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vendredi 19 octobre 2018

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie

Autrice : Virginie Grimaldi
Editeur : Le livre de poche
Parution : 2 mai 2018
Pages : 416
      
Résumé :
      
Pauline, quittée par son mari Ben, se retrouve obligée de vivre chez ses parents avec son fils de quatre ans. D'abord abattue, elle décide de ranimer ce qui avait fait tenir sa relation avec Ben jusque là. En lui envoyant, chaque jour, le souvenir d'une histoire liée à leur rencontre, elle tente de rappeler à Ben, qui l'a peut-être oublié, qu'ils se sont aimés.       
  
Mon avis :
    
Il y a des romans incroyables, qui font un effet fou et qui restent en tête un bon moment une fois terminé. Ces romans nous font passer par un millier d'émotions, du rire aux larmes en quelques phrases, mais dont on sort avec un sourire énorme, cette satisfaction du lecteur qui a lu quelque chose de magnifique. Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie fait partie de ces magnifiques ouvrages. Et j'ai bien peur de ne pas avoir les bons mots pour lui rendre justice.

C'est l'histoire de Pauline, quittée par son mari Ben et qui va vivre chez ses parents avec son fils Jules, âgé de quatre ans. La situation est difficile et Pauline sombre de plus en plus. Grâce, notamment, à l'aide d'un psychologue, elle va commencer à se relever, et va envoyer des courriers à Ben, relatant de beaux souvenirs de leur histoire, dans l'espoir de réveiller en lui la flamme de l'amour. Les circonstances vont aussi amener cette femme, cette mère, à partir en vacances avec sa famille. Loin d'être de tout repos, ces jours de repos vont lui permettre de réfléchir et faire face à des vérités, parfois tranchantes mais nécessaires.

Dit comme ça, l'histoire va vous paraître téléphonée, vue partout, et c'est vrai que j'y ai pensé. Mais Virginie parvient à secouer les clichés typiques et à surprendre ses lecteurs. J'ai plusieurs pensé que le scénario allait partir dans une direction, puis l'autrice en décide autrement et emmène ses personnages sur un autre chemin. Et moi, j'applaudis. 

Je ne suis pas mère, mais je peux dire que Virginie rend justice à toutes les mères du monde dans ce livre. Parce qu'avant d'être mère, elles sont des femmes et ont été des filles, et que chacune a son histoire qui l'a amenée là où elle est et influe sur sa manière de jouer son rôle. Mais elle nous parle aussi de ces gens blessés, brisés, qui peuvent vouloir tout contrôler afin de ne plus souffrir, mais il est bien aussi de savoir lâcher la pression. Souffler. profiter de la vie comme elle vient.

Sans jamais tomber dans la surenchère ou le pathos, Virginie nous emmène dans ce tourbillon d'émotions en toute simplicité, au travers de l'histoire de Pauline, ainsi qu'avec ses lettres à Ben, puis plus tard des lettres que Ben enverra à Pauline. Et c'est là que l'histoire se dévoile encore, se révèle et que nous comprenons encore mieux ce qu'a vécu ce couple et ce qui a conduit à ces fissures qui sont apparues avec le temps.

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie est une ode aux femmes et aux mères, ainsi qu'à la vie, racontée de façon magistrale par une autrice exceptionnelle. C'est un énorme coup de cœur.


vendredi 22 juin 2018

Il est grand temps de rallumer les étoiles

Autrice : Virginie Grimaldi
Editeur : Fayard
Parution : 2 mai 2018
Pages : 396
      
Résumé :
      
Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée. À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour. Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire. Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.
        
Mon avis :
    
J'ai toujours entendu beaucoup de bien sur les livres de Virginie Grimaldi, et celui-ci ne fait pas exception. Son résumé m'a beaucoup intrigué, j'aime bien les histoires de personnes qui lâchent tout et partent en road-trip pour se retrouver, respirer un grand coup. Quelquefois, je me plais à m'imaginer faire de même, découvrir de nouveaux horizons, prendre le temps de vivre l'espace d'un voyage. Mais j'aime bien aussi le vivre au travers d'une fiction.

La force de ce récit tient à ses personnages.

Nous avons d'abord Anna, mère de Chloé et de Lily, qui travaille énormément pour subvenir aux besoins de sa famille, mais qui est surendettée et au bout du rouleau. Elle a peur de voir grandir ses filles et tient à vivre le plus de moments possibles avec ses enfants, elle qui n'a pas eu l'occasion de connaitre sa mère très longtemps, emportée par la mort. Séparée du père de ses filles pour une raison que l'on découvre petit à petit dans le roman, elle tente de faire face aux huissiers, jusqu'au jour où son patron lui annonce qu'il veut se séparer d'elle. A bout, elle décide d'emmener ses filles en Scandinavie en camping-car...

Vient ensuite Chloé, âgée de 17 ans et en pleine crise d'adolescence. Elle désire trouver un garçon qui va l'aimer, lui donner de l'affection, quitte à leur offrir ce qu'ils demandent, comme des photos (trop) intimes. Elle ne comprend pas qu'on puisse aimer sans donner et fait tout pour se faire remarquer par Kevin, le petit boulanger qui ne semble pas indifférent à son charme. La jeune fille est également prête à sacrifier ses rêves (notamment d'aller en Australie) pour aider sa famille... Elle s'exprime sur un blog, de façon anonyme, et c'est en partie à travers ses posts que nous découvrirons son point de vue.

Et puis nous avons la petite Lily, âgée de 12 ans, qui choisit de s'exprimer en remplissant un journal intime. Malgré son jeune âge, elle n'a pas non plus une vie facile, harcelée à l'école par quelques autres élèves qui ne comprennent pas sa différence. Ses mots sont remplis de l'innocence d'une petite fille de son âge, mélangeant souvent les expressions et portant sur le monde un regard pur mais parfois cynique.

Le voyage de nos héroïnes est tout aussi intéressant, les paysages décrits m'ont fait rêver plus d'une fois, et leurs rencontres se révèlent magnifiques et touchantes. Elles feront un bout de chemin avec d'autres âmes fêlées, parfois brisées par la vie, qui cherchent également à se ressourcer au fil des kilomètres.

J'ai été fortement touché par le lien qui lie nos trois personnages principaux. Car malgré les disputes, les désaccords et les accidents sur la route de la vie, elles savent se relever, chacune à sa façon, se remettre en question et rester soudées, telle une vraie famille. Elles évoluent et grandissent devant nos yeux, nous font vivre leur aventure à travers leur point de vue, nous font rire et pleurer, parfois les deux à la fois, et elles font fondre notre cœur.

Véritable roman feel good, Il est grand temps de rallumer les étoiles est une merveilleuse aventure humaine, un road-trip dépaysant rempli d'émotions, difficile à lâcher. C'est un magnifique coup de cœur qui a réussi à faire briller les étoiles de ma vie.


vendredi 27 avril 2018

Gardiens des cités perdues, tome 6 : Nocturna

Autrice Shannon Messenger
Editeur : Lumen
Parution : 16 novembre 2017
Pages : 762

Résumé :

Nocturna… Dans l’esprit de Sophie, embrumé par le chagrin et le deuil, ce nom brille comme un astre. À lui seul, il incarne tous les espoirs et toutes les craintes de la jeune fille. Car c’est là que se trouve sans doute sa famille humaine, enlevée par les Invisibles, là que l’attendent les réponses à toutes ses questions. Mais s’y rendre relève du tour de force – Sophie et ses amis sont donc bientôt contraints de revoir leur stratégie, quitte à pactiser avec plusieurs de leurs ennemis.

Dès cet instant, le compte à rebours est lancé : pour sa famille disparue, comme pour le reste du monde, il n’y a plus une minute à perdre. Rongée par l’incertitude et la peur, Sophie va devoir, plus que jamais, s’appuyer sur ses proches pour parvenir à aller de l’avant, pour éviter surtout de sombrer dans le désespoir. Car, même si elle est loin de s’en douter, les portes de Nocturna dissimulent un secret enfoui depuis des millénaires… un secret qui pourrait bien changer la face du monde à tout jamais !

Et si la clé de l'énigme se cachait dans le passé ?

Mon avis :

Attention aux spoilers, ne lisez cette chronique que si vous avez lu les précédents opus de cette magnifique série !


Comme toujours depuis que je l'ai découverte, j'attendais avec grande impatience le nouveau tome de la saga Gardiens des cités perdues, et encore une fois je ne suis pas déçu !

Shannon Messenger reprend l'histoire là où elle l'avait laissée (et si vous avez lu le tome 5, vous savez à quel point le cliffhanger était insoutenable !) et les choses bougent beaucoup dans cette suite. Les personnages ne sont pas en reste ! J'aime les voir évoluer dans une série et ici, ce travail d'évolution est remarquable : Sophie, par exemple, se montre plus réfléchie qu'auparavant, mais aussi plus raisonnable malgré les dangers qu'elle doit affronter, et les révélations qui pleuvent. Et heureusement pour elle, ses amis sont là pour la soutenir et l'épauler, en particulier Fitz et Keefe, ses plus fidèles partenaires, qui forment avec elle un petit triangle amoureux. (Un élément qui a son importance mais qui n'empiète pas sur l'intrigue)

Je mentionnais des surprises un peu plus tôt. Vous en aurez pour votre argent, soyez-en certains ! Un vrai déluge de révélations vous attend, dès les premiers chapitres. Je dois avouer que l'une d'elles, concernant un personnage que nous pensions perdu auparavant, m'a semblée un peu convenue, un peu trop facile. Mais pour les autres, je n'ai rien à redire, c'est rondement mené et certaines sont parvenues à me surprendre !

Shannon a toujours l'art de nous faire passer par mille émotions, sans parler des thèmes qu'elle aborde avec justesse, qu'il s'agisse d'amour, de famille, de racisme ou de relation entre les espèces. De plus, elle nous embarque dans cette aventure avec un rythme efficace, entre les moments d'action et les moments de dialogues, plus posés, plus immersifs. 

Gardiens des cités perdues continue à émerveiller, et elle conserve sa place dans mon top de séries littéraires. Cette série parvient toujours à surprendre son lectorat et à nous embarquer dans des aventures qui se renouvellent toujours et qui nous font passer de merveilleux moments de lecture ! Une série remarquable, dès le premier tome, que je ne manque jamais de recommander haut et fort ! Et c'est encore un coup de coeur !

dimanche 15 avril 2018

Sous le même ciel

Autrice : Erika Boyer
Editeur : Autoédité
Parution : 22 novembre 2017
Pages : 343

Résumé :

Alejandro n’a eu d’autre choix que de suivre ses parents qui ont décidé de quitter l’Espagne pour s’installer en France. Taciturne et introverti, il a peur de ne pas réussir à trouver sa place dans ce nouvel environnement et s’inquiète que ses différences l’empêchent de se faire des amis.

Mais ses craintes se meurent lorsqu’il rencontre son voisin, Hugo. Jovial et chaleureux, ce dernier aime l’accent hispanique du garçon d’en face, tout autant que son prénom et ses étonnants cheveux longs. Alors, aussi vite que le permet l’innocence de leur jeune âge, les deux enfants se lient d’amitié.

Sous le ciel de la Ville d’Hiver, Alejandro et Hugo deviendront des hommes. Ils découvriront l’amitié et l’amour, et embrasseront la vie pour en comprendre le véritable sens.


Mon avis :

Erika Boyer est une autrice qui m'avait déjà enchanté avec ses romans Pardon et Le langage des fleurs. C'est avec joie que j'ai commencé à lire son troisème ouvrage, au titre bien intriguant.

Je l'ai terminé la nuit dernière à presque quatre heures du matin, et en larmes. Erika maîtrise les mots et parvient, en quelques phrases, à nous faire ressentir mille émotions, ou parfois une, principale, mais incroyablement forte. Chacun de ses livres m'a secoué, mais celui-ci m'a bouleversé. Erika a également l'art de surprendre son lectorat et elle aborde également des sujets difficiles, parfois tabous, mais importants dans ses romans. Je ne mentionnerai pas le plus important d'entre eux car cela gâcherait un élément-clé de l'intrigue.

L'histoire entre Alejandro (Alex) et Hugo est magnifique. Nous assistons à la naissance de leur liaison, un amour pur et sublime, au fil des années. Les deux hommes grandissent sous nos yeux, ils étudient, ils exercent un métier, ils adoptent un chien, mais surtout, ils s'aiment, ils se découvrent, ils vivent. Vous l'aurez compris, nous sommes dans une romance M/M, qui ne tombe heureusement pas dans les gros clichés du genre. Sous le même ciel est bien plus que ça, c'est une romance entraînante et tragique. Parce qu'après un certain évènement important, toutes nos certitudes sont chamboulées et il est presque impossible de refermer ce livre sans en avoir lu la dernière ligne (et c'est ce qui m'est arrivé)...

Sous le même ciel est une nouvelle réussite pour l'autrice, et c'est un coup de coeur pour ma part. Ce livre ne laissera personne de marbre et ravira les adeptes de belles romances. J'ajouterai aussi qu'Erika est, pour moi, la preuve que les livres autoédités (qui ont parfois mauvaise presse) peuvent nous proposer des aventures aussi merveilleuses que les livres édités de façon traditionnelle et il serait regrettable de passer à coté des romans de cette autrice.


vendredi 23 mars 2018

Indéterminés

Autrice : Samantha Bailly
Editeur : JC Lattès
Parution : 7 mars 2018
Pages : 446

Résumé :

Ophélie est promue, en moins de cinq ans, directrice de communication dans une entreprise du divertissement. Lorsque la société est rachetée par le géant de l'industrie des jeux vidéo, les licenciements et la tension font douter la jeune femme de son avenir. Sa vie professionnelle et personnelle est d'autant plus bousculée lorsque son ancien amant, Arthur Mareuil, est nommé analyste financier.

Mon avis :

Voici l'ultime tome de la série de Samantha Bailly Les stagiaires, série dont j'avais adoré les deux premiers opus. Une série qui se passe dans le monde du travail, au sein de la société Pyxis, spécialisée dans le divertissement et le manga. 

Ophélie est devenue directrice de la Communication et s'est bien installée à Paris. Sa vie professionnelle se voit secouée lors du rachat de Pyxis par un géant de l'industrie du jeu vidéo tandis que sa vie sentimentale n'est pas au beau fixe, surtout lorsqu'elle retrouve Arthur Mareuil, ancien stagiaire qu'elle a connu cinq ans plus tôt. Celui-ci est engagé chez Pyxis et est bien décidé à reprendre contact avec notre héroïne...

Nos deux protagonistes ont beaucoup évolué depuis leurs débuts et c'est un plaisir de les observer et de les comprendre. A travers leurs expériences, nous comprenons également que même dans une entreprise de rêve comme Pyxis, tout est loin d'être rose et idyllique ! Derrière les grands sourires se cachent bien des secrets et de la manipulation, et Ophélie va devoir faire face à des situations difficiles, qui ne la ménageront pas. Plus mâture et ancré dans la réalité, ce tome ne manque pas de surprendre. J'ai également apprécié le fait de retrouver Lou et Sonia, les héroïnes de l'autre trilogie de Samantha, Nos âmes jumelles

Encore une fois, la plume de Samantha est superbe, les mots sont choisis efficacement, elle parvient si facilement à nous transmettre des émotions au bon moment, il n'y a vraiment rien à redire là-dessus. Elle possède un univers facile d'accès et passionnant, et je suis curieux de découvrir ses prochains écrits.

Indéterminés termine donc la saga des Stagiaires avec brio. Les aventures d'Ophélie m'ont complètement happé sur ces trois romans et je peux dire qu'il s'agit d'une série coup de coeur. Je suis triste de quitter ces personnages mais je suis également ravi de les avoir rencontré et d'avoir suivi leurs aventures.

lundi 19 mars 2018

La sélection, tome 5 : La couronne

Autrice : Kiera Cass
Editeur : Robert Laffont (Collection R)
Parution : 12 mai 2016
Pages : 333

Résumé :

Il ne doit en rester qu'un.

Vingt ans après la Sélection d'America Singer, et malgré l'abolition des castes, la famille royale d'Illeá doit à nouveau faire face au mécontentement du peuple : l'heure est venue de lancer une nouvelle Sélection.

Sa mère à l'article de la mort, son père dévasté, il est temps pour la princesse Eadlyn de passer à la vitesse supérieure dans le processus de la Sélection. Encore novice aux jeux de l'amour et du pouvoir, détestée par une partie de l'opinion publique, elle doit pourtant choisir au plus vite son Élite de six prétendants.

Devenir femme, épouse et reine en l'espace de quelques semaines, telle est la lourde tâche qui repose sur les épaules de la princesse. Mais le cœur peut se révéler un précieux allié, pour qui sait l'écouter...

Mon avis :
 
La semaine dernière, je lisais le tome 4 de la série La Sélection, le pénultième tome... et je me suis dit qu'il serait dommage de laisser trainer ce dernier tome, d'autant que je voulais connaitre le fin mot de toute cette histoire.

Inutile de faire durer le suspens, cet ultime volume a été à la hauteur de mes attentes. Eadlyn mûrit dans ce tome, elle devient plus réfléchie, plus responsable et plus attachante. Elle apprend de ses erreurs passées et en ressort grandie. Tout s'accélère également au niveau de la Sélection, les candidats s'en vont petit à petit, sur fond de révélation et de surprises de plus en plus nombreuses. Le choix final d'Eadlyn ne m'a pas surpris car il est bien amené et reste logique avec cette politique de changements qui siège dans ce tome et le précédent.

Je ne sais trop quoi ajouter sans trop vous spoiler, mais je peux dire ceci : malgré ses quelques défauts, la saga de La Sélection m'a beaucoup plu, chaque tome fut un plaisir. J'ai envie de dire que c'est une série Young Adult "reposante", car elle n'est pas compliquée et se lit assez rapidement. Mais ça ne signifie pas que l'histoire est creuse, car c'est tout le contraire. Que ce soit America ou Eadlyn, j'ai adoré suivre ces héroïnes dans leur vie de château, j'ai dévoré leurs aventures et énormément apprécié leur progression. Je suis vraiment content d'avoir découvert cette saga, qui a su balayer les quelques préjugés que j'avais à l'époque sur ce genre de livres, et j'aimerais retrouver une série similaire pour prolonger l'expérience.

Je place ce tome, ainsi que la série dans son ensemble, dans mes coups de coeur. Merci à vous, Kiera Cass, pour cette belle aventure !


samedi 3 février 2018

Eliza et ses monstres

Autrice : Francesca Zappia
Editeur : Robert Laffont (Collection R)
Parution : 18 janvier 2018
Pages : 398

Résumé :

Dans la vie de tous les jours, Eliza Mirk est une fille timide, intelligente, un peu étrange et... qui n'a pas d'amis.
Dans sa vie en ligne, Eliza est LadyConstellation, créatrice anonyme de La Mer infernale, un webcomic extrêmement populaire.
Avec des millions de followers et de fans à travers le monde, son alter ego est une véritable star.
Mais Eliza ne peut s'imaginer aimer le monde réel plus qu'elle n'aime sa communauté numérique.
Puis, un jour, Wallace Warland arrive dans son lycée et Eliza va vite se demander si la vie ne mérite pas d'être vécue hors ligne...

Mon avis :
Voici un livre que j'ai vu passer un bon nombre de fois dans la sphère Booktube anglophone et qui avait éveillé ma curiosité. Quand j'ai su qu'il allait sortir en français, j'étais on ne peut plus impatient de le découvrir. Son synopsis me faisait fortement penser à l'excellent Fangirl de Rainbow Rowell.

Nous découvrons donc Eliza Mirk, une jeune fille discrète et solitaire. Elle a deux frères qui aiment la taquiner et des parents qui s'intéressent de loin à son activité principale. En effet, Eliza est l'autrice de la bande-dessinée La mer infernale, qu'elle poste sous le pseudonyme LadyConstellation depuis des années, et son œuvre est lue par des milliers de gens et remporte un joli succès. Notre héroïne ne veut cependant pas qu'on fasse le rapprochement entre elle et son avatar virtuel. Jusqu'à l'arrivée de Wallace Warland, un garçon atypique qui communique plus aisément par écrit, et qui est fan de La mer infernale...

J'ai dévoré ce bouquin ! L'histoire d'Eliza est prenante et son personnage ne manque pas de nous toucher. Par certains points, je me suis reconnu en elle, notamment sa timidité et son coté créatif. Alors oui, il faut parler de son aspect créatif, car entre certains chapitres, nous retrouvons quelques illustrations tirées de son œuvre ainsi qu'une version texte de certains passages de la bande-dessinée, et je dois dire que je serais très curieux de lire un livre consacré à La mer infernale. 
Le personnage de Wallace s'est également révélé intéressant et son histoire mérite d'être lue. Je n'en dis pas trop pour ne pas gâcher la découverte. Ce serait dommage. Et il faut aussi parler de Max et d'Emmy, les deux meilleurs amis d'Eliza qu'elle côtoie virtuellement, sur le service de messagerie du forum consacré à sa création, qui m'ont souvent fait rire.

Eliza et ses monstres traite également de sujets divers. Il y a d'abord l'importance des réseaux sociaux et des dangers qui peuvent en découler, ainsi que du harcèlement qui peut y régner (illustré par le fait que l'autrice préférée d'Eliza a disparu de la circulation, laissant sa saga inachevée). Mais ce livre parle également d'anxiété et d'angoisse, en particulier au travers de notre duo principal, de façon juste et sans en faire trop. Enfin, la relation entre Eliza et sa famille est un sujet qui revient quelques fois, et qui ne manque toutefois pas de surprendre.

Coup de coeur total. Eliza et ses monstres m'a embarqué non pas dans une, mais deux histoires aussi passionnantes l'une que l'autre et Francesca Zappia a créé là un roman extraordinaire qui m'a réchauffé le coeur. Foncez dessus au plus vite (et hésitez encore moins si vous avez aimé Fangirl !)




dimanche 19 novembre 2017

Le pacte, tome 4 : Au-delà du monde

Autrice : Stéphanie Moins
Editeur : Auto édité
Parution : 8 mars 2017
Pages : 472

Résumé :

Au-delà du monde, il y a Avalon…

Cette contrée sacrée, où Julie et Gauvain sont destinés à s’unir l’un à l’autre.

Cet endroit s’apparentant au paradis, où Galaan et Gen découvriront que c’est là que tout, entre eux, a commencé…

Mais le Pacte n’attend pas et presse nos deux héros à poursuivre leur quête, ainsi qu’à recouvrer ce pendentif dérobé par Morgane. Tandis que Valérie soumet Galaan à un chantage cruel, une véritable course contre la montre s’engage et amène une fois encore le couple à croiser le chemin de Renaud, avec lequel s’établit progressivement une relation singulière… Qui est-il réellement?? Et pourquoi sont-ils irrésistiblement attirés vers cet homme prêt à tout pour leur venir en aide??

Pourront-ils récupérer ce bien si précieux, clé de leurs visions et leur assurant l’ultime protection??

Réussiront-ils à déjouer les plans diaboliques dressés par l’enchanteresse de l’Ombre plus que jamais déterminée à les séparer??

Seront-ils capables de faire face au mal infligé par Guillaume Blanec, assoiffé de vengeance à l’égard de Galaan et détenant un secret les liant tous deux??
 
Mon avis :

Si vous me suivez depuis au moins un an, vous vous souviendrez que j'ai adoré les trois premiers tomes de la série "Le pacte" écrite par Stéphanie Moins. Le tome 4 a attendu quelques mois, mais je viens de le terminer...

Et je ne peux rien dire d'autre que je n'ai déjà dit dans mes critiques des tomes précédents : Stéphanie a toujours cette faculté magnifique de nous emporter dans un tourbillon d'aventure, de révélations et de romance. Gen et Galaan sont toujours aussi attachants, Gauvain et Julie restent aussi électriques qu'auparavant (et je les adore toujours autant, ces deux-là, ils sont fantastiques, l'un des plus beaux couples de fiction à mes yeux), Morgane est toujours aussi fourbe, aidée de ses complices qui ne cessent de vouloir briser le bonheur de nos héros... Et puis, il y a ce personnage, apparu dans le tome 3, ce Renaud, qui ne cesse de titiller la curiosité des lecteurs, qui fascine pourtant de par son charisme et sa présence, et quand on comprend pourquoi... c'est juste magique. Les pièces du puzzle scénaristique se placent petit à petit, et on en veut encore.

Je ne spoilerai rien, mais je le répète encore une fois : si vous aimez les romances contemporaines et le mythe du roi Arthur, foncez ! Lisez cette saga extraordinaire !!

Ma chronique est courte car je ne veux pas en dévoiler trop sur l'intrigue, mais sachez que j'ai à nouveau dévoré ce livre, qui est un coup d'coeur. Je tiens aussi à remercier Stéphanie pour le remerciement qu'elle m'adresse à la fin du livre. Merci à toi surtout pour ces ouvrages magnifiques, et je suis impatient de lire la suite !

Retrouvez la saga sur ces liens :

 
 

mercredi 15 novembre 2017

Nos âmes jumelles, tome 3 : Nos âmes plurielles

Autrice : Samantha Bailly
Editeur : Rageot
Parution : 2 novembre 2017
Pages : 295

Résumé :

Sonia et Lou se sont rencontrées sur un forum autour de leur passion créative : l’écriture pour Sonia, le dessin pour Lou. Leur blog BD, Trames jumelles, a été remarqué par un éditeur qui les a encouragées dans leur vocation. Bac en poche, elles réalisent leur rêve : s’installer à Paris en coloc ! Mais leurs tempéraments sont radicalement opposés… Sonia adore sa nouvelle liberté et les fêtes étudiantes, tandis que Lou s’investit pleinement dans sa formation aux Gobelins. L’année s’annonce électrique !
 
Mon avis :

Connaissez-vous ce plaisir que l'on ressent lorsqu'on s'apprête à retrouver des gens qu'on apprécie mais qu'on n'a pas vu depuis un bon moment ? Hé bien c'est un peu ce que j'ai ressenti avant d'ouvrir le troisième tome des aventures de Lou et de Sonia, comme si je retrouvais deux copines.

Parce que dès les premières lignes, Samantha nous remet dans le bain avec aisance, elle nous fait retrouver ses héroïnes et leur univers d'écriture et de dessin. Lou et Sonia vivent à présent en colocation, l'une étudie la philosophie et apprécie de plus en plus les soirées animées, l'autre a commencé ses cours dans la prestigieuse école des Gobelins, se renfermant petit à petit sur elle-même. Cette nouvelle étape mettra ces jeunes filles sur la route de l'âge adulte, où il faut apprendre à être plus responsable, à savoir entretenir un appartement et son ménage mais aussi à se connaitre et savoir se dire si la voie que l'on a prise est la bonne ou pas.

Je vais me répéter, mais la plume de Samantha est toujours aussi agréable et plaisante. Les mots se lisent de façon très fluide et surtout, on ressent derrière son histoire qu'elle se base sur certaines de ses expériences, notamment concernant la création d'une page Youtube (je vous recommande d'ailleurs sa chaine, si vous ne la connaissiez pas encore) et l'importance des réseaux sociaux pour tout créateur. 

Ce dernier tome se place sous le signe du changement et de la maturité. Samantha aborde avec énormément de justesse certains sujets qui touchent les jeunes d'aujourd'hui, en particulier le choix de sa vie professionnelle mais aussi tout ce qui touche à l'amitié et aux relations amoureuses ainsi qu'à la famille. J'imagine cette trilogie comme le cycle du papillon : la chenille insouciante (le premier tome), le cocon (le deuxième tome) et enfin la consécration, la naissance du papillon qui s'en va vivre sa plus grande aventure.

C'est avec une certaine nostalgie que j'ai terminé ce dernier opus ce matin, et pourtant je sais que nous les retrouverons dans le troisième tome de son autre série Les stagiaires, que je suis également impatient de lire ! Nos âmes plurielles marque la fin d'une trilogie coup de coeur, avec un dernier tome abouti et prenant !

Si ça vous intéresse, voici mon avis sur le premier tome et sur le deuxième.


mardi 31 octobre 2017

Les filles sauvages

Autrice : Pat Murphy
Editeur : Bayard (Millézime)
Parution : 20 février 2014
Pages : 347

Résumé :

Joan vient d'emménager avec sa famille près de San Francisco, à la lisière d'un bois. Là, elle rencontre une fille étrange qui prétend s'appeler Renarde et vit seule avec son père dans une maison délabrée, au coeur de la forêt. Les deux filles deviennent amies et participent ensemble à un concours de nouvelles. Elles remportent le premier prix et sont invitées à suivre un stage d'écriture pendant l'été. La porte d'un nouveau monde s'ouvre alors pour Joan : un monde merveilleux, plein d'ombres et de contradictions, mais aussi de lumières et de possibles.

Mon avis :

J'ai d'abord découvert Les filles sauvages sur le blog de Margaud Liseuse et j'avoue que son avis m'avait donné envie de le lire. Une petite commande plus tard, et je le plaçais dans ma PAL. En cette période d'automne, je me suis dis qu'il serait parfait pour la saison.

Nous découvrons ici l'histoire de Joan, qui vient d'emménager près de San Francisco, dans un coin situé près d'un bois. C'est en s'y baladant qu'elle rencontre Renarde, une jeune fille qui s'amuse comme une sauvageonne. Cette rencontre marque le début d'une très belle amitié mais aussi d'une leçon de vie.

Ce roman, je l'ai dévoré, je l'ai adoré. D'abord parce qu'il m'a transporté dans cette époque que je n'ai pas connue, les années 70. Le début, se déroulant durant les vacances d'été, m'a rappelé certains étés de ma jeunesse où, avec des amis, nous explorions le bois situé près du camping où nous allions, ou encore nos balades le long de la rivière et nos jeux de découverte et d'imagination et où les amitiés se forment et se renforcent. Et qu'est-ce que j'aime l'image de la maison de Renarde, près de ce bois, d'où sort le son des touches de la machine à écrire de son père, auteur de romans de science-fiction.

Mais ce livre ne se centre pas que sur ces vacances. Nos deux héroïnes se mettent à l'écriture, d'abord grâce à un concours puis avec un cours de huit semaines où elles vont apprendre bien des choses, comme découvrir et observer les gens, approfondir leur point de vue notamment en posant des questions, et tout simplement à poser un regard différent sur le monde. Comment aborder le fait que des parents ne s'entendent plus ? Comment réagir face à un père qui prend tout le monde pour des imbéciles ? Que faire quand une mère refait soudain son apparition après avoir délaissé son mari et son enfant ? Joan/Salamandre et Sarah/Renarde sauront répondre à ces questions tout en grandissant au fil de leurs aventures.

Pat Murphy nous offre ici un roman atypique, mais d'une douceur rare et qui fait du bien. Sa plume est fluide, sans fioritures et elle parvient à nous happer dans cette merveilleuse histoire. Poétique, elle a su nous transporter dans un petit monde à l'ambiance réconfortante, malgré les aléas de la vie qui surviennent mais qui ne sont pas insolvables.

J'ai envie de lui donner un coup de coeur, pour tout ce qu'il a éveillé, réveillé en moi et pour le merveilleux moment qu'il m'a fait passer. Les filles sauvages, c'est un peu comme cette tasse de boisson chaude que l'on s'offre en revenant d'une longue journée froide, cette boisson qui nous réchauffe et nous apaise.




samedi 7 octobre 2017

La faucheuse, tome 1

Auteur : Neal Shusterman
Editeur : Robert Laffont, Collection R
Parution : 16 février 2017
Pages : 493

Résumé :

Les commandements du Faucheur :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d'immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t'ont résisté.


Mon avis :

Le thème de la mort est un sujet qui, s'il est bien traité, me fascine. Des séries comme Dead like me et Pushing Daisies m'ont scotché, et je cherchais à retrouver ce genre d'histoire dans un roman. C'est alors que je me suis tourné vers le premier tome de la série La faucheuse, un livre qui a été fortement mis en avant par la Collection R.

Dans l'univers de La faucheuse, la mort n'existe plus comme nous l'entendons. Les gens ne meurent pas vraiment, ils peuvent être ressuscités dans des centres prévus à cet effet et se voir offrir une nouvelle jeunesse, un nouveau cycle de vie. Mais notre planète n'étant pas extensible, il faut bien réguler la population grandissante. C'est pourquoi il y a des Faucheurs, des gens chargés de glaner des personnes qu'elles auront choisies. Glaner, vous dites ? Oui, il s'agit de les faire mourir, définitivement. Bien entendu, chaque faucheur est soumis à une liste de dix commandements, mais autrement, les lois classiques ne s'appliquent pas à eux. Ils possèdent même une bague pour accorder une immunité d'un an à quiconque l'embrasse. Ce beau monde est régit par le Thunderhead, une sorte de Cloud amplifié, qui veille sur chaque personne et a fait disparaitre les inégalités, la famine et bien des maux pour assurer un monde en paix. 

Citra et Rowan, nos deux héros, sont un jour choisis contre leur gré pour être formés par une sommité parmi les Faucheurs, Maitre Faraday. Les jeunes gens seront alors mis en compétition avec, au bout, l'obtention de la fameuse bague et de la cape de Faucheur. Et leur parcours sera jonché de difficultés et de retournements de situation, je peux vous le dire.

Ce que je peux vous dire aussi, c'est que ce roman a été une magnifique surprise, une belle petite claque. Je l'ai savouré, j'ai pris mon temps pour le lire, et pourtant je désirais juste en profiter au maximum. L'univers créé par Neal Shusterman est incroyablement bien construit et réfléchi. Il est logique, et même s'il arrive qu'on se dise "tiens, et si...", la réponse ne se trouve pas très loin, nous donnant satisfaction.

Un autre point que j'ai apprécié, c'est que ni Citra ni Rowan ne tombent dans le cliché des héros de Young Adult classique, comme "le beau ténébreux" et "la fille timide mais badass". Ils sont physiquement ordinaires et dotés d'un caractère bien trempé et même un peu atypique. Leur complicité du départ devra être mise à rude épreuve par la suite, jusqu'à nous faire douter. Les zones d'ombre seront nombreuses et ce que nous penserons avoir deviné pourrait se révéler par la suite erroné, au résultat surprenant. Certains personnages croisés ne seront ni tout blancs ni tout noirs, et leur développement est tout simplement fascinant. 

Entre chaque chapitre se situe également un extrait du journal d'un Faucheur, ceux-ci étant obligés d'en tenir un, et leur présence est justifiée et permet d'apporter un nouveau regard sur certains événements, ou simplement sur ces faucheurs-là. 

La Faucheuse est un bon gros coup de coeur. Un univers construit de main de maitre et un suspens aux petits oignons, je ne peux que recommander sa lecture.


jeudi 28 septembre 2017

Throwback Thursday #51 : Artiste en scène !


Bienvenue, chers panda, pour ce nouvel épisode du Throwback Thursday, le rendez-vous hebdomadaire lancé par la charmante BettieRose et qui nous permet de revenir sur des lectures passées, sur un thème donné.


Que voilà un thème qui me parle. Artiste moi-même mais aussi grand lecteur d'oeuvres illustrées, j'ai eu beaucoup d'idées pour ce thème, mais il y a une œuvre que j'ai envie de présenter :

Auteurs : Hirosuke Kizaki (dessins), Karibou Marley (scénario)
Editeur : Soleil Manga
Parution : 25 janvier 2006
Pages : 250


Ce manga parle de Nemu, une jeune fille de 13 ans qui possède un don incroyable pour le dessin. Celle-ci n'ose pas montrer ses créations en personne à la mangaka du coin, Reiko Itoh et les lui laisse dans sa boite aux lettres en n'indiquant que son nom...
C'est alors qu'elle fera la rencontre avec un autre mangaka à qui, cette fois, elle montrera ses planches en personne avec l'aide de ses camarades de classe, ce qui pourrait changer à tout jamais sa vie...

Les dessins de la vie est un manga calme et contemplatif, doté de dialogues courts, parfois même de cases muettes et qui laisse son récit avancer doucement mais sûrement. Cette douceur dans le rythme, que l'on retrouve d'ailleurs dans le caractère de Nemu, nous permet aussi de voir les personnages évoluer et grandir, mentalement et artistiquement. 

Au niveau des dessins, c'est du bonbon pour les yeux. Magnifiques, fins, précis et stylés, je suis admiratif devant ces planches, ces cases. Les expressions, l'encrage, tout me plait, me fascine et me donne envie de m'arrêter et d'observer. Les personnages sont représentés en animaux anthropomorphes, le plus souvent des chats, et ça passe tout seul. 


Véritable petite perle, Les dessins de la vie fait partie de ces livres qui resteront toujours dans ma bibliothèque. Il est d'autant plus tragique qu'il ne connaitra jamais de fin. D'abord parce que l'artiste Hirosuke Kizaki a mis en suspend ses trois séries, persuadé de ne pas pouvoir aller au-delà d'un tome par série. Mais surtout parce que l'artiste est décédé d'une crise cardiaque à 35 ans, en l'an 2000.

lundi 18 septembre 2017

La lune est à nous

Autrice : Cindy Van Wilder
Editeur : Scrineo
Parution : 14 septembre 2017
Pages : 377

Résumé :

Max et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ?

Mon avis :

Un livre que j'attendais avec une grande impatience. Le synopsis m'a parlé, je savais que je me retrouverais quelque part dans cette histoire, et connaissant Cindy, je savais qu'elle ne me décevrais pas.

L'histoire d'Olivia et de Max, surnommé "Bouboule", ne peut pas laisser indifférent. Nos deux héros font partie de ces gens qui sont toujours critiqués en raison de leur poids, de leur différence, ils sont mis au rebut, on les regarde soit avec pitié, soit avec cet éclair de méchanceté caractéristique, et c'est un regrettable reflet de notre société.

Et ils ont chacun leur lot de problèmes : Max débarque en Belgique suite au divorce de ses parents et au déménagement de sa mère qui veut retrouver ses racines, et Olivia qui a perdu ses parents assez jeune et vit chez son oncle et sa femme. Max est gros et gay et ne se sent pas bien dans sa peau. Olivia assume davantage ses rondeurs et s'est même ouvert un compte Instagram sous le nom de Curvy Grace, et reçoit une offre incroyable : rejoindre la chaine Youtube "Les Trois Grâces". Une offre qui va lui attirer les foudres de trolls et autres cyber-harceleurs...

L'une des forces de ce livre se trouve dans la justesse de la plume de Cindy. A travers ses personnages, elle nous livre des situations qui sont vécues au quotidien par des milliers de gens, et je dois avouer que je me suis reconnu dans certaines de ces situations, ce qui a donné davantage d'impact à ce livre. Les moqueries, le harcèlement, les insultes, que ce soit "en vrai" ou virtuellement, ça laisse toujours des traces. Et ce roman nous montre qu'il faut garder la tête haute et ne pas laisser gagner cette haine, qu'il faut faire front et que nous ne sommes jamais seuls. Cindy nous redonne du courage, de la force. Elle nous délivre un message, qui dit que nous sommes comme nous sommes et que personne n'a le droit de nous juger sur ce que nous sommes. La lune est à nous déborde de justesse et de cette volonté de montrer que nous avons tous notre place sur Terre et que personne n'a le droit de nous dire le contraire !

Cindy aborde également le sujet du body shaming, notamment avec cet effroyable jeu Find your match qui consiste à laisser une intelligence (hum) artificielle donner un score à la beauté des candidats, le genre de concept qui me hérisse le poil. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la résolution, mais chuuut. L'autrice revient également sur les droits LGBT et les difficultés d'un coming out, entre autres. Des sujets qui sont toujours d'actualité, et qui encore une fois parleront à beaucoup de lectrices et de lecteurs.

La lune est à nous, c'est un livre qui à la fois nous fait l'effet coup de poing tant son histoire peut nous chambouler, mais c'est aussi un livre qui a un effet câlin, qui nous réconforte, nous les gens qui ont déjà été fissurés voire brisés par la haine gratuite. C'est un livre que je considère comme essentiel, car sa lecture ne peut que faire du bien. Je sais que ce genre de livre m'aurait beaucoup aidé à l'adolescence. Maintenant, il est là et il faut qu'il soit lu et qu'on en parle. Cindy, tu es une autrice en or, merci !!

Et c'est évidemment un coup de coeur, mais en doutiez-vous ?





lundi 4 septembre 2017

Sonic Mania


Ce n'est guère un secret, je suis fan des jeux-vidéos de la série Sonic the Hedgehog. Je l'ai découverte en 1991 avec l'opus Master System, rapidement suivi de la Megadrive, et depuis, la série ne m'a plus quitté. On dit souvent que la série s'est perdue dans les années 2000 avec le passage à la 3D et je ne suis pas tellement d'accord, nous avons eu des titres de qualité au style de gameplay varié (Bon pour moi, Sonic Lost World est juste médiocre/moyen et Sonic Boom avait du potentiel...) et les joueurs ont souvent réclamé un retour aux sources. C'est l'année dernière que Sega a dévoilé Sonic Mania, un jeu développé par une équipe de fans dont Taxman (qui avait déjà bossé sur les remasters de Sonic 1, 2 et Sonic CD), et le résultat est tombé.

Le scénario reste assez classique : le Docteur Eggman a envoyé ses cinq robots d'élite, les Hard-Boiled Heavies, récupérer une pierre précieuse nommée Phantom Ruby sur Angel Island, l'île flottante où vit Knuckles. Sonic et Tails ont justement perçu le signal du rubis mystérieux et sont arrivés au moment où les robots l'extrayaient du sol, causant alors une torsion dans le continuum espace-temps, envoyant nos trois héros dans des zones d'anciens jeux.

Sonic Mania est une célébration des 25 ans (maintenant 26) de la licence et ça se ressent. D'abord, comme je l'ai dit, nous revisiterons des lieux explorés dans les précédents jeux en 2D de l'ère Megadrive et Mega-CD. Chaque niveau est truffé de son lot de nouveautés pour montrer que ces mondes ont évolué avec le temps, et ça se ressent surtout dans la deuxième partie de ces niveaux, qui sont souvent truffées d'éléments inédits et de nouveaux décors ! Mais il y a aussi pas mal de références à d'autres niveaux et même d'autres jeux ! Mention spéciale au trio de cameos dans un certain niveau...

Mais il n'y a pas que des reprises, il y a aussi une poignée de niveaux inédits, comme Studiopolis qui nous emmène dans un studio de télévision, ou encore le superbe Mirage Saloon qui nous fait atterrir dans le désert. Et ces nouveaux mondes s'intègrent très bien au lot d'anciens niveaux, formant véritablement une aventure cohérente. Le travail de pixel-art est magnifique et témoigne de la passion des développeurs. Sans parler des personnages qui sont plus expressifs et animés que jamais !

Au niveau des musiques, c'est également une réussite. Tee Lopes est parvenu à créer une bande-son extraordinaire et à donner une nouvelle jeunesse aux pistes musicales d'antan. Sans parler des nouvelles créations musicales tout aussi réussies. Mes préférées étant celles de Mirage Saloon et Stardust Speedway, ainsi que celle des stages spéciaux qui permettent d'obtenir une Chaos Emerald dans un niveau en 3D évoquant l'époque de la Sega Saturn.

Et que dire du gameplay ? Il est dans la lignée directe de Sonic 3 & Knuckles, la physique du jeu est impeccable, on rebondit partout comme une bille de flipper, bref le jeu aurait pu s'appeler "Sonic 4" que ça n'aurait surpris personne (mais il existe déjà un Sonic 4, assez... différent),  conjugué au panel d'expressions des personnages plus varié que j'ai cité plus haut ! Si vous avez connu les Sonic "à l'ancienne", vous ne serez pas dépaysé.

Mention spéciale aussi à l'introduction animée, dirigée par Tyson Hesse, qui avait déjà excellé avec ses dessins dans les pages du comic Sonic the Hedgehog édité chez Archie Comics (qui a malheureusement cessé leur partenariat avec Sega, mais IDW reprendra la licence) et qui nous livre un dessin-animé pétillant de couleurs et de beauté, simplement, que je vous invite à découvrir ici :


Concernant les défauts, je peux citer les quelques bugs qui peuvent arriver dans une partie mais qui n'ont en général pas d'incidence sur votre partie. On pourrait dire le manque de nouveaux stages, un point que je comprends tout à fait, même si les nouveautés dans les anciens sont suffisantes pour offrir une nouvelle expérience. Je dirais aussi qu'il y a un léger manque de bonus une fois qu'on termine le jeu et les stages bonus et spéciaux.

Il n'en reste que Sonic Mania est un excellent jeu qui arrive à se hisser parmi les meilleurs de la série Sonic, sur lequel on a envie de passer des heures même une fois qu'on l'a terminé. Il se hisse facilement dans mes coups de coeur et fera longtemps parler de lui. En espérant avoir une suite !

Et voici un petit fanart que j'ai dessiné :


Sonic Mania est sorti le 15 août 2017 sur Playstation 4 et X Box One et le 29 août sur Steam/PC.

jeudi 10 août 2017

Fangirl

Autrice : Rainbow Rowell
Editeur : Castelmore
Parution : Février 2015
Pages : 507

Résumé :

Cath est fan de Simon Snow.
Okay, le monde entier est fan de Simon Snow...

Mais pour Cath, être une fan résume sa vie - et elle est plutôt douée pour ça. Wren, sa soeur jumelle, et elle se complaisaient dans la découverte de la saga Simon Snow quand elles étaient jeunes. Quelque part, c'est ce qui les a aidé à surmonter la fuite de leur mère.
Lire. Relire. Traîner sur les forums sur Simon Snow, écrire des fanfictions dans l'univers de Simon Snow, se déguiser en personnages pour les avant-premières de films.
La soeur de Cath s'est peu à peu éloignée du fandom, mais Cath ne peut pas s'en passer. Elle n'en éprouve pas l'envie.

Maintenant qu'elles sont à l'université, Wren a annoncé à Cath qu'elle ne voulait pas qu'elles partagent une chambre. Cath est seule, complètement en dehors de sa bulle de confort. Elle partage son quotidien entre une colocataire hargneuse qui sort malgré tout avec un mec charmant et toujours collé à ses bottes, son professeur d'écriture inventée qui pense que les fanfictions annoncent la fin du monde civilisé, et un camarade de classe au physique alléchant qui a la passion des mots...
Mais elle ne peut s'empêcher de s'inquiéter à propos de son père, aimant et fragile, qui n'a jamais vraiment été seul.

Pour Cath, la question est : va-t-elle réussir à s'habituer à cette nouvelle vie ?
Peut-elle le faire sans que Wren lui tienne la main ? Est-elle prête à vivre sa propre vie ? Ecrire ses propres histoires ?
Et veut-elle vraiment grandir si c'est synonyme d'abandonner Simon Snow ?

Mon avis :

Deux ans. Fangirl est dans ma pile à lire depuis deux ans et je ne l'ai sorti que cette semaine. Il faut dire que j'en ai entendu tellement de bien que j'ai eu un peu peur d'être trop influencé et que ça gêne ma découverte. J'ai donc attendu de sentir le bon moment, et il s'est présenté.

Cath et sa jumelle Wren sont fans de Simon Snow, une série de romans qui font clin d'oeil à Harry Potter, avec un jeune garçon, une école de magie, un rival nommé Baz... Cath a commencé à écrire de la fanfiction sur cet univers depuis quelques années et s'est fait un nom sur la toile sous le pseudo de Magicath. Son projet, commencé il y a deux ans et nommé Carry On, attire les lecteurs en manque d'aventures du jeune sorcier dont le huitième tome, officiel, sort dans quelques mois. La rentrée approche et les soeurs entrent à l'université. Wren ne désire pas partager de chambre avec sa soeur, et celle-ci se retrouve alors chez Reagan, une étudiante froide et quelque peu distante. Elle rencontre aussi son compère Lévi au sourire rayonnant. Il est temps pour Cath de grandir, mais comment va-t-elle conjuguer l'écriture de sa fanfiction et ses études ? Et que dire du comportement de sa soeur, de plus en plus inquiétant ?

Cath est un personnage fort peu social, qui préfèrera rester dans sa chambre à écrire plutôt qu'aller à une fête et voir du monde. Et j'avoue que je me suis pris de sympathie pour elle, car quelque part je m'y suis reconnu. Elle a réussi à me toucher en assez peu de temps, même si je l'ai trouvée parfois un tout petit peu trop pleurnicheuse. Mais le personnage évolue tout au long du livre, et j'étais très satisfait de sa progression. Les autres personnages ne manquent pas de sel, comme Lévi, que l'on peut résumer à un rayon de soleil, un personnage très chouette que j'ai aussi beaucoup apprécié. Reagan, la copine de chambre, est un peu le contraire de Cath, plus dure dans ses paroles, moins renfermée, mais elle a quand même bon fond et il est difficile de ne pas l'apprécier. Il y a aussi Nick, qui deviendra partenaire d'écriture avec Cath, ou encore le père des jumelles, qui se noie dans le travail pour oublier la souffrance de la séparation d'avec sa femme lors d'un certain 11 septembre...

L'écriture de Rainbow Rowell est fluide et addictive. Elle m'avait déjà conquis avec Eleanor & Park (lu avant l'ouverture de ce blog) et elle réitère avec Fangirl. Elle prend le temps de poser toutes ses bases et développe tranquillement son histoire et on entre dedans délicatement, on y reste comme dans un bain chaud duquel on ne veut pas sortir.

J'ai beaucoup aimé cet univers tournant autour de la fanfiction. Je n'en lis pas spécialement, mais je partage l'engouement que ces œuvres peuvent apporter aux fans d'une création particulière. Rainbow le retranscrit assez bien d'ailleurs, notamment avec l'attente du fameux dernier tome des aventures de Simon Snow. En parlant de lui, sachez qu'entre chaque chapitre se trouve un extrait soit d'un des livres de Simon, soit d'une fanfiction écrite par Cath. Un élément qui ne plaira pas à tout le monde (et je l'avoue, j'avais un peu peur que ça ne me plaise pas) mais j'ai trouvé que c'était utile pour se faire une idée de ces écrits et des personnages dont parlent Cath et ses amis. Je serais même curieux de lire de "vrais" livres Simon Snow...

Fangirl, c'est ce petit plaisir sucré qui nous fait du bien et dont on ne veut pas voir venir la fin. Fangirl, c'est un coup de coeur pour moi. Je ne regrette pas ma lecture et je pense que je vais même passer directement sur Carry On, pour découvrir un peu plus les aventures de Simon Snow, écrites par Rainbow Rowell cette fois.