Le vrai st@tut de ma vie

Autrices : Liz Fenton & Lisa Steinke
Editeur : Pocket Editions
Parution : 21 juin 2018
Pages : 352
      
Résumé :
      
Quand Facebook vous offre soudain la chance de transformer vos rêves en réalité, la tentation est grande de réécrire sa vie. Mais lutter contre le cours des choses peut s'avérer... périlleux ! Kate, 35 ans, est totalement accro aux réseaux sociaux. Aussi, quand son fiancé décide de mettre un terme à leur romance, la veille de leur mariage, c'est tout naturellement qu'elle partage son désespoir sur Facebook. Un phénomène étrange se produit dans les jours qui suivent : sa vie réelle devient le parfait reflet de ses statuts Facebook. En pianotant sur son clavier ou son Smartphone, elle peut ainsi, comme par magie, changer son destin ou celui de ses deux meilleurs amis, Julia et Liam, les seuls à connaître son surprenant pouvoir, et surtout à y croire ! Dès lors, Kate s'évertue à remonter le temps pour réécrire son histoire d'amour avec Max et éviter à tout prix qu'il ne la quitte. Malheureusement, ses tentatives pour améliorer les choses ne se déroulent pas toujours comme prévu et la situation ne fait qu'empirer. Mauvaises manœuvres, réactions inattendues, dommages collatéraux... changer le destin ne s'avère pas si simple ! Finalement, Kate n'aurait-elle pas intérêt à se déconnecter et à laisser la vie suivre son cours ? Un style... addictif ! Le pouvoir de Kate permet de nombreux rebondissements et renversements de situations qui rythment le récit tout en lui donnant cette touche d'humour propre à la chicklit. Les dialogues piquants participent de ce ton direct et savoureux qui sait aussi se faire tendre et émouvant.
        
Mon avis :
    
Ces derniers jours, j'ai une petite période "livres contemporains" au format poche, je ne saurais l'expliquer mais j'ai envie de lire des histoires ancrées dans notre époque, avec ou non une petite touche de fantastique. Et quand je suis passé en librairie la semaine dernière, je suis tombé sur celui-ci, qui semblait correspondre à ce que je recherchais.

Kate et Max sont sur le point de se marier. Mais la veille de cet heureux événement, Max décide de tout arrêter et de quitter Kate. Coup dur pour elle, qui voit tous ses plans de vie s'effondrer. Pour ajouter du sel sur la blessure, elle apprend que son ex-futur mari a des vues sur son amie et collègue Courtney. Au comble du désespoir, Kate ne peut plus compter que sur le réconfort de ses amis Liam et Julia. Accro aux réseaux sociaux, et surtout à Facebook, Kate poste un statut où elle émet le souhait de revenir en arrière d'un mois. A son réveil, elle réalise que son voeu s'est réalisé. Une chance de tout rattraper avec Max s'offre à elle, mais cela suffira-t-il à tout régler ? 

Le message de ce livre est clair et net. Au travers de Kate, accro à Facebook et qui y poste tout ce qui lui arrive ou presque, les autrices nous montrent qu'il y a une différence, parfois majeure, entre ces statuts et la réalité. Derrière un statut ou une photo idyllique se cache souvent une réalité tout autre, souvent sans toutes les paillettes que l'on y affiche.

L'amour prend également une grande place dans cette histoire. Au-delà du couple de Kate et Max, il y a celui de Julia et son mari Ben, qui se voit fragilisé par les nombreuses absences professionnelles de ce dernier. Apparait aussi celui formé suite à un voeu de Kate, entre Liam et la star du moment, Nikki Day, qui risque de faire éclater au grand jour une vérité cachée... Chaque exemple d'amour, représenté par ces couples, montre que derrière une apparence parfois parfaite se cachent fissures et larmes.

Peut-on modifier le destin ? Et si oui, quelles en seront les conséquences ? Avoir à sa disposition le pouvoir de formuler des souhaits, c'est très bien, mais quelles sont les limites et les risques pour soi et pour notre entourage ? Nos deux autrices soulèvent ces questions importantes derrière une histoire légère en apparence.

Le vrai st@tut de ma vie nous fait passer un bon moment de lecture et nous fait quelque peu réfléchir quant à l'importance que nous donnons aux réseaux sociaux et à l'image que nous renvoyons. Et vous, que feriez-vous si vous pouviez voir exaucer vos souhaits grâce à un statut Facebook ?

mercredi 8 août 2018

Le Premier Jour du reste de ma vie

Autrice : Virginie Grimaldi
Editeur : Le livre de poche
Parution : 4 mai 2016
Pages : 330
      
Résumé :
      
Marie a tout préparé pour l’anniversaire de son mari : gâteaux, invités, décoration de l’appartement... Tout, y compris une surprise : à quarante ans, elle a décidé de le quitter. Marie a pris « un aller simple pour ailleurs ». Pour elle, c’est maintenant que tout commence. Vivre, enfin. Elle a donc réservé un billet sur un bateau de croisière qui fait le tour du monde. À bord, Marie rencontre deux femmes qui, elles aussi, sont à la croisée des chemins. Au fil de leurs aventures, parfois loufoques, elles pleurent et rient ensemble, à la reconquête du bonheur. Leurs vies à toutes les trois vont être transformées par ce voyage au bout du monde… Tout quitter pour tout recommencer : une comédie tendre et savoureuse !
        
Mon avis :
    
Salut, les pandas. Il y a quelques semaines, j'étais conquis par la plume de Virginie Grimaldi et je ne voulais pas en rester là. Coup de chance ou autrice talentueuse ? Ma réponse ne sera pas difficile à deviner !

Malheureuse dans son quotidien, très terne et avec un mari infidèle et imbuvable, Marie décide de le quitter le jour de ses quarante ans pour partir dans une croisière de trois mois autour du monde en solitaire, croisière où l'une des règles stipule qu'aucun couple ne peut se former. Une fois à bord, elle rencontrera deux femmes qui changeront sa vie...

Je n'en dis pas trop dans mon résumé car il faut vraiment entrer dans cette petite aventure en en sachant le moins possible. Mais je peux dire que ce roman a encore une fois fonctionné sur moi, je l'ai dévoré en deux jours ! C'est un livre feel good, plein d'espoir et de positif, on en ressort avec le sourire et une chaleur au cœur. Et si vous aimez les chansons de Jean-Jacques Goldman, ce livre est fait pour vous car parsemé de textes de chansons de cet artiste !

L'évolution des personnages est tout à fait remarquable, nos trois héroïnes se révèlent de plus en plus attachantes, aussi différentes les unes des autres qu'elles soient. Chacune apporte sa pierre à l'édifice et à la fin, j'étais assez triste de les quitter.

Virginie Grimaldi m'a encore conquis, sa plume est si douce, si belle, naturelle et dynamique. Elle réussit à rendre ses personnages réels à nos yeux et l'amitié entre ces femmes en ressort tellement magnifique. 

Le roman parfait pour s'évader cet été, qui nous fait voir du paysage tout en suivant l'histoire de trois femmes extraordinaires qui cherchent à se retrouver et à se reconstruire. Je ne manquerai pas de lire les autres livres de Virginie en tout cas !

dimanche 5 août 2018

Tout en nuances, tome 1 : Hyacinthe

Autrice : Erika Boyer
Editeur : Auto édité
Parution : 8 avril 2018
Pages : 271
      
Résumé :
      
Hyacinthe ne supporte pas de voir son reflet dans le miroir. Il vit loin de tout, isolé, reclus ; il se cache du regard des autres et consacre son existence à son art. Il n’entretient même plus l’espoir d’être un jour aimé.

Pourtant, quand Elea entre dans sa vie, il ne peut s’empêcher d’aspirer au bonheur. Ses regards sont des caresses, ses gestes des mots doux et l’artiste en vient à croire qu’il pourrait avoir un avenir différent de celui qu’il s’était toujours imaginé.

Peut-il être homme et non plus abomination à travers les yeux de cette femme ? Mieux, peut-il l’être à travers ses propres yeux ?

- Inspirés des plus grandes divinités gréco-romaines, les personnages de la saga Tout en nuances vous emmèneront dans un univers où la diversité est le maître-mot. -

        
Mon avis :
    
Salut, les pandas. Je vous retrouve aujourd'hui pour vous parler du quatrième roman d'Erika Boyer. Si vous ne le savez pas, Erika est une autrice que j'apprécie beaucoup, autant par rapport à son travail mais aussi à la personne elle-même, et c'est avec une certaine impatience que j'attendais son prochain ouvrage.

Hyacinthe est un homme aux nombreuses cicatrices, dont une qui le défigure, l'affectant fortement, l'amenant à se considérer comme un monstre et à fuir le moindre miroir. De ce fait, il s'est isolé pour mieux pratiquer son art, son métier, créateur de bijoux renommé, et n'accepte que la visite d'une paire d'amis. Il rend également visite à ses mères adoptives, un couple tout aussi charmant que complémentaire. La seule présence constante en sa demeure est celle de son chien, Légende, un teckel bâtard doté d'une prothèse et qui a, lui aussi, un passé chargé (et qui m'a presque fait pleurer, le bougre !). Cette vie convient à cet acharné de travail, qui peine un peu à compléter ses commandes. Son amie Alexa lui envoie donc Eléa pour le seconder, malgré ses réticences. Cette jeune femme saura-t-elle passer outre les apparences et rendre à cet homme le goût de la vie ?

Erika démontre dans ce roman son talent à parler des gens blessés par la vie, ces gens loin d'être parfaits, abimés, fragilisés avec une justesse incroyable. J'ai été fortement touché par Hyacinthe et son histoire, mais aussi son rejet de sa propre image et son envie de s'isoler de tout le monde. Eléa m'a beaucoup plu également, je l'ai trouvée positive et pleine de vie, elle symbolise si bien le vent, qui vient apporter un peu de fraicheur dans le monde enflammé de Hyacinthe.

Vous vous en doutez, la relation qui va naître ne se limitera pas qu'au travail et commence alors une fort jolie romance. Mais résistera-t-elle aux barrières érigées par Hyacinthe ? Eléa parviendra-t-elle à illuminer sa vie ? 

Cette histoire aborde quelques thèmes, notamment au travers de ses personnages secondaires, mais l'un de ces thèmes m'a intéressé et je trouve qu'on ne le voit pas assez en littérature contemporaine : l'amour qui passe au-delà de la beauté physique. On voit souvent des romances entre des personnages tout beaux tout propres, des idéaux parfois irréels, qui n'ont que des défauts sommaires, et même si ça permet de faire rêver, au bout d'un moment ça devient répétitif. Ce roman offre enfin ce petit soupçon d'originalité que j'aime trouver dans un livre et qui le sublime, à mes yeux. Ajoutez à ça la plume exceptionnelle d'Erika et vous avez là une excellente lecture.

Hyacinthe est le premier tome d'une série, qui reviendra sur d'autres personnages qui sont apparus dans ce livre. J'avoue que j'aimerais en savoir plus sur les mères adoptives de Hyacinthe. En tout cas, je suivrai la série avec plaisir et j'ai déjà hâte d'avoir entre les mains le prochain ouvrage d'Erika. 

jeudi 2 août 2018

Ma vie, mon ex et autres calamités

Autrice : Marie Vareille
Editeur : France Loisirs (Piment)
Parution : 2015
Pages : 286
      
Résumé :
      
Juliette a un amoureux, un job, un appartement et trente-et-une paires de chaussures. Mais toutes les bonnes choses ont une fin : du jour au lendemain elle se retrouve célibataire, chômeuse et sans logement ! Elle déprime pendant des jours devant Gossip Girl en engloutissant des kilos de Chococookies. Jusqu’à ce qu’une série de quiproquos rocambolesques la contraigne à affronter sa plus grande terreur, l’avion, et à s’envoler pour les Maldives à la poursuite de son ex et de sa mystérieuse nouvelle copine. Évidemment, là non plus, les choses ne tournent pas comme elle l’avait imaginé. Elle rencontre notamment un jeune homme, certes très beau, mais aussi très désagréable… Une comédie romantique pétillante et drôle avec une délicieuse french touch !
        
Mon avis :
     

Ayant déjà lu une bonne partie des ouvrages de Marie Vareille, je me suis jeté les yeux fermés sur ce livre, avec l'envie de lire une histoire dépaysante, légère et amusante. Spoiler : j'y ai trouvé mon compte, et plus encore !

L'histoire nous fait découvrir Juliette, qui jusqu'ici n'avait pas de gros problème dans sa vie : un petit copain, Nicolas, qui travaille sur sa thèse en philosophie depuis un certain temps et avec qui elle partage un appartement ; ses amies Caroline et l'excentrique Chiara ; et son job, assez banal et qui lui plait moyennement mais qui paie les factures... jusqu'au jour où, suite à une gaffe, elle se fait renvoyer sans ménagement, causant ainsi la perte de son appartement, sans compter son célibat, Nicolas ayant quitté le navire alors qu'il coulait. Heureusement que Chiara décide de la prendre sous son aile. Un quiproquo plus tard et voilà Juliette, obligée d'embarquer pour les Maldives alors qu'elle a une peur énorme des avions...

L'intrigue reste quelque peu prévisible, la recette a déjà été vue, mais ce sont ses ingrédients qui donnent tout leur goût à ce livre. Les personnages sont hauts en couleurs, surtout Juliette qui m'a bien fait rire, malgré ses (nombreux) déboires. J'ai aussi apprécié son amie Chiara, je l'imaginais bien avec la voix d'Edna Mode ! Et puis, il y a Mark, un personnage qui arrive un peu plus tard dans l'aventure, et qui m'aura fait tourner en rond sur son rôle, jusqu'à ce que les pièces du puzzle s'assemblent et que je ne puisse plus dire qu'un "ooooooh".

J'aime vraiment les écrits de Marie Vareille, ils sont frais et rendent le sourire, ils sont légers sans toutefois tomber dans le gnan-gnan, on arrive toujours à s'y retrouver et elle nous emporte dans les aventures rocambolesques de ses personnages avec beaucoup d'aisance. Je suis impatient d'en lire d'autres !

Ma vie, mon ex et autres calamités est pétillant et frais, il nous fait voyager dans un endroit qui laisse rêveur et l'histoire détend et fait rire. Que demander de plus ? Idéal par cette saison chaude !

N'hésitez pas à faire un tour sur sa chaine Youtube également :


mardi 3 juillet 2018

Dix-sept ans

Autrice : Ava Dellaira
Editeur : Michel Lafon
Parution : 3 mai 2018
Pages : 396
      
Résumé :
      
Nous poursuivons tous quelque chose…

Dans les années 1990, pour Marilyn, 17 ans, c’est la liberté. Enfermée dans les rêves de célébrité de sa mère qui l’entraîne d’auditions en castings, elle ne revit que lorsqu’elle retrouve le beau et insaisissable James. Mais les regards que certains portent sur la couleur de peau de James ne risquent-ils pas de détruire leur amour naissant ?

De nos jours, pour Angie, 17 ans, c’est la vérité. Alors que le monde semble s’être arrêté de tourner pour sa mère, Marilyn, la jeune métisse est prête à tout pour retrouver James, ce père qu’on lui a toujours caché. Embarquée par son ex-petit ami Sam, Angie fuit sa ville de province et plonge dans les rues bruyantes et colorées de Los Angeles, à la recherche d’un passé trop longtemps maintenu dans l’ombre.

Une mère, une fille, deux façons d’aimer

        
Mon avis :
    
Je remercie les éditions Michel Lafon et Livraddict pour ce partenariat !

Dix-sept ans fait partie de ces romans dont la couverture évoque de beaux moments, une ambiance (ici, estivale, chaleureuse) et plein de promesses. Je n'ai pas hésité une seconde avant de le demander lors de la dernière session de partenariats sur Livraddict !

Ce livre nous conte deux aventures. Il y a d'abord celle de Marylin, une jeune fille de dix-sept ans, en plein dans les années 90. Forcée de vivre chez son oncle avec sa mère, cette dernière lui fait passer audition sur audition pour la lancer sur le devant de la scène telle la prochaine Marylin Monroe, des rêves de grandeur plein les yeux. La jeune fille rêve cependant de poursuivre ses études et tombe sous le charme de son voisin, James.
Ensuite, à notre époque, nous suivons Angie, dix-sept ans, qui vit avec sa mère Marylin. Angie désire retrouver les traces de son père, dont elle ne connait que trop peu de choses, et décide de fuir en compagnie de son ex-petit-ami Sam à sa recherche, à Los Angeles.

L'autrice nous emmène donc à deux époques différentes pour suivre deux destins, deux recherches d'identité distinctes, deux petits bouts de femmes qui vont découvrir un nouveau monde. Dix-sept ans, c'est un âge important, c'est souvent l'âge du premier amour, des espoirs mais aussi des déceptions. On s'interroge, on veut comprendre la vie et les changements que l'on ressent, on veut se fixer un but, se découvrir soi-même. C'est une phase que la plupart d'entre nous a connue, a traversé, ce qui aide à comprendre nos protagonistes et à avoir envie de les suivre. J'avoue avoir eu une petite préférence pour l'histoire de Marylin, plus touchante.

J'ai adoré l'ambiance également. Les descriptions d'Ava nous aident à nous immerger dans cette Amérique loin des clichés du cinéma. Ce n'est pas tout propret, mais les défauts présentés rendent le décor vivant, plein de cachet et de personnalité. Je ne suis jamais allé sur ce continent, et pourtant j'ai réussi à visualiser chaque décor, chaque appartement, chaque rue visitée. J'ai imaginé ces endroits pleins de vie et de mouvement. 

Un voyage sous le soleil américain réussi, avec un petit coté road-trip fort plaisant, Dix-sept ans nous offre le récit de deux destins, celui d'une adolescente et celui de sa mère au même âge, avec leurs ressemblances et leurs différences. Une belle lecture d'été qui vous dépaysera !

mardi 26 juin 2018

The surface breaks

Autrice : Louise O'Neill
Editeur : Scholastic
Parution : 3 mai 2018
Pages : 309
      
Résumé :
      
Deep beneath the sea, off the cold Irish coast, Gaia is a young mermaid who dreams of freedom from her controlling father. On her first swim to the surface, she is drawn towards a human boy. She longs to join his carefree world, but how much will she have to sacrifice? What will it take for the little mermaid to find her voice? Hans Christian Andersen's original fairy tale is reimagined through a searing feminist lens, with the stunning, scalpel-sharp writing and world building that has won Louise her legions of devoted fans. A book with the darkest of undercurrents, full of rage and rallying cries: storytelling at its most spellbinding.
        
Mon avis :
    
La petite sirène est une histoire qui m'a marqué quand j'étais enfant. A l'époque, le film de Disney sortait au cinéma et mes parents m'avaient trouvé une VHS d'une autre version. C'était un animé japonais avec une fin tragique (j'ai appris ensuite que c'était une fin proche de celle du conte) et, comme j'étais habitué aux happy ends, j'en étais ressorti assez surpris. Plus tard, Ariel est venue me réconcilier avec cette histoire de sirènes. Puis, tout récemment, j'ai vu passer ce livre, qu'on m'a vendu comme une réécriture du conte en version féministe. Pourquoi pas ?

Dans les profondeurs de l'océan, le royaume des sirènes est dirigé par un roi autoritaire, qui impose son avis et ses idées à tout un chacun, usant de la force si nécessaire. Ses sept filles ne sont pas épargnées et ne vivent que pour qu'il ait une "vitrine" de belles sirènes à présenter au peuple. Elles sont condamnées à rester cantonnées dans un certain canon de beauté, quitte à se sous-alimenter, pour ensuite être mariées (souvent contre leur gré) à d'influents hommes-sirènes, souvent bien plus âgées qu'elles. De plus, l'accès aux terres de ce royaume n'est réservé qu'au gens remplissant ces canons de beauté. Les autres (difformes, gros, handicapés, etc) sont simplement renvoyés dans les terres plus lointaines, plus sombres, tels des indésirables, près des terres de la Sorcière des Mers, qui abrite également les Rusalkas, des êtres qui font chavirer les navires pour se repaître des humains mâles.

Parmi les filles du Roi des Mers se trouve Muirgen, qui préfère le nom que lui a donné sa défunte mère, Gaia. Son quinzième anniversaire approche, lui donnant le droit d'aller voir ce qu'il se passe à la surface. Comme dans le conte, elle sauve un jeune homme d'un naufrage et en tombe éperdument amoureuse. Poussée par l'une de ses soeurs, Gaia quitte ce royaume où on l'a promise contre son gré à un militaire salace et va en quête d'un moyen de rejoindre son bien-aimé et peut-être même découvrir la vérité sur sa mère, disparue lorsqu'elle n'était qu'une enfant...

Bon, disons-le tout de suite : je ressors déçu de cette lecture. On a survendu le coté féministe. Gaia passe son temps à se morfondre et à subir, sa seule action notable est d'aller chercher l'aide de la sorcière pour acquérir des jambes humaines, qui la feront souffrir mille douleurs. On dirait qu'elle ne vit que pour trouver l'amour. C'est un peu justifié par l'éducation qu'elle a reçue (où le Roi a toujours raison, et où les femmes ne servent que de faire-valoir aux hommes) mais même une fois à la surface, elle n'évolue pas, elle reste dans ce mode de pensée archaïque. Elle est passive et agit comme un toutou envers le bellâtre de service, qui se révèle être un parfait goujat. D'ailleurs, est-ce moi ou bien tous les hommes de ce roman sont des monstres irrécupérables ? Bon, il y a peut-être un mec dans le tas qui est moins mauvais, mais il est tellement secondaire qu'on l'oublie... Même le Roi reste infect jusqu'à la dernière page, il n'y a aucune évolution, aucun conflit. Je ne pense pas que dépeindre un monde de façon aussi tranchée ("les hommes sont mauvais, les femmes ne font que subir") soit très féministe...

Quant à l'histoire, ne vous attendez pas à beaucoup de surprises, surtout si vous connaissez le conte original. Le fil rouge est le même, l'habillage est un peu différent. C'est dommage, car par exemple les Chroniques Lunaires ont été plus loin dans la réécriture. Ici, c'est essentiellement le conte, transposé dans une époque relativement moderne, avec une société au mode de pensée archaïque en plus. Je me suis clairement ennuyé car je m'attendais à sortir des sentiers battus.

Et c'est dommage, car l'autrice avait des idées et ça se sent. Le royaumes du peuple des mers n'est pas assez développé, il y avait matière à raconter quelque chose, quitte à sortir du canevas du conte original. Je m'y suis plus intéressé qu'au monde de la surface, assez insipide en comparaison.

En bref, une vraie déception. Ne lisez pas ce livre en vous attendant à quelque chose de féministe, ce n'est absolument pas le cas. Il sera idéal si vous ne connaissez pas le conte, ou si vous voulez juste lire une version moderne de celui-ci. Pour les autres, vous risquez de vous ennuyer.

vendredi 22 juin 2018

Il est grand temps de rallumer les étoiles

Autrice : Virginie Grimaldi
Editeur : Fayard
Parution : 2 mai 2018
Pages : 396
      
Résumé :
      
Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée. À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour. Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire. Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.
        
Mon avis :
    
J'ai toujours entendu beaucoup de bien sur les livres de Virginie Grimaldi, et celui-ci ne fait pas exception. Son résumé m'a beaucoup intrigué, j'aime bien les histoires de personnes qui lâchent tout et partent en road-trip pour se retrouver, respirer un grand coup. Quelquefois, je me plais à m'imaginer faire de même, découvrir de nouveaux horizons, prendre le temps de vivre l'espace d'un voyage. Mais j'aime bien aussi le vivre au travers d'une fiction.

La force de ce récit tient à ses personnages.

Nous avons d'abord Anna, mère de Chloé et de Lily, qui travaille énormément pour subvenir aux besoins de sa famille, mais qui est surendettée et au bout du rouleau. Elle a peur de voir grandir ses filles et tient à vivre le plus de moments possibles avec ses enfants, elle qui n'a pas eu l'occasion de connaitre sa mère très longtemps, emportée par la mort. Séparée du père de ses filles pour une raison que l'on découvre petit à petit dans le roman, elle tente de faire face aux huissiers, jusqu'au jour où son patron lui annonce qu'il veut se séparer d'elle. A bout, elle décide d'emmener ses filles en Scandinavie en camping-car...

Vient ensuite Chloé, âgée de 17 ans et en pleine crise d'adolescence. Elle désire trouver un garçon qui va l'aimer, lui donner de l'affection, quitte à leur offrir ce qu'ils demandent, comme des photos (trop) intimes. Elle ne comprend pas qu'on puisse aimer sans donner et fait tout pour se faire remarquer par Kevin, le petit boulanger qui ne semble pas indifférent à son charme. La jeune fille est également prête à sacrifier ses rêves (notamment d'aller en Australie) pour aider sa famille... Elle s'exprime sur un blog, de façon anonyme, et c'est en partie à travers ses posts que nous découvrirons son point de vue.

Et puis nous avons la petite Lily, âgée de 12 ans, qui choisit de s'exprimer en remplissant un journal intime. Malgré son jeune âge, elle n'a pas non plus une vie facile, harcelée à l'école par quelques autres élèves qui ne comprennent pas sa différence. Ses mots sont remplis de l'innocence d'une petite fille de son âge, mélangeant souvent les expressions et portant sur le monde un regard pur mais parfois cynique.

Le voyage de nos héroïnes est tout aussi intéressant, les paysages décrits m'ont fait rêver plus d'une fois, et leurs rencontres se révèlent magnifiques et touchantes. Elles feront un bout de chemin avec d'autres âmes fêlées, parfois brisées par la vie, qui cherchent également à se ressourcer au fil des kilomètres.

J'ai été fortement touché par le lien qui lie nos trois personnages principaux. Car malgré les disputes, les désaccords et les accidents sur la route de la vie, elles savent se relever, chacune à sa façon, se remettre en question et rester soudées, telle une vraie famille. Elles évoluent et grandissent devant nos yeux, nous font vivre leur aventure à travers leur point de vue, nous font rire et pleurer, parfois les deux à la fois, et elles font fondre notre cœur.

Véritable roman feel good, Il est grand temps de rallumer les étoiles est une merveilleuse aventure humaine, un road-trip dépaysant rempli d'émotions, difficile à lâcher. C'est un magnifique coup de cœur qui a réussi à faire briller les étoiles de ma vie.


mardi 19 juin 2018

Click & love

Auteur : Cyril Massarotto
Editeur : Editions XO
Parution : 3 mai 2018
Pages : 352
      
Résumé :
      
Un click, un love. Une seule chance de trouver l’amour… Julie est une jeune Parisienne de 30 ans. Elle ne croit plus en l’amour et doit faire des ménages pour gagner sa vie. Paul, lui, a 40 ans. il est chirurgien, vit à Londres et ne se console pas de la mort de sa femme. Leurs trajectoires n’auraient jamais dû se croiser… Et pourtant, une application très particulière, Click & Love, va progressivement les rapprocher. Et jouer avec leurs nerfs. Alors que, message après message, leur désir de se rencontrer devient brûlant, Click & Love censure toutes les informations qui leur permettraient de se donner rendez-vous. Une torture. Et cette question : que cherche la main invisible qui se cache derrière l’écran ? Julie et Paul, des deux côtés de la Manche, vont tout tenter pour piéger la machine. Mais alors qu’enfin ils réussissent à se voir « en vrai », quelque chose d’inexplicable se produit, qui bouleversera leur vie… Avec humour et délicatesse, Cyril Massarotto explore nos cœurs et nos tourments à l’heure des textos, des applis et des sites de rencontre.
        
Mon avis :
    
L'année dernière, j'ai eu l'occasion de découvrir la plume de Cyril Massarotto avec son roman "Quelqu'un a qui parler" que j'avais beaucoup aimé, et c'est tout naturellement que je me suis penché sur son nouvel ouvrage.

Nous sommes ici en présence d'une histoire d'amour entre Julie, Parisienne trentenaire et femme de ménage, et Paul, quarantenaire et chirurgien vivant à Londres. Celui-ci ne parvient pas à oublier sa défunte femme et se refuse de tomber de nouveau amoureux. Un jour, nos deux protagonistes vont se voir offrir l'opportunité de tester en avant-première une nouvelle application de rencontres, Click & Love, un programme poussé qui promet de trouver l'âme soeur de ses utilisateurs. D'abord réticents, nos deux célibataires vont l'utiliser et apprendre à se connaitre. Mais lorsqu'ils se rencontrent enfin en vrai...

Hé bien je ne vous dirai pas ce qu'il se passe ! Mais croyez-moi, je me suis posé mille questions ! Je dois dire que l'auteur a fait fort, je n'ai rien vu venir, j'ai été surpris, agréablement et j'ai dévoré la seconde moitié avec cette furieuse envie de connaitre le fin mot de l'histoire. Cyril a réussi à me tenir en haleine (et a troubler mon sommeil !) avec son histoire et je lui tire mon chapeau. Ne vous attendez pas à une romance classique comme on en a vu partout ailleurs. 

Julie et Paul ont aussi participé à mon immersion dans ce roman. Je les ai trouvés très attachants et humains. Julie, pour son coté terre à terre, sa bonne humeur et ses doutes. Paul, que le passé ne cesse de hanter, qui se révèle tout au long de cette aventure et qui ne peut que charmer. Leur rencontre virtuelle est entrainante et pleine de rebondissement, d'autant qu'elle est, au début, assez limitée par le règlement de l'application. Chacun se dévoile petit à petit, c'est un plaisir d'assister à la naissance de cette idylle.

Drôle, touchant et frais, Click & Love part sur un scénario assez classique pour ensuite surprendre ses lecteurs et les emporter dans un tourbillon de questions. Une fois terminé, on ne peut qu'applaudir l'auteur, qui a réussi à nous déconcerter pendant une bonne partie de son livre. Bravo.

jeudi 14 juin 2018

Mémé dans les orties

Autrice : Aurélie Valognes
Editeur : Le livre de poche
Parution : 9 mars 2016
Pages : 252
      
Résumé :
      
Ferdinand Brun est atypique.
Le genre de vieux monsieur qui boude la vie et s’ennuie à (ne pas) mourir.
Tel un parasite, il occupe ses journées en planifiant les pires coups possibles qui pourraient nuire et agacer son voisinage.
Il suffit d’un nœud qui se relâche et laisse partir son seul compagnon de vie, Daisy sa chienne, pour que tout s’écroule.
Quand Juliette, une fillette de dix ans, et Béatrice, la plus geek des grands-mères, forcent littéralement sa porte pour entrer dans sa vie, Ferdinand va être contraint de se métamorphoser et de sortir de sa chrysalide, découvrant qu’il n’est jamais trop tard pour commencer à vivre…
        
Mon avis :

Ces derniers temps, j'avais envie d'un livre feel good, vous savez, ces livres qui vous font du bien en les lisant, je voulais une histoire positive avec une touche d'humour. C'est alors que je me suis rappelé que j'avais ce livre-ci dans ma bibliothèque depuis un bon moment. Allais-je y trouver ce que je cherchais ?

Ferdinand Brun est un vieillard grincheux, grognon et parfois, disons-le carrément, méchant. Vivant seul avec sa chienne Daisy depuis que sa femme est partie avec le facteur, il mène la vie dure à son entourage, à commencer par les autres habitants de son immeuble. D'ailleurs, la concierge, appuyée par la fille de Ferdinand, va faire planer la menace de la maison de retraite au-dessus de sa tête, s'il ne se reprend pas un peu ! C'est alors que, par un malencontreux accident, Daisy est tuée, faisant s'écrouler le petit monde de Ferdinand. Peu après, il fera la connaissance de Juliette, petite fille espiègle qui réussira, de force, à entrer dans la ville du ronchon vieillard, et qui sait, à l'aider ne fut-ce qu'un petit peu ?...

Oui, j'ai trouvé ce que je cherchais. J'ai passé un bon moment de lecture, je me suis amusé, j'ai ri quelques fois. Ferdinand est désagréable au possible, mais apparaît de plus en plus sympathique au fil du récit. Cette sympathie naissante est aidée par la plume d'Aurélie, que je qualifierai d'impertinente, avec parfois un humour noir très bien dosé. Certaines tournures de phrases m'ont beaucoup fait sourire et ont largement contribué à ce plaisir durant la lecture. Les situations vécues par Ferdinand et sa clique sont rocambolesques au possible, parfois tordues, parfois tirées par les cheveux, mais on se prend facilement au jeu et on tourne les pages avec joie. De plus, il se lit assez vite, quoi de mieux pour une petite pause de fraîcheur ? En tout cas, je lirai les autres livres d'Aurélie Valognes avec plaisir.

Mémé dans les orties est une lecture simple, qui nous fait passer un agréable moment de lecture. A lire si vous voulez souffler un peu entre deux lectures plus conséquentes.

vendredi 8 juin 2018

A la lumière du petit matin

Autrice : Agnès Martin-Lugand
Editeur : Michel Lafon
Parution : 31 mars 2018
Pages : 331
      
Résumé :
      
À l'approche de la quarantaine, Hortense se partage entre son métier de professeur de danse et sa liaison avec un homme marié. Elle se dit heureuse, pourtant elle devient spectatrice de sa vie et est peu à peu gagnée par un indicible vague à l'âme qu'elle refuse d'affronter. Jusqu'au jour où le destin la fait trébucher... Mais ce coup du sort n'est-il pas l'occasion de raviver la flamme intérieure qu'elle avait laissée s'éteindre ?



Mon avis :

Depuis que j'ai découvert ses livres, j'attends chaque roman d'Agnès Martin-Lugand avec une grande impatience, et le laps de temps entre deux sorties me semble tellement long. Oh, je pourrais faire durer et retarder ma lecture, mais c'est sans compter sur mon impatience...

Hortense est professeur de danse à Paris. Bientôt quarantenaire, elle est heureuse de son train de vie, ou semble-t-elle le croire. Ses parents sont décédés depuis quatre ans, elle a donc hérité de leur grande maison provençale, la Bastide, où elle se rend de temps en temps. Dans son quotidien, elle se dépense sans compter pour les cours de danse et ses élèves, et elle entretient une liaison amoureuse avec Aymeric, un homme marié. Une liaison assez contraignante, qui l'empêche de s'épanouir. Juste deux soirs par semaine, impossible de l'appeler ni de passer la moindre nuit dans ses bras... C'est suite à une vilaine entorse que notre héroïne va se réfugier dans la maison parentale et y entreprendre quelques travaux et en faire une maison d'hôtes. Sa liaison amoureuse pourrait en pâtir, mais n'est-il pas temps que la vie d'Hortense évolue ?

Le personnage d'Hortense n'a pas manqué de me toucher. Sa situation, son mal-être grandissant et son envie d'évoluer ont fait mouche, je me suis attaché à elle. Mais c'est lorsqu'elle est retournée à la Bastide pour en faire une maison d'hôte que le personnage s'est révélé, s'est ouvert, s'est épanoui. J'avais envie d'être à ses cotés, de l'encourager, de l'aider, de l'écouter. Et j'étais heureux de la voir bien entourée par ses amis parisiens d'abord, Bertille et Sandro, mais aussi ses amis de la campagne, Cathie et Mathieu, aussi adorables l'un que l'autre. Une vraie petite famille dont il se dégageait une véritable chaleur humaine, qui manque bien souvent dans ce monde. Et puis est arrivé l'énigmatique Elias, et je ne peux pas en dire de trop car c'est un personnage qu'il faut découvrir sans trop en savoir d'avance. Mais sachez qu'il n'est pas en reste et se révèle extrêmement touchant lui aussi. Il aura su me tenir en haleine jusqu'à la dernière ligne...

J'ai tellement envie de complimenter la plume de l'autrice, mais je crains de me répéter, voire de ne pas trouver les mots justes. Agnès sait choisir ses mots et le rythme de ses histoires est quasiment parfait. Elle parvient toujours à me captiver, m'entrainer dans les aventures de ses personnages et à me faire ressentir mille sentiments au cours de ma lecture. 

Agnès a ce don si particulier pour nous conter de magnifiques histoires de femmes, des destins parfois brisés mais dans lesquels brille toujours une petite lumière d'espoir. Et celle lumière devient de plus en plus forte au fil des pages, jusqu'à nous éclairer, lectrices et lecteurs, et nous éblouir, pour que nous ressortions le sourire aux lèvres et le coeur plein de douceur. A la lumière du petit matin est une lecture magnifique que je ne peux que recommander !